© ReutersA trois ans et demi, la petite Elise, de père français et de mère russe, dont les parents, séparés, se disputent âprement la garde, a déjà vécu trois enlèvements. Sa mère, Irina Belenkaïa, 36 ans, avait quitté la France avec la fillette à l'automne 2007, en dépit d'un jugement de la justice française confiant la garde d'Elise à son père. Un mandat d'arrêt international avait été émis contre elle en janvier 2008 mais elle dit avoir obtenu entretemps de la justice russe la garde de sa fille. De son côté, le père avait réussi en septembre 2008 à extraire sa fille de Russie après avoir détourné l'attention de sa baby-sitter. Alors que les deux parents sont désormais poursuivis en justice, la mère en France et le père en Russie, le 20 mars dernier, Elise disparaissait une nouvelle fois dans des circonstances rocambolesques non loin d'Arles. Elle était retrouvée en Hongrie avec sa mère, dans la nuit du 12 au 13 avril, alors qu'Irina Belenkaïa tentait de rejoindre avec la fillette la frontière ukrainienne.
Retour au tribunal pour les parents de la petite Elise
La mère de la petite fille franco-russe accuse son père de l'empêcher de la voir malgré une décision de justice.
Publié le 24/09/2010
Depuis lors, Irina Belenkaïa était en prison, et la fillette de retour en France avec son père. Le 19 mai dernier, la justice hongroise avait annoncé qu'elle remettrait dans les dix jours la jeune femme aux autorités françaises. C'est chose faite depuis ce mercredi : elle a été extraite en toute discrétion de sa prison, dont ni le nom, ni la localisation n'ont été révélées, pour être conduite à l'aéroport, à une heure qui jusqu'au bout a été gardée elle aussi secrète. Elle a pris alors le premier vol vers Paris, avant d'atterrir à l'aéroport de Roissy en milieu de matinée. Elle est ensuite repartie par avion à l'aéroport de Marseille-Marignane pour être présentée à un juge d'instruction d'Aix-en-Provence. Peu après 15 h, elle est arrivée dans un fourgon de la gendarmerie, escortée par quatre motards, au tribunal de grande instance d'Aix.
"Elise n'est plus un cas, c'est une cause"
Robert Fridman, l'avocat de la jeune femme, a précisé qu'elle était "préparée mentalement à retourner en France, où elle espère échapper à une mise en détention". Il a également souligné que sa cliente voulait toujours trouver un accord à l'amiable avec le père français de l'enfant. Celui-ci avait annoncé le 7 mai ne pouvoir se contenter d'une mouture présentée par un médiateur russe, Anatoli Koutcherena, jugeant qu'un "simple contrat à l'amiable n'offre aucune garantie".
"Il faut que toute cette souffrance et toute cette émotion fassent qu'on dépasse le règlement d'un cas unique, aussi dramatique soit-il", déclarait-il il y a quelques jours. "Elise n'est plus un cas, c'est une cause".
D'après agences
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