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| La Scientologie sur le banc des accusés |
La scientologie sur le banc des accusés
Pour la première fois, l'association devra repondre de faits d'escroquerie en tant qu'organisation. Certains de ses membres ont déjà été condamné à titre personnel mais l'association n'avait jamais été mis en examen pour ce motif.
Publié le 25/05/2009
La très controversée Eglise de scientologie est jugée à partir de lundi, à Paris, afin d'y répondre d'escroquerie en bande organisée. En France, la Scientologie est considérée comme une secte, aux Etats-Unis, elle est admise comme une religion.
A la barre, sept prévenus. Parmi eux : le dirigeant français de la Scientologie Alain Rosenberg, 60 ans, et ses deux principales branches dans l'Hexagone, "l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie" et la librairie SEL (Scientologie espace liberté). Face à eux, trois plaignants : deux ex-adeptes et l'Ordre des pharmaciens. Ce procès en correctionnelle durera jusqu'au 17 juin. Les personnes physiques encourent jusqu'à dix ans de prison et un million d'euros d'amende, les personnes morales une amende cinq fois supérieure et l'interdiction d'activité, ce qui aboutirait à la dissolution du groupement en France.
Un non-lieu d'ores-et-déjà requis
L'enjeu est donc crucial pour ce mouvement fondé aux Etats-Unis dans les années 50 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard et qui revendique aujourd'hui des millions d'adeptes dans le monde. Il poursuit son expansion avec notamment un récent début de reconnaissance officielle en Espagne. Son hypothétique dissolution interviendrait toutefois à longue échéance.
L'affaire a débuté par une plainte pour escroquerie, fin 1998. Abordée par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, une femme avait fini par dépenser 20.000 euros pour des cours "de communication et de réparation de vie", l'achat de livres, de médicaments et d'un "électromètre", un appareil électrique censé mesurer la "charge mentale" présente chez les patients. Une autre plaignante affirme avoir été contrainte par son employeur scientologue à passer un test de personnalité, puis à suivre des cours. Quand elle s'est décidée à résister à son employeur, de plus en plus agressif, elle a été licenciée.
Il n'y aura pas d'accusation à ce procès, puisque le parquet a d'ores-et-déjà requis un non-lieu général, estimant que les prévenus avaient agi de bonne foi en raison de "convictions religieuses". Si l'interdiction d'activité est prononcée, elle n'entrera en vigueur que si elle est confirmée en appel et en cassation, ce qui prendrait des années. Par ailleurs, le dossier est affaibli par le désistement de trois des plaignants ayant transigé financièrement avec la scientologie.
(D'après agences)
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