Aucune action de blocage n'aura lieu ce week-end, ont certifié les responsables syndicaux. Les surveillants ont suspendu jeudi le blocage des prisons entamé lundi sans toutefois exclure de le reprendre la semaine prochaine, les dernières propositions de la Chancellerie ayant reçu un accueil "mitigé" sur le terrain. Toute la journée, les assemblées générales se sont prononcées sur le projet d'accord visant à améliorer les conditions de travail dans les prisons surpeuplées, conclu la nuit précédente entre le ministère de la Justice et les deux premiers syndicats de la profession, l'Ufap et FO-pénitentiaire. Ces deux syndicats pénitentiaires vont signer le protocole d'accord conclu avec le ministère de la Justice, qui a été approuvé par "plus de 60%" des surveillants", selon eux.
Mais la base ne suit pas forcément. Dans certaines prisons, comme à la Santé à Paris ou à Fresnes, les surveillants ont rejeté les propositions de la Chancellerie et de nouvelles actions pourraient avoir lieu prochainement. 30% des établissements ne seraient pas prêts à accepter l'accord et certains n'excluent pas une reprise du conflit lundi. La responsable cégétiste a ainsi assuré que le protocole d'accord, en l'état, "ne changerait rien au quotidien des surveillants de prison". Représentant les personnels de direction au sein de l'Administration pénitentiaire (AP), la CGC-direction et la CFDT-direction ont estimé dans un communiqué commun que le projet d'accord n'était "pas de nature à solutionner le malaise profond que connaît" l'AP.
"Il faut savoir sortir la tête haute d'un conflit"
"C'est un oui mais il n'est pas massif. Les surveillants espéraient mieux", a résumé le secrétaire général de l'Ufap, après les votes en assemblées générales dont le dernier a eu lieu à Fresnes (Val-de-Marne) jeudi soir. L'accord pour une amélioration des conditions de travail dans les prisons surpeuplées pourrait être signé avec la ministre de la Justice Rachida Dati "en début de semaine prochaine", sans doute lundi, ont estimé les leaders des deux syndicats.
Ce "relevé de conclusions", qu'a rejeté la CGT-pénitentiaire, 3e organisation de la profession, prévoit la création de 174 emplois supplémentaires, qui s'ajoutent à 177 promis dès février. Ces créations, 60 dès octobre et 114 fin 2010, bénéficieront principalement aux "plus petits" des 194 établissements pénitentiaires, qui obtiendront un quatrième agent pour la surveillance de nuit. "Il y aura de la vigilance sur l'application" de ce texte, a averti le dirigeant de l'Ufap. "Nous serons très attentifs au projet de loi de finances 2010", a insisté son homologue de FO selon lequel "il faut savoir sortir la tête haute d'un conflit".
Le mouvement a en tous cas provoqué un nouveau couac au procès des auteurs présumés de la séquestration et du meurtre d'Ilan Halimi en 2006, qui a été écourté jeudi et suspendu : lire notre article.








