Le juge Philippe Courroye, en avril 2005 © TF1-LCI"Je déjeune et je dîne avec qui je veux. Je ne suis pas obligé de ne rencontrer que des magistrats". Se disant victime d'une "campagne de dénigrement", le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a démenti ce week-end avoir voulu interférer dans l'enquête ouverte sur plainte de Casino, en déjeunant en janvier avec des protagonistes du dossier. L'affaire était remontée très haut, puisque, interpellée mardi à l'Assemblée, Rachida Dati avait dit attendre les "explications" du procureur. Il a donc choisi de s'expliquer publiquement, dans une interview publiée dans Le Parisien.
En janvier, Philippe Courroye, dont l'épouse est chargée de mission à la Fondation Casino, avait invité à déjeuner à son domicile Jean-Charles Naouri, patron de Casino, son avocat, Me Paul Lombard, et Patrick Hefner, patron de la brigade financière alors chargée de l'enquête. A la suite d'une révélation du Canard enchaîné, la juge d'instruction Xavière Simeoni, chargée de l'enquête, a dessaisi la brigade financière de cette information judiciaire ouverte à la suite de plaintes déposées par Jean-Charles Naouri pour "abus de biens sociaux" contre la famille Baud avec laquelle il est en conflit.
"J'ignorais tout des plaintes que Casino avait initiées"
"Quand cette rencontre a eu lieu, j'ignorais tout des plaintes que Casino avait initiées et qui, je le rappelle, ne sont pas traitées par mon parquet. A aucun moment, nous n'avons parlé de cette affaire", réagit Philippe Courroye dans Le Parisien. L'explication de cette "campagne" qui le vise, selon lui : "Ma nomination à Nanterre, contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature, avait déjà suscité pas mal de remous. Sans doute cherche-t-on à nuire à la suite de ma carrière". Le procureur assure avoir "chargé un avocat dès le premier article du Canard Enchaîné de déposer une plainte en diffamation". "Avant de prendre la mesure de dessaisissement, Mme Simeoni ne m'a pas contacté. Elle aurait eu la confirmation que les allégations du Canard Enchaîné étaient fallacieuses et diffamatoires. Tout cela est révélateur. Peut-être a-t-on voulu amplifier la polémique", ajoute-t-il par ailleurs en marge de cet entretien.
Outre cet entretien au Parisien, Philippe Courroye dément "avoir été interrogé ou convoqué" par son supérieur hiérarchique Jean-Amédée Lathoud, même s'il reconnaît s'être expliqué par téléphone avec lui. Jean-Amédée Lathoud lui-même a d'ailleurs tenu à préciser depuis lors avoir "demandé des explications verbales par téléphone, confirmées par écrit", au procureur de Nanterre, "dans le cadre de relations hiérarchiques quotidiennes, et non d'une procédure". Du côté de la Chancellerie, on indique simplement examiner en ce moment la note transmise par Jean-Amédée Lathoud.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





