Ilan Halimi © TF1/LCILa cour d'appel de Paris a rendu sa décision jeudi sur le retrait des kiosques du magazine Choc : elle a annulé la mesure, ordonnée la semaine dernière en référé après la publication d'une photo du jeune Ilan Halimi aux mains de ses ravisseurs. Toutefois, elle a exigé que, lors du retour en kiosque, soit occulté le cliché litigieux figurant à la Une, en raison de son "atteinte à la dignité humaine". A moitié satisfait par cette décision, Me Malka, l'avocat du magasine, a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Selon lui, cette occultation "aboutit au même résultat qu'un retrait". "On ne peut rapatrier tous les numéros, les modifier un à un et les remettre en kiosque", a-t-il estimé.
Le cliché interdit avait été pris par le Gang des Barbares et adressé aux parents afin d'obtenir une rançon. La photo montre le jeune juif, pistolet sur la tempe, le visage enrubanné d'adhésif, les poignets entravés, un quotidien posé sur le torse. Saisi par la mère et les deux soeurs d'Ilan, le juge des référés du TGI de Paris, Philippe Jean-Draeher, avait ordonné mercredi le retrait des kiosques de Choc, une mesure rarissime en matière de droit de la presse. Le magistrat avait estimé que la photo, "de nature à heurter profondément les sentiments" de la famille, constituait une "atteinte grave à la dignité humaine". Les numéros avaient dû être retirés des kiosques dès vendredi à 14h, sous peine d'une astreinte de 200 euros par numéro.
Lundi, le parquet général avait estimé que le retrait était une mesure "proportionnée et efficace" : la SCPE, qui édite le mensuel à destination des 18-25 ans, "savait qu'en publiant des photos inadmissiblement choquantes, elle prenait un risque", avait estimé l'avocate générale Isabelle Terrier-Mareuil devant la cour d'appel de Paris, en demandant implicitement la confirmation de l'interdiction prononcée mercredi.
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