Les Tiberi à l'heure du jugement

Par d'après agence, le 26 mai 2009 à 10h37 , mis à jour le 27 mai 2009 à 09h29

Le député-maire du Ve arrondissement et son épouse ont été malmenés durant leur procès par plusieurs témoins, avec comme épée de Damoclès l'inéligibilité.

[Expiré] jean et Xavière tiberi © Reuters

Pour le procureur, cela ne fait pas de doute : le député-maire du Ve arrondissement Jean Tiberi est bien "l'instigateur" de la fraude électorale commise à la mairie du Ve dans les années 1990. Alexandre Aubert a requis à l'encontre de l'ancien lieutenant de Jacques Chirac à la mairie de Paris une  peine d'un an de prison avec sursis, cinq ans d'inéligibilité et 10.000 euros d'amende, à la hauteur de "la gifle" infligée aux électeurs. Les Tiberi seront fixé ce mercredi.

Durant les quatre semaines de procès, du 2 février au 4 mars, Jean Tiberi et son épouse Xavière ont farouchement nié toute participation à cette fraude électorale, dénonçant "l'amertume" de ceux qui les accusent. Xavière Tiberi, elle, avait démenti son  "omniprésence" à la mairie du Ve, néanmoins attestée par une brigade d'employés municipaux.

Aveux tronqués

Malgré ces dénégations, bon nombre de prévenus et de témoins ont confirmé l'existence d'une fraude organisée, visant à inscrire sur les listes électorales des électeurs non domiciliés dans le Ve. La surprise est venue d'Anne-Marie Affret, première adjointe à la mairie du  Ve. Après avoir tout démenti en bloc, elle a fini par reconnaître avoir commis et ordonné de faux certificats d'hébergeants. Mais, attention, "ce n'est pas moi  qui était l'organisatrice de tout ça", a-t-elle averti, refusant de porter seule le chapeau.

En dépit des assauts répétés du président Jean-Paul Albert, ses aveux sont  restés tronqués, le soldat Affret refusant d'imputer une quelconque responsabilité aux Tiberi, et préférant torpiller l'ancien secrétaire général  Raymond Nentien. Egalement poursuivi, l'ancien numéro trois de la mairie a reconnu avoir eu connaissance de la fraude, mais affirmé n'y avoir pas participé, ce que démentent nombre de ses anciens collaborateurs. "Repenti", il a apporté sa contribution à la justice pour décrire le mécanisme de la fraude.

"Faire perdre un gagnant"

Face aux témoignages confondants, les époux Tiberi n'ont pu que constater que des électeurs non domiciliés dans le Ve avaient été inscrits frauduleusement sur les listes électorales. Mais, si peu, ont-ils argué. "De 7000, 3000 faux électeurs, on est finalement arrivé à 196, dont une quarantaine n'a jamais voté et une trentaine une fois sur deux? Ce système aurait abouti, au maximum, à un demi-point (de plus lors du suffrage, ndlr), ce qui n'en fait pas en soi un système", s'est justifié l'ancien maire de Paris (1995-2001).

Mais surtout, s'est-il défendu, "quel aurait été mon intérêt? Pourquoi me serais-je engagé dans une opération dangereuse, discutable et même condamnable, alors que j'étais réélu avec un score honorable? C'eût été une folie inutile!". Une analyse totalement démontée par l'accusation. Selon elle, il y avait un  intérêt mathématique à gonfler le nombre d'électeurs ayant voté pour Jean Tiberi, celui d'obtenir le meilleur score possible au premier tour, pour que l'opposition ne puisse obtenir de siège au Conseil de Paris.

Pour conclure, les conseils de Jean Tiberi ont pointé l'absence de tout élément matériel à l'encontre de leur client, qualifiant le procès de "scrutin électoral bis où l'on voudrait que celui qui a toujours gagné les élections les perde enfin", selon les termes de Me Leborgne.

Par d'après agence le 26 mai 2009 à 10:37
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4 Commentaires

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  • Jean, le 27/05/2009 à 09h36

    Ce sont de petites guerres intestinales, ou venant d'une opposition toujours aussi vindicative.Il y a bien longtemps que je vote et j'ai toujours entendu les perdants charger les adversaires de corruptions en tout genres. L'énoncé des chiffres n'est pas trés clair, par contre la facture est salée. Bah, plaie d'argent n'est pas mortelle.

  • Alain, le 27/05/2009 à 09h32

    QUi parie avec moi que ça va se terminer par 1 mois avec sursis - trois si le tribunal est d'une sévérité extrême ?

  • Byby, le 27/05/2009 à 08h36

    Que cette paire d'escrocs soit definitivement mis hors d'etat de nuire au sein de toute responsabilite politique locale et nationale !

  • Roxane, le 26/05/2009 à 13h32

    Ce procés me fait bien rire , les inscriptions sur les listes électorales d' électeurs non domiciliés dans dans un secteur où dans une ville est monnaie courante , pourquoi uniquement Mr Tiberie et son épouse sont ils inquiétés ? Beaucoup de Maires pouraient comparaitre en justice.............

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