Mort d'un supporter: la version du policier contredite

le 07 mai 2009 à 19h54 , mis à jour le 07 mai 2009 à 20h39

Une expertise sur la mort d'un supporter du PSG, tué par le tir d'un policier, Antoine Granomort, en 2006 près du Parc des princes, a été récemment remise au juge.

Le policier s'est réfugié dans ce restaurant Mac Donald'sLe policier s'est réfugié dans ce restaurant Mac Donald's © TF1/LCI

Un rapport balistique remis à la juge chargée d'enquêter sur la mort d'un supporter du PSG, tué par le tir d'un policier, Antoine Granomort, en 2006 près du Parc des princes, contredit la version du fonctionnaire sur le déroulement des faits, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier. Selon les conclusions de ce rapport daté du 25 mars, le policier était debout et tenait son arme à l'horizontale au moment du tir, a indiqué jeudi le Parisien. L'ancien fonctionnaire, révoqué de la police après une condamnation pour escroquerie, a toujours expliqué avoir utilisé son arme alors qu'il essayait de se relever après avoir été projeté au sol par des personnes qui l'avaient frappé.
 
Antoine Granomor a tué avec son arme de service un supporter du PSG, Julien Quemener, 25 ans, un "ultra" selon la police, et blessé grièvement un autre, Mounir Douchaer, 26 ans, autre membre du club des "Kop" en tirant un seul coup de feu. Le drame est intervenu le 23 novembre 2006 à l'issue d'un match au Parc des Princes entre le PSG et le club israélien de Tel-Aviv. Une centaine de hooligans s'en étaient pris à un jeune Français juif qui quittait le stade avec trois amis. Le jeune homme de 23 ans avait alors été protégé par le policier martiniquais en civil qui s'était retrouvé encerclé par un groupe de personnes qui, selon son témoignage, hurlaient "On va vous tuer ! On va vous niquer !".

Légitime défense ?
 
Interrogée par l'AFP, Me Florence Rault, avocate du policier, a jugé les conclusions du rapport balistique "incohérentes et peu sérieuses". "Les experts ont travaillé avec des pelotes de ficelle en se basant sur les déclarations de Mounir Douchaer. On ne peut dans ces conditions être sûr de la trajectoire de la balle. Cela ne remet pas en cause la légitime défense", a estimé l'avocate en rappelant que son client avait "défendu un jeune juif que l'on voulait lyncher".

L'ex-policier a été placé sous le statut de témoin assisté dans ce dossier où la thèse de la légitime défense a été privilégiée. "On a fait peu de cas des victimes dans ce dossier où il y a eu un mort et un blessé grave. Tout cela parce que les déclarations initiales du procureur ont accrédité la thèse de la légitime défense", a déclaré Me Gilbert Collard, avocat de Mounir Douchaer. "Je ne vois pas comment la version de M. Granomor peut coïncider avec les impacts du tir", a poursuivi l'avocat qui espère que les juges "tireront les conséquences des conclusions des experts en mettant en examen le policier".

le 07 mai 2009 à 19:54
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6 Commentaires

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  • Marie, le 11/05/2009 à 14h14

    S'il n'avait rien fait, il ne serait peut-être plus de ce monde ! où allons nous, il n'a fait que défendre un jeune, et lui -même !

  • Hervé, le 09/05/2009 à 23h18

    En tout cas, si Mr Collard est en danger, surtout ne l'aidez pas . On ne sait jamais, ca pourrait se retourner contre vous et peut- etre qu'il y gagnera en morale...

  • Victor, le 09/05/2009 à 17h08

    Si les supporters étaient moins abrutis, on n'en arriverait pas à de tels actes.

  • Orphee, le 08/05/2009 à 15h53

    La prochaine fois les policiers ou gendarmes en civil ne bougeront pas après tout qui saura qu'ils étaient là. Cet homme a eu du courage et il se fait lyncher médiatiquement. Quand à un rapport d'expertise fait si longtemps après les fait ça laisse rêveur, car là il ne s'agit pas d'un test ADN.

  • Thierry, le 08/05/2009 à 12h17

    Nous lisons souvent dans les faits divers des attaques ou des viols sous les yeux de passants ou de passagers qui ne réagissent pas. Un policier en civil a eu le courage de s'interposer face une foule excitée. Il pouvait ne rien faire: qui l'aurait sû? Il a fait son devoir dans des conditions extrèmes et dans ces conditions tout peut arriver, surtout le pire. Qu'aurions nous fait à sa place? La justice doit faire son travail car la mort, et surtout la mort violente, est inexcusable. Mais ce n'est pas un individu seul devant la foule qui doit être jugé, mais les mesures prises ou pas pour éviter d'en arriver là puisqu'après une telle rencontre des excès étaient plus que probables.

  • Jean Louis, le 08/05/2009 à 07h38

    Eh bien, enlevez tous les gendarmes et policiers, tout le monde sera content. En premier les médias et ensuite les politiques. Pauvre France qui s'ingénie à dénigrer ses outils de travail.

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