Retrait de Choc: "une mesure proportionnée" pour le parquet

le 25 mai 2009 à 22h12 , mis à jour le 25 mai 2009 à 22h16

La chambre des référés rendra sa décision jeudi sur l'appel du retrait des kiosques du magazine Choc, ordonné la semaine dernière après la publication d'une photo d'Ilan Halimi aux mains de ses tortionnaires.

Ilan Halimi Gang des Barbares

Le parquet général a estimé lundi que le retrait des kiosques du magazine Choc, ordonné la semaine dernière en référé après la publication d'une photo du jeune Ilan Halimi aux mains de ses ravisseurs, était une mesure "proportionnée et efficace". La SCPE, qui édite le mensuel à destination des 18-25 ans, "savait qu'en publiant des photos inadmissiblement choquantes, elle prenait un risque", a estimé l'avocate générale Isabelle Terrier-Mareuil devant la cour d'appel de Paris, en demandant implicitement la confirmation de l'interdiction prononcée mercredi.
 
La chambre des référés rendra sa décision jeudi à 14h, alors que se poursuit à Paris le procès à huis clos des tortionnaires présumés d'Ilan Halimi, torturé à mort en janvier 2006. Le cliché interdit avait été pris par le Gang des Barbares et adressé aux parents afin d'obtenir une rançon. La photo montre le jeune juif, pistolet sur la tempe, le visage enrubanné d'adhésif, les poignets entravés, un quotidien posé sur le torse. Saisi par la mère et les deux soeurs d'Ilan, le juge des référés du TGI de Paris, Philippe Jean-Draeher, avait ordonné mercredi le retrait des kiosques de Choc, une mesure rarissime en matière de droit de la presse. Le magistrat avait estimé que la photo, "de nature à heurter profondément les sentiments" de la famille, constituait une "atteinte grave à la dignité humaine".
 
"Pour le principe"
 
La SCPE, qui édite Choc, avait immédiatement fait appel. Mais l'audience n'a eu lieu que ce lundi, alors que les numéros ont dû être retirés des kiosques vendredi à 14h, sous peine d'une astreinte de 200 euros par numéro. Choc n'a pu bénéficier d'un réel "double-degré de juridiction" avant d'être effectivement retiré de la vente, a regretté lundi son avocat, déplorant que le juge des référés ait pu utiliser "l'arme atomique", sans qu'un juge d'appel ait pu contrôler sa décision. "Pour Choc, c'est foutu", il ne reparaîtra pas, "mais pas pour le principe", s'est indigné l'avocat, estimant que l'intérêt public n'aurait rien à gagner à une interdiction.
 
"Oui, cette photo est dérangeante", a-t-il concédé, mais si on l'interdit, "quel journal à l'avenir prendra le moindre risque ? On sera dans un monde aseptisé, où l'on n'incarnera plus le mal", mais "ce qui est odieux, ce n'est pas la photographie, c'est le crime". Pour nourrir sa démonstration, l'avocat a rappelé la publication par Libération, en novembre 1986, de la photo de l'assassinat du patron de Renault, Georges Besse : "est-ce qu'a posteriori, 23 ans après, cette photo n'a pas été utile pour discréditer Action Directe?", a-t-il demandé à la cour. Cette photo est "ignoble", lui a répondu l'avocat de la famille, considérant qu'elle "n'enrichissait le débat en rien". Me Francis Szpiner a dénoncé une "exceptionnelle atteinte à la dignité de la personne", avant d'avertir : "Il ne faut pas confondre l'information et le voyeurisme".

le 25 mai 2009 à 22:12
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5 Commentaires

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  • Mike, le 26/05/2009 à 17h38

    Ahhh! Nous avons en fait tous l'esprit tordu! Choc n'est rien d'autre qu'un journal militant et patriotique qui voulait discréditer le gang des barbares. Je pense que dans ce cas, la Nation devrait présenter des excuses officielles au très culturel Choc, et nommer la direction Officiers de la Légion d'Honneur. Pour Choc, c'est foutu, mais c'est pour le principe. Comme les gens qui dénonçaient les Juifs pendant la Guerre. Ils ne faisaient, au fond, que leur devoir. Souvenons-nous du philosophe Alain qui écrivait "Rien n'est plus dangereux qu'une idée, quand on n'a qu'une idée".

  • Liemaca, le 26/05/2009 à 17h04

    Je pense a cette pauvre maman qui a assez souffert dans sa chair mais a ce jour le malheur fait vendre il suffit de regarder les infos

  • Jeanaimarre, le 26/05/2009 à 08h59

    Personne ne s'interroge, mais moi je voudrais savoir combien de milliers d'euros" choc"a payé pour avoir ses photos prises pendant le rapt,et à qui ???? Ije sais que la presse ne doit pas divulguer ses sources, mais là, il y a de l'abus.... Celui qui a pris les photos, les a vendues, et a perçu de l'argent devrait être poursuivi par la justice.....

  • Lulu, le 26/05/2009 à 07h54

    Les personnes qui ont achete cet exemplaire de choc quand il etait encore en kiosque sont a VOMIR tout autant que ce gang !

  • Tipoussy, le 26/05/2009 à 07h41

    Le poids des mots, le choc des photos. Où se situe la frontière entre l'information et le voyeurisme?? Je crois que "Choc" porte bien son nom; son but n'est pas d'informer mais de choquer et de faire du fric avec. Sachant respecter la dignité humaine et celle de la famille. Nous savons que ce jeune homme a été torturé; les photos doivent rester du domaine de l'enquête.

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