Heurts devant la prison de la Santé à Paris © LCILe blocage des prisons françaises se poursuivait mardi pour le deuxième jour consécutif. Lundi, les extractions de détenus ont été perturbées dans les deux tiers des prisons selon les syndicats, dans moins de la moitié d'après l'Administration pénitentiaire. Très tôt mardi, les surveillants se sont rassemblés devant les portes de leur établissement dans toutes les régions. Ils ont été la plupart du temps délogés en douceur. Aux Baumettes à Marseille, où des barricades ont été dressées aux deux entrées, les surveillants ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre. "Ce sont des extractions courantes qui sont bloquées, il n'y a pas de gros procès touché", a indiqué sur place Vincent Matha, délégué du syndicat Ufap-Unsa, l'une des trois organisations avec FO et la CGT regroupées au sein d'une entente syndicale.
En région parisienne, l'intervention des forces de l'ordre a été plus musclée. A Fleury-Mérogis (Essonne), les surveillants ont été délogés mardi matin, pour la troisième fois en 24h avec usage de bombes et grenades lacrymogènes. A Fresnes (Val-de-Marne), les surveillants se sont écartés au moment où les forces de l'ordre ont chargé pour éviter de se faire à nouveau gazer comme la veille. A Paris, la maison d'arrêt de la Santé, épargnée lundi, a fait l'objet d'une tentative de blocage avec des barricades de palettes et de pneus. Les policiers sont intervenus à plusieurs reprises pour les déloger, ce qui a donné lieu à une série de mêlées. "On n'est pas des voyous", criaient les surveillants, portant des masques chirurgicaux. L'utilisation d'une arme électrique a été là encore condamnée par les syndicats.
Woerth : "Il faut arrêter là"
Les leaders de l'entente syndicale sont arrivés très remontés à une réunion au ministère de la Justice, interrompue à la mi-journée. Aucun accord n'a été trouvé "en l'état", selon les syndicats. Jean-François Forget (Ufap-Unsa) a parlé d'un climat "assez douloureux et tendu". Il a précisé que les discussions "dureront le temps nécessaire" et que "ce sont les personnels qui jugeront". "Il faut que les copains restent mobilisés", a dit Christophe Marquès (FO). "La pénitentiaire est à l'agonie et on ne va pas la soigner en deux heures", a-t-il dit.
Le porte-parole de Rachida Dati a lui affirmé qu'il y avait "déjà un point d'accord" sur l'abrogation des instructions prévoyant des "surveillances spéciales" (une ronde toutes les 2-3 heures) des détenus jugés potentiellement suicidaires. Selon lui, les discussions portent également sur l'affectation dans les petits établissements (60 sur 194) de 177 des 1.264 créations d'emplois prévus en 2009 dans l'Administration pénitentiaire.
D'après agence
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