"1600 cas de déni de grossesse par an en France"

Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET, le 09 juin 2009 à 14h22 , mis à jour le 09 juin 2009 à 18h13

Interview - Quelque 1600 femmes ne découvriraient leur grossesse qu'entre les 5e et 9e mois, et 350 d'entre elles, qu'au moment d'accoucher.

[Expiré] enceinte grossesse bébé ventre © SXC.HU

LCI.fr : Quelle est la différence entre un déni et une dissimulation de grossesse ?

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Plus d'infos

Felix Navarro, médecin et président de l'Association pour la reconnaissance du déni de grossesse : Quand on est dans la dissimulation on est dans un processus conscient. La femme sait qu'elle est enceinte, mais elle va tout faire matériellement pour la cacher : porter des vêtements amples, bander son ventre. Très souvent la grossesse est cachée pour des raisons objectives. Dans certaines familles, par exemple, il ne doit pas y avoir de relations sexuelles avant le mariage. Il y a donc une rationalité apparente.
En revanche, dans un déni, par définition, la femme n'est pas consciente d'être enceinte et son corps suit en ne donnant pas les signes habituels d'une grossesse. Ces femmes prennent très peu de poids voire même en perdent, et elles continuent d'avoir leur règles. C'est une espèce de parenthèse pathologique dans la vie d'une femme, avec un début et une fin.
 
LCI.fr : A-t-on une idée du nombre de dénis de grossesse par an en France ?
F.N. :
Nous pouvons dire qu'il y a un déni au moins partiel dans une grossesse sur 500, c'est-à-dire que la future mère ne va découvrir son état qu'entre le 5e et 9e mois. Cela représente quelque 1600 cas par an. Nous estimons aussi que dans 300 à 350 cas pas an, la mère ne découvre qu'elle est enceinte qu'au moment de l'accouchement. Après, pour qu'un déni de grossesse intéresse la justice, il faut que l'enfant soit tué par sa mère à la naissance. Ces cas, heureusement, sont rarissimes.
 
LCI.fr : Est-ce que le déni de grossesse touche toutes les catégories sociales ?
F.N. :
Nous avons recueilli plusieurs centaines de témoignages de femmes qui ont eu un déni et qui maintenant élèvent leur enfant et l'aiment. De toute évidence, le déni touche des femmes de tous âges, parmi celles qui sont en âge de procréer, de tout milieu social et de tout milieu culturel : coiffeuse, infirmière, juriste...
 
LCI.fr : La prison est-elle adaptée pour les femmes dont le déni de grossesse aboutit à l'infanticide ?
FN :
Si on est dans le cas d'un déni de grossesse véritable et profond, la prison n'apporte rien. Ces femmes relèvent d'un traitement médical. Le déni de grossesse existe depuis toujours, mais on le connait et on le reconnaît que depuis peu. C'est d'ailleurs pour cela que les experts disent des choses contradictoires à leur sujet. Il faut savoir que la première réunion scientifique en France sur le sujet date d'octobre dernier ! Alors, certes nous avons des experts psychiatres, mais ils ne sont pas experts dans le déni de grossesse.

Affaire Courjault : Comment juger ces mères meurtrières ?

Comment Véronique Courjault a-t-elle pu commettre ainsi, à trois reprises, l'impensable, sans que personne n'en sache rien ? Y-a-t-il eu déni de grossesse ou dissimulation ? Plusieurs affaires en partie similaires ont été révélées ces dernières années en France. Alors de quoi souffrent ces mères meurtrières ? Ont-elles vraiment leur place en prison ? 

Quelques éléments de réponses dans PJ, l'émission sur l'actualité policière et judiciare de LCI radio, présentée par Alexandra Guillet. Invités, -Hélène Lecomte, journaliste, Felix Navarromédecin et président de l'Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse et Pascal Bougy, magistrat, avocat général à la cour d'assises de Caen.

  

Police - Justice
Partie I 
(durée 15 min.
)

 
  

Police Justice
Partie II 
(durée 15 min
)

 
Par Propos recueillis par Alexandra GUILLET le 09 juin 2009 à 14:22
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11 Commentaires

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  • Sans, le 14/06/2009 à 21h38

    Déni de grossesse = déni de crime ?

  • Vero, le 11/06/2009 à 09h36

    à Did de Auch: lorsque une femme fait un déni de grossesse et qu'elle accouche en catastrophe, son jugement et sa perception ne sont pas normaux: elle voit "quelque chose" sortir de son corps, et elle le voit comme un parasite, rien de plus, qui ne devrait pas être là. C'est à ce moment que survient le coup fatal.

  • Alban, le 10/06/2009 à 09h06

    C'est sur que pour l'affaire Courjault ce n'est pas un déni de grossesse : ON NE TUE PAS SES ENFTS !!! on refuse d'admettre que l'on est enceinte . Là dans cette histoire , cette femme est une meurtrière (infanticide)...

  • Lili01, le 10/06/2009 à 09h06

    Peut on parler de déni de grossesse chez les futurs pères.? quand on sait le nombre de messieurs qui partent en courant quand madame est enceinte, Non, cela ne s'appelle pas déni de grossesse mais , là on ne ne dit rien. Monsieur a beaucoup plus de droit peut être. Il est vrai qu'une femme doit toujours être au top.

  • X, le 09/06/2009 à 21h14

    Certains "commentateurs"mélangent absolument TOUT.

  • Did, le 09/06/2009 à 20h33

    Heureux papa d'une petite fille inattendue jusqu'à son arrivée, je trouve qu'il faut vraiment avoir un problème psychologique grave pour tuer un nouveau né. Se retrouver nez à nez avec un tout petit que l'on attendait pas, c'est une expérience absolument inoubliable, mais formidable et tellement humaine. De plus elle est née à la maison, à terme, sans aucune aide à part la mienne, ni souffrance pour la maman. Sincèrement, je ne vois pas comment on peut prendre la vie d'un enfant à ce moment là. Quelle tristesse d'être témoin médiatique, malgré moi, de cette affaire. Depuis, nous avons eu une autre petite fille, il s'en est fallu de peu que ce soit dans les mêmes conditions... Mes enfants sont mon plus grand bonheur, et même si les deux dernières sont arrivées sans prévenir, c'est toujours avec une immense joie que nous repensons à leurs naissances.

  • Ilona, le 09/06/2009 à 19h05

    Arretez de parler de déni de grossesse dans l'"Affaire Courjault "... c'est exaspérant ce mélange des genres alors que cette femme a elle même reconnu ne pas avoir souffert de déni de grossesse et avoir été parfaitement consciente d'être enceinte...

  • Marithon, le 09/06/2009 à 17h16

    1600 cas de dénis de grossesse par an certes, et combien d'infanticides résulte de ces dénis. Ne mélangeaont pas tout ! L'affaire de cette femme jugée aujourd'hui, n'est pas tant sur son dénis, (si vraiment il y a eu dénis), mais plutôt sur les TROIS INFANTICIDES.

  • Claudine 84, le 09/06/2009 à 15h29

    Ok le déni de grossesse existe et depuis fort longtemps je connais des femmes a qui c'est arrivé mais elles ont élevé leurs enfants après l'accouchement mme courjaullt a tué . heureusement que toutes les femmes touchées par le deni de grossesse ne tuent pas leurs bébés que ferait alors la société et quel regard la société porterait sur ces 1600 cas

  • Cathy, le 09/06/2009 à 15h12

    Déni de grossesse ne veut pas dire déni de meurtre. On peut ne pas avoir conscience d'être enceinte, mais on est conscient quant on tue un nouveau né puisque la souffrance de l'accouchement et les pleures de l'enfant ne peuvent que réveillé la conscience d'une mère. Un déni de grossesse n'excuse en rien l'infanticide qui peut s'en suivre dans de rare cas heureusement.

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