© SXC.HULCI.fr : Quelle est la différence entre un déni et une dissimulation de grossesse ? La cour d'assises de la Savoie a condamné vendredi Virginie Labrosse, accusée d'avoir tué puis congelé ses trois nouveau-nés, découverts en 2007, à cinq ans d'emprisonnement. <b> Chronique -</b> Dans "Je ne pouvais pas l'abandonner" en librairie jeudi, le mari de Véronique Courjault, condamnée à huit ans de prison en 2009 pour triple infanticide, donne sa version de l'affaire. Le lecteur, lui, pénètre dans les coulisses d'un fait-divers. Un homme a retrouvé, dimanche, un bébé dans le congélateur de son amie. La locataire de l'appartement, une femme de 38 ans gravement malade et hospitalisée depuis plusieurs jours, n'a pas encore été entendue. Condamnée en 2009 à huit ans de prison pour triple infanticide, Véronique courjault a retrouvé sa famille vendredi dernier, après avoir exécuté un peu moins de la moitié de sa peine.
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Felix Navarro, médecin et président de l'Association pour la reconnaissance du déni de grossesse : Quand on est dans la dissimulation on est dans un processus conscient. La femme sait qu'elle est enceinte, mais elle va tout faire matériellement pour la cacher : porter des vêtements amples, bander son ventre. Très souvent la grossesse est cachée pour des raisons objectives. Dans certaines familles, par exemple, il ne doit pas y avoir de relations sexuelles avant le mariage. Il y a donc une rationalité apparente.
En revanche, dans un déni, par définition, la femme n'est pas consciente d'être enceinte et son corps suit en ne donnant pas les signes habituels d'une grossesse. Ces femmes prennent très peu de poids voire même en perdent, et elles continuent d'avoir leur règles. C'est une espèce de parenthèse pathologique dans la vie d'une femme, avec un début et une fin.
LCI.fr : A-t-on une idée du nombre de dénis de grossesse par an en France ?
F.N. : Nous pouvons dire qu'il y a un déni au moins partiel dans une grossesse sur 500, c'est-à-dire que la future mère ne va découvrir son état qu'entre le 5e et 9e mois. Cela représente quelque 1600 cas par an. Nous estimons aussi que dans 300 à 350 cas pas an, la mère ne découvre qu'elle est enceinte qu'au moment de l'accouchement. Après, pour qu'un déni de grossesse intéresse la justice, il faut que l'enfant soit tué par sa mère à la naissance. Ces cas, heureusement, sont rarissimes.
LCI.fr : Est-ce que le déni de grossesse touche toutes les catégories sociales ?
F.N. : Nous avons recueilli plusieurs centaines de témoignages de femmes qui ont eu un déni et qui maintenant élèvent leur enfant et l'aiment. De toute évidence, le déni touche des femmes de tous âges, parmi celles qui sont en âge de procréer, de tout milieu social et de tout milieu culturel : coiffeuse, infirmière, juriste...
LCI.fr : La prison est-elle adaptée pour les femmes dont le déni de grossesse aboutit à l'infanticide ?
FN : Si on est dans le cas d'un déni de grossesse véritable et profond, la prison n'apporte rien. Ces femmes relèvent d'un traitement médical. Le déni de grossesse existe depuis toujours, mais on le connait et on le reconnaît que depuis peu. C'est d'ailleurs pour cela que les experts disent des choses contradictoires à leur sujet. Il faut savoir que la première réunion scientifique en France sur le sujet date d'octobre dernier ! Alors, certes nous avons des experts psychiatres, mais ils ne sont pas experts dans le déni de grossesse.
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