La maison où un bébé a été retrouvé dans un congélateur dans les Côtes d'Armor, le 24 mars 2008 © TF1-LCIUne femme de 36 ans a été condamnée à huit ans de prison vendredi pour avoir donné la mort à son nouveau-né en 2007 avant de le congeler. La cour d'assises des Côtes d'Armor a également imposé à Valérie Serres cinq ans de suivi socio-judiciaire et l'obligation de se soigner. L'avocat général avait requis huit à dix ans de prison. Valérie Serres n'a fait aucune déclaration à l'issue du procès qui intervenait alors que Véronique Courjault comparaît à Tours pour avoir tué trois de ses bébés et d'en avoir dissimulé deux dans un congélateur. "Nous n'avons pas réussi à percer le mystère de Valérie Serres", avait déclaré Alain Le Coz, l'avocat général qui s'est demandé "comment une mère ayant toutes les apparences d'une femme ordinaire peut tuer son nouveau-né".
Un nouveau-né découvert dans un congélateur à Metz
Un homme a retrouvé, dimanche, un bébé dans le congélateur de son amie. La locataire de l'appartement, une femme de 38 ans gravement malade et hospitalisée depuis plusieurs jours, n'a pas encore été entendue.
Publié le 07/06/2010
Après avoir reconnu "le mal de vivre" de l'accusée, son isolement, la dégradation des rapports du couple, il avait relevé son "comportement de toute-puissance" lors de ses grossesses "allant jusqu'à donner la mort". "Il y a aussi le côté pathologique de ces grossesses à répétition non partagées et toutes dissimulées", avait-il souligné, estimant que la responsabilité de Valérie Serres était "grande" avant de prononcer son réquisitoire.
Déni ou dissimulation ?
Vivant dans une ferme isolée des Côtes d'Armor avec son mari et leurs deux premiers enfants, Valérie Serres avait déclaré jeudi à la cour qu'elle avait "oublié" sa grossesse malgré un test positif à trois mois et qu'elle ne se souvenait que par "flashes" de cette nuit fatale de l'été 2007. "Peut-on dire à la fois 'j'ai porté un enfant sans le savoir et je l'ai tué sans le savoir' ? Pour le ministère public, cela fait beaucoup", avait ajouté Alain Le Coz. Vendredi, les experts psychologiques et psychiatriques qui se sont succédé à la barre n'ont pas tranché entre le "déni de grossesse", un phénomène psychique complexe décrivant une femme enceinte qui ignore son état, et la "dissimulation délibérée".
En septembre 2008, quelques mois après son placement en détention, Valérie Serres avait donné naissance à une petite fille alors que ni l'administration pénitentiaire, ni ses codétenues,
n'avaient remarqué qu'elle était enceinte. En 2005, l'accusée, dépressive et "repliée sur elle-même", avait également dissimulé sa grossesse par "peur" des réactions de son mari, avec lequel elle ne s'entendait plus, jusqu'au moment de l'accouchement de son second enfant. Interrogée sur le fait de placer l'enfant dans le congélateur, Brigitte Elghozi a relevé "l'effet de contamination" d'autres affaires antérieures comme celle, précisément, de Véronique Courjault. "Il s'agit aussi peut-être de figer l'instant, comme le froid fige les choses. Les choses restent telles qu'elles ont été", a-t-elle ajouté, évoquant également l'incapacité pour la
mère de se séparer de son bébé.
Le corps du nouveau-né avait été découvert par le beau-père de Valérie Serres, venu dégivrer le congélateur lors du dimanche de Pâques 2008 alors que le couple était absent. L'autopsie avait révélé une fracture du crâne comme cause probable de la mort, l'accusée ne se souvenant que "d'un geste de haut en bas" et n'ayant aucun souvenir précis de l'accouchement, a-t-elle affirmé à la cour.
(D'après agence)
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