Véronique Courjault et son mari Jean-Louis © TF1-LCI Condamnée en 2009 à huit ans de prison pour triple infanticide, Véronique courjault a retrouvé sa famille vendredi dernier, après avoir exécuté un peu moins de la moitié de sa peine.
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Mais l'avocat général a estimé que la famille Courjault pouvait "faire face" à cette situation, et que "l'intérêt supérieur de la publicité des débats" devait prévaloir. Après s'être retirée, la cour a décidé de rejeter la demande. Le président a reconnu que les enfants avaient pu souffrir des informations données pendant cette affaire mais il a aussi estimé que justement le procès avait pour objectif d'évoquer "dans le respect de l'ordre et des moeurs les faits reprochés".
"Je pense avoir eu un manque de communication, de démonstration affective"
Véronique Courjault, seule dans le box des prévenus, est apparue très amaigrie, impressionnée, mal à l'aise, ayant beaucoup de mal à respirer. Vêtue d'une veste claire d'un chemisier bleu, les cheveux retenus par une large barette, elle a échangé un long regard avec son mari Jean-Louis Courjault, assis juste en face d'elle sur le banc des parties civiles. Jean-Louis Courjault a décidé de se porter partie civile pour pouvoir assister à tous les débats. "Je suis tendu, très tendu. Je soutiens la femme que j'aime", avait-t-il déclaré en montant les marches du palais de justice.
Dans l'assistance, la famille de l'accusée, son père et sa mère, Robert et Monique Fievre, ainsi que sa belle-mère et sa belle-soeur sont assis côte à côte. Appelés les uns après les autres à la barre pour simplement connaître le jour de leur audition, ils ont échangé des regards et clins d'oeil complices avec Véronique. Celle-ci a alors craqué, essuyant quelques larmes avec une main, avant de vraiement pleurer et de sortir un mouchoir blanc. "Je pense avoir eu un manque de communication, de démonstration affective... Je n'ai pas su trouver ma place. Je n'ai pas confiance en moi", a-t-elle lâché d'une voix hésitante, presque inaudible.
"Je n'ai jamais eu de problème avec Véronique"
La cour d'assises d'Indre-et-Loire s'est penchée mardi sur la personnalité d'une femme décrite par ses proches comme "une bonne mère et une bonne épouse". Décrite comme discrète, secrète, ne se confiant pas, elle affiche "une personnalité ne montrant pas de trait extraordinaire, sauf un manque de communication qu'elle connaît toute sa vie", selon Philippe Kremeur, enquêteur de personnalité. Celui-ci à la barre souligne "une carence affective" dans la famille Fievre, où le travail prédomine sur les sentiments.
Il décrit une absence de communication également. L'accusée apprendra un jour de Noël, à 10 ans, que sa soeur aînée est en fait sa demi-soeur. Elle apprendra la venue de sa soeur cadette le jour de la naissance de cette dernière. "Je n'ai jamais eu de problème avec Véronique. Au contraire", dit le père, Robert, à la barre, en poursuivant en pleurs: "je n'ai pas d'explication. Quand j'ai posé la question à ma fille, en prison, elle m'a répondu : ‘je ne sais pas moi-même'". "Jean-Louis Courjault voit en l'accusée une bonne épouse, une bonne mère", affirme Me Marc Morin, son conseil, avant d'ajouter : "les mères qui tuent les nouveau-nés ne sont pas des tueuses d'enfants."
A l'issue des débats, l'avocate des deux garçons du couple, âgés de 12 et 14 ans, Me Pascale Brémant, a affirmé avoir découvert, lors de cette première journée, une femme sans rapport avec la personne qui lui avait été décrite, la qualifiant d'"excellente mère". "On me disait que cette femme était effacée, réservée, sans initiative personnelle. Et je découvre une mère capable de faire une activité par jour, qui rigole, championne du gratin aux fraises et qui organise des cours de théâtre pour les enfants", a-t-elle relevé.
Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait durer jusqu'au 17 juin. Jean-Louis Courjault a été mis hors de cause après avoir été dans un premier temps mis en examen pour "complicité d'assassinats". Sa femme a toujours dit qu'il "n'était pas au courant". La découverte le 23 juillet 2006 par le mari des corps de deux nouveaux-nés dans le congélateur de leur maison à Séoul a été le point de départ de cette affaire qui avait provoqué une grande émotion en France et en Corée du sud.
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