Les larmes de Véronique Courjault, une "bonne mère"

Par , le 09 juin 2009 à 11h29 , mis à jour le 09 juin 2009 à 22h11

Dès l'ouverture mardi de son procès pour triple infanticide devant la cour d'assises de Tours, cette mère de 41 ans a montré son émotion, disant manquer de "confiance".

TF1-LCI : Véronique Courjault et son mari Jean-LouisVéronique Courjault et son mari Jean-Louis © TF1-LCI

 

  • Bébés congelés : Véronique Courjault est libre

    Condamnée en 2009 à huit ans de prison pour triple infanticide, Véronique courjault a retrouvé sa famille vendredi dernier, après avoir exécuté un peu moins de la moitié de sa peine.

    Publié le 17/05/2010 Bébés congelés : Véronique Courjault est libre
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> Emotion au premier jour du procès Courjault

Le procès, très attendu, de Véronique Courjault  s'est ouvert mardi matin devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire, à Tours. Cette mère de famille de 41 ans, est poursuivie pour avoir assassiné trois bébés qu'elle venait de mettre au monde, deux à Séoul en 2002 et 2003 et un en France en 1999. Dès l'ouverture de l'audience, les avocats des parties civiles et de la défense  ont demandé le huis clos. Pascale Brémant, avocate des enfants du couple, deux garçons de 12 et 14  ans, a justifié cette demande car "les enfants vivent l'étalage médiatique comme une injustice supplémentaire". Les deux adolescents sont "incapables de prendre du recul sur l'info qu'ils prennent en pleine figure comme un coup de poing", a-t-elle dit.

Mais l'avocat général a estimé que la famille Courjault pouvait "faire face" à cette situation, et que "l'intérêt supérieur de la publicité des débats" devait prévaloir. Après s'être retirée, la cour a décidé de rejeter la demande. Le président a reconnu que les enfants avaient pu souffrir des informations données pendant cette affaire mais il a aussi estimé que justement le procès avait pour objectif d'évoquer "dans le respect de l'ordre et des moeurs les faits reprochés".

"Je pense avoir eu un manque de communication, de démonstration affective"

Véronique Courjault, seule dans le box des  prévenus, est apparue très amaigrie, impressionnée, mal à l'aise, ayant  beaucoup de mal à respirer. Vêtue d'une veste claire d'un chemisier bleu, les cheveux retenus par une  large barette, elle a échangé un long regard avec son mari Jean-Louis Courjault, assis juste en face d'elle sur le banc des parties civiles. Jean-Louis Courjault a décidé de se porter partie civile pour pouvoir assister à tous les débats. "Je suis tendu, très tendu. Je soutiens la femme que j'aime", avait-t-il déclaré en montant les marches du palais de justice.

Dans l'assistance, la famille de l'accusée, son père et sa mère, Robert et Monique Fievre, ainsi que sa belle-mère et sa belle-soeur sont assis côte à côte. Appelés les uns après les autres à la barre pour simplement connaître le jour de leur audition, ils ont échangé des regards et clins d'oeil complices avec Véronique. Celle-ci a alors craqué, essuyant quelques larmes avec une main,  avant de vraiement pleurer et de sortir un mouchoir blanc. "Je pense avoir eu un manque de communication, de démonstration affective... Je n'ai pas su trouver ma place. Je n'ai pas confiance en moi", a-t-elle lâché d'une voix hésitante, presque inaudible.

"Je n'ai jamais eu de problème avec Véronique"

La cour d'assises d'Indre-et-Loire s'est penchée mardi sur la personnalité d'une femme décrite par ses proches comme "une bonne mère et une bonne épouse". Décrite comme discrète, secrète, ne se confiant pas, elle affiche "une personnalité ne montrant pas de trait extraordinaire, sauf un manque de communication qu'elle connaît toute sa vie", selon Philippe Kremeur, enquêteur de personnalité. Celui-ci à la barre souligne "une carence affective" dans la famille Fievre, où le travail prédomine sur les sentiments.

Il décrit une absence de communication également. L'accusée apprendra un jour de Noël, à 10 ans, que sa soeur aînée est en fait sa demi-soeur. Elle apprendra la venue de sa soeur cadette le jour de la naissance de cette dernière. "Je n'ai jamais eu de problème avec Véronique. Au contraire", dit le père, Robert, à la barre, en poursuivant en pleurs: "je n'ai pas d'explication. Quand j'ai posé la question à ma fille, en prison, elle m'a répondu : ‘je ne sais pas moi-même'". "Jean-Louis Courjault voit en l'accusée une bonne épouse, une bonne mère", affirme Me Marc Morin, son conseil, avant d'ajouter : "les mères qui tuent les nouveau-nés ne sont pas des tueuses d'enfants."

A l'issue des débats, l'avocate des deux garçons du couple, âgés de 12 et 14 ans, Me Pascale Brémant, a affirmé avoir découvert, lors de cette première journée, une femme sans rapport avec la personne qui lui avait été décrite, la qualifiant d'"excellente mère". "On me disait que cette femme était effacée, réservée, sans initiative personnelle. Et je découvre une mère capable de faire une activité par jour, qui rigole, championne du gratin aux fraises et qui organise des cours de théâtre pour les enfants", a-t-elle relevé.
  
Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait durer jusqu'au 17 juin. Jean-Louis Courjault a été mis hors de cause après avoir été dans un premier  temps mis en examen pour "complicité d'assassinats". Sa femme a toujours dit  qu'il "n'était pas au courant". La découverte le 23 juillet 2006 par le mari des corps de deux nouveaux-nés dans le congélateur de leur maison à Séoul a été le point de départ de cette affaire qui avait provoqué une grande émotion en France et en Corée du sud.

Affaire Courjault : Comment juger ces mères meurtrières ?
Comment Véronique Courjault a-t-elle pu commettre ainsi, à trois reprises, l'impensable, sans que personne n'en sache rien ? Y-a-t-il eu déni de grossesse ou dissimulation ? Plusieurs affaires en partie similaires ont été révélées ces dernières années en France. Alors de quoi souffrent ces mères meurtrières ? Ont-elles vraiment leur place en prison ? 

Quelques éléments de réponses dans PJ, l'émission sur l'actualité policière et judiciare de LCI radio, présentée par Alexandra Guillet. Invités, -Hélène Lecomte, journaliste, Felix Navarromédecin et président de l'Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse et Pascal Bougy, magistrat, avocat général à la cour d'assises de Caen.

  

Police - Justice
Partie I 
(durée 15 min.
)

 
  

Police Justice
Partie II 
(durée 15 min
)

 
Par Alexandra Guillet le 09 juin 2009 à 11:29
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68 Commentaires

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  • Mafille, le 12/06/2009 à 17h22

    Sans vous raconter ma vie, je me suis trouvée enceinte alors que je m'étais séparée du papa auparavant. Ce fut une période très difficile car quand je lui ai annoncé ma grossesse, il a voulu que je me fasse avorter. Je ne voulais pas. J'étais donc perdue, rejetée, insultée par lui. J'ai donc gardé ma petite fille qui a bientôt 11 ans maintenant mais je peux vous assurer que jamais, oh jamais, je n'aurais pu lui enlever sa vie. En dernier recours, je prévoyais un accouchement sous X. Je ne comprends, donc, absolument pas son geste monstrueux.

  • Ricardo, le 12/06/2009 à 08h10

    @ Ana , Carcassonne Bonjour, exact pour l'erreur de la ville. Je vous rejoins volontier sur le jugement. On nous demande de réagir ou de mettre nos réactions, c'est tout simplement ce que je fais. C'est à la justice et aux jurés de trancher. j'en suis conscient.

  • Philo, le 11/06/2009 à 13h37

    Je crois juste qu'on est gonflé de porter un tel jugement!!! il est vrai que cette histoire est terrible, mais je crois que dans ce bas monde malheureusement il y a des choses que m^me les experts les plus avertis on du mal a cerner a comprendre et a expliquer, cette femme a l'air manifestement perdue et est très pertubée, et je suis sure qu'elle a regreter ces geste mais celà était trop tard. Même elle ne doit pas savoir le pourquoi du comment, et si elle a garder ces enfants près d'elle c que justement elle ne voulait mais ne pouvait pas s'en séparer. Je ne suis pas convaincu du tout que sa place soit dans une prison mais p^lutôt dans un centre spécialises et je ne suis pas pour qu'elle purge une peine de prison a perpétuité, c'est ridicule et elle a deux autres enfants qui ont besoin d'elle, tout ce dont il lui faut c une aide et un accompagnement. Ce qui faur retenir c que m^me le meilleur d'entre nous peut perdre le pédales , moi j'aimerai qu'on l'aide a avoir une seconde chance C mon avis

  • Ana, le 11/06/2009 à 09h07

    à Ricardo, bonjour. L'histoire des deux infirmières s'est produite à Pau mais ce n'est qu'un détail face aux conséquences. Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que nous disposions de toutes les données de l'histoire pour pouvoir émettre un quelconque jugement.

  • Angie, le 10/06/2009 à 20h29

    Je suis maman de 3 enfants . Comment peut t on donner la vie et la reprendre tout en etant le jour meme avec son mari et ses enfants comme si rien ne s'etais passé !! Deni possible pendant la grossesse mais quand les contractions commence , la souffrance, parce que a se jour aucunes femmes n'a donner la vie sans avoir aux moins quelques douleurs ! Le jour ou elle les a mis au monde il etais encore temps d'aller à l hopital , d'accoucher sous x , son mari dit l'aimait donc il aurais pu comprendre qu'elle ne puisse elever ses enfants , il y a quand meme de nos jours bcp de moyen de contraception pillule ,patch, sterilet et j'en passe , ligatures des trompes moyen radical , avortement et tout sa sans avoir besoins de rendre des comptes meme a son propre mari !!!Ellle les a tues sans remords ni regrets d'une froideur inimaginable en passant chaque jour devant se congelateur !On ne peut pas faire un deni face a ses petits corps dans son propre congele ! Elle a fait le choix de garder ses 2 enfants qui sait se qu'elle a pensé quand elle les attendais ! Je pense aussi à toutes ses femmes qui se battent chaque mois aves toutes sortes de traitements tres lourd pour avoir un jour la chance de donner la vie et chaques mois aux moments de leurs regles leurs espoirs s'effondrent de nouveux ! Je pense qu'il faut condanné ses actes pour le mal qu'elle a fait a sa famille , son mari et ses enfants , comment grandir avec à leurs cotés une mere qui c'est prise pour dieu et qui a decider le droit de vie ou de mort sur des enfants innocents qui ont eu juste le temps de poussés leurs 1 er cris !!C 'est une criminelle ou une femme tres gravement atteinte pyscologiquement , dans les 2 cas dangereuse !

  • Marie, le 10/06/2009 à 16h05

    Si cette femme avait vraiment tuer ces bébés, les aurait-elle garder chez elle dans un congélateur que tout le monde peut ouvrir ?! Même ses deux enfants auraient pu trouver les bébés !!! Est-ce vraiment elle qui a tuer ces bébés et qui les a mis dans sa propre maison ?!

  • Jpa, le 10/06/2009 à 12h16

    Criminelle? Mais alors pourquoi ne s´être pas débarrassé des bébés, pourquoi les garder dans un congélateur avec le risque que cela comprend?

  • Pascal16, le 10/06/2009 à 12h12

    Pour moi pas d'excuse 3 meurtres, il ne faut pas confondre et mètre ceci sous le coup de soi-disant grossesse déniée trop facile comme explication, pour une grossesse que la personne vivent une grossesse déniée j'arrive à le concevoir et quel soit complètement perdu aussi mais de la a tuer et plus encore car je trouve inhumain de bruler et congelé ces propres bébés pour moi aucune circonstance atténuante.

  • Ricardo, le 10/06/2009 à 12h08

    Bonjour, @CATHY56, Vannes. Il faut admettre que les actes commis par cette femmes sont inacceptables dans la Socièté dans laquelle nous faisons parti. Ce sont des actes qui doivent être santionnés par la loi. Q'elle est besoin daide, qu'elle soit malade, c'est à la justice de rendre compte et de juger la responsabilité de cette femme. Dire que c'est une bonne mère, il vaut me taire face à ces actes. L'affaire des deux infirmières à Toulouse, dont une a été décapitée par son agresseur et meurtrier , a abouti à sanctionnerl'acte face à un "humain" responsable ou non responsable par son niveau mental , était-il malade c'est un problème d'expert très délicat dans les deux cas ci-dessus. A chaud, à nos yeux et d'après ce que nous racontent les médias cette femme semble coupable. A suivre

  • Memenne, le 10/06/2009 à 11h57

    Devons nous pleurer sur son sort maintenant alors que 3 petits etres innocent qui n avaient rien demande de la vie sont mort tuer par leur propre mere et ca c est une bonne mere ?

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