© INTERNEL'ancien P-DG de Total Thierry Desmarest a rendu hommage aux travailleurs de l'usine AZF mercredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse où se poursuit le procès de la catastrophe du 21 septembre 2001. Mais, au grand dam des parties civiles, il n'a pas fourni d'explication sur les causes de l'explosion de l'usine d'engrais chimiques de Toulouse, filiale du groupe Total, qui a fait 31 morts et des milliards de francs de l'époque de dégâts.
AZF : le parquet fait appel
Il conteste la relaxe générale prononcée jeudi par le tribunal correctionnel de Toulouse dans l'explosion de l'usine AZF qui avait fait 31 morts en 2001l'enquête.
Publié le 20/11/2009
AZF : relaxe générale au bénéfice du doute
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Toulouse a estimé impossible de conclure avec certitude que l'accident, qui a fait 31 morts en 2001, était dû au problème de stockage relevé par l'enquête.
Publié le 19/11/2009
AZF : l'heure du jugement
La justice se prononce jeudi sur la cause de l'explosion de l'usine AZF, qui avait fait 31 morts en 2001, et sur les poursuites visant les sociétés et dirigeants du groupe Total, responsables de l'usine.
Publié le 19/11/2009
Actuel président du conseil d'administration de Total, Thierry Desmarest comparaissait comme prévenu dans le cadre d'une citation directe déposée au début de ce procès, en mars, par des associations de victimes. Le procès doit s'achever le 30 juin. Le jugement sera mis en délibéré au mois de novembre. Interrogé pendant plus de deux heures, Thierry Desmarest a dit sa "profonde compassion à l'égard des proches des victimes" de la catastrophe. "Au-delà des indemnités financières versées par le groupe Total, il est évident qu'il y a des douleurs qui ne s'effaceront jamais", a-t-il dit, exprimant sa "solidarité entière à l'égard des personnels d'AZF qui ont toujours agi avec un grand professionnalisme dans cette usine qui n'était pas une poubelle, comme certains l'ont dit à tort".
Pas d'explication crédible
Interrogé par plusieurs avocats des parties civiles sur les causes possibles de l'explosion, le dirigeant n'a pu les éclairer. "Hélas, aujourd'hui, on n'a pas d'explication crédible sur cette catastrophe. C'est pour moi une frustration, une déception", a-t-il dit. Evoquant la thèse retenue par l'instruction du dossier - une explosion accidentelle due à "des négligences et des manquements à des règles de sécurité" -, Thierry Desmarest a estimé que "ce n'est pas parce que l'on ne dispose pas d'explication crédible de cette catastrophe qu'il faut retenir une explication non crédible". Il a toutefois admis ne pas avoir "lu en entier et dans les détails les résultats de la commission d'enquête interne" diligentée par Total, parallèlement à l'enquête judiciaire. "Il n'est pas dans mon métier de lire ce rapport. Cela peut vous étonner, mais c'est comme ça", a-t-il déclaré.
A l'issue de cette audience, les avocats des parties civiles ont dit leur insatisfaction. "Il est paradoxal d'entendre à la barre un homme évoquant sa grande émotion à l'égard des victimes admettre, quelques instants plus tard, qu'il n'a pas lu le rapport d'enquête qu'il a lui-même commandé", a déploré Me Sylvie Topalov. "M. Desmarest n'est pas crédible quand il dit qu'il n'a pas pris connaissance des conclusions de ce rapport. Il est évident qu'on lui en a au moins fait une synthèse", a ajouté Me Alain Lévy.
Pour Me Stella Bisseuil, "non seulement M. Desmarest n'a pas été convaincant aujourd'hui mais en plus, il ne semble pas avoir tiré les leçons du fiasco de cette commission d'enquête interne". "Le pire, c'est que cette commission interne, on le sait maintenant, a gêné le travail de l'enquête judiciaire", a-t-elle ajouté. L'audition des témoins et des experts doit s'achever vendredi. Les plaidoiries débuteront la semaine prochaine.
D'après agences
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