L'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006 © TF1/LCIJugée depuis quatre jours pour trois infanticides, Véronique Courjault s'est déclarée "acculée" vendredi par les questions du président de la cour d'assises d'Indre-et-Loire. "Je ressens les mêmes impressions que lors de l'instruction. Je me sens acculée. C'est pas l'instruction, c'est un jugement", a réagi l'accusée, pressée de questions par le président Georges Domergue sur le thème de la préméditation, déjà abordé à plusieurs reprises depuis le début des débats. En pleurs, elle explique : "J'ai essayé tout au long de l'instruction de trouver des réponses. Je n'ai toujours pas de réponses à la plupart des questions. Je fais des efforts". "Il faut dire la vérité simple", suggère le président. "Quand elle est simple, oui", répond avec détermination l'accusée, débout tenant d'une main un des deux micros placés devant elle. Son mari la soutient du regard.
Ses avocats se lèvent alors et interpellent le président sur sa manière de mener les débats. Celui-ci, qui depuis le début du procès s'attache longuement sur les faits, leur demande d'attendre leur tour pour intervenir. Le président se tourne de nouveau vers l'accusée et lui dit "vous avez dissimulé les trois grossesses". Véronique Courjault se défend d'une voix forte : "je ne crois pas avoir dissimulé ces grossesses. J'ai eu conscience à un moment d'être enceinte. Cet état m'a échappé".
Un mari "peu observateur"
Auparavant, les amis du couple s'étaient succédés à la barre pour parler "d'une bonne amie, d'une bonne mère et d'une bonne épouse". "C'est une véritable amie. Sincère. Elle m'a beaucoup aidée dans une période difficile", a déclaré spontanément et avec force, Sabine Cha. "Elle n'est pas d'une gaieté exubérante mais c'est une femme très agréable", a souligné Véronique Astorg. Pour Dominique Charreire, un collègue du mari, "elle est timide, réservée. C'est une mère qui aime ses enfants". Sabine et Véronique concluront : "C'est une bonne maman et une bonne épouse". Patricia Crozel avoue : "en tant que femme et mère, je ne me sens pas meilleure ni pire que Véronique. Dans des circonstances analogues, j'aurais pu faire exactement la même chose". Tous diront ne pas s'être "aperçus" que "Véro" était enceinte, décriront le mari comme "peu observateur", "très occupé" par son travail.
Après quatre jours au cours desquels les débats ont porté sur le côté criminel et judiciaire de l'affaire, les prochaines journées seront consacrées à l'audition des psychologues et des experts psychiatres. L'expression "déni de grossesse" toujours pas entendue sera alors probablement employée. Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès reprendra lundi et devrait durer jusqu'au 17 juin.
(D'après agence)
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