"Je n'avais pas prévu de donner la mort aux enfants"

le 10 juin 2009 à 18h32 , mis à jour le 10 juin 2009 à 22h06

C'est ce qu'a affirmé Véronique Courjault au deuxième jour de son procès devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire, revenant sur ses déclarations faites pendant l'instruction.

L'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006. TF1/LCIL'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006 © TF1/LCI

Debout dans le box, Véronique Courjault, a justifié mercredi, d'une petite voix, pourquoi elle avait dit aux enquêteurs qu'elle avait prévu de tuer ses bébés. "A partir du moment où j'avais dit que j'avais tué ces bébés, c'était quelque part logique que j'ai pensé à les tuer. C'était l'état d'esprit dans lequel je me trouvais". "Mais, je n'avais pas prévu de donner la mort aux enfants", a-t-elle asséné devant la cour d'assises de Tour.  

Peu auparavant, deux enquêteurs Gérald Bejeau et Gérard Sammartino, après avoir confirmé que "personne dans l'entourage du couple" ne s'était aperçu des grossesses de Véronique Courjault, ont présenté l'accusée "comme distante mais capable de pleurer" et ont dit être persuadés "qu'elle avait prévu la mort". "C'est là, les deux Véronique", lâche alors Me Henri Leclerc, un des conseils de Mme Courjault. Cette dernière "a eu peur d'annoncer à son mari ces grossesses" et pour elle  "l'infanticide était un mode de contraception", ajoute le policier Sammartino.

"J'ai failli te le dire et  je n'y ai pas réussi"

Debout, s'adressant à son mari, assis face à elle sur le banc des parties civiles, l'épouse avoue alors : "j'ai manqué de force. J'ai failli te le dire et  je n'y ai pas réussi. Après tout s'est embrayé, il y a eu l'emballement  médiatique. C'était quelque chose hors de ma portée".  Le mari apprendra la vérité de la bouche de sa femme lors de la garde à vue : "C'est toi qui l'a fait?" demande-t-il. "Si, je l'ai fait", répond-elle. Et le  mari de serrer sa femme dans ses bras, selon le rapport des enquêteurs. 

"Je pense que je n'aurais pas pu jeter les corps dans une poubelle même si les faits que j'ai commis sont monstrueux et inexplicables", a répondu l'accusée à une question de la cour lui demandant pourquoi elle avait congelé les bébés. L'accusée s'est alors effondrée et ses avocats ont demandé une interruption de séance pour permettre à sa cliente de se reposer. Interrogée sur le déroulement des trois accouchements, Véronique Courjault a expliqué en parlant lentement et en pleurs : "j'étais dans la baignoire accroupie. J'ai eu une sensation physique du bébé qui glisse dans l'eau à travers mon corps".

Elle allait au congélateur "pour voir que c'était bien vrai"

Elle a repris son souffle et poursuivi : "j'ai ensuite l'image d'une main sur un visage. Ce n'est pas quelque chose de très net". Elle révèlera également qu'elle ira plusieurs fois au congélateur "pour voir que c'était bien vrai, s'ils étaient bien morts, même si cela peut paraître absurde". "J'ai été enceinte des deux premiers enfants, je leur parlais, ils me parlaient. Mais ceux-là (les trois nouveaux-nés morts, ndlr) je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient pas", a dit Véronique Courjault apparue très éprouvée après deux jours de procès.

Me Henri Leclerc, un des avocats de l'accusée, a pour sa part dit que sa cliente "s'interrogeait pourquoi elle a fait ça et c'est difficile". "C'est une femme humaine, souffrante qui s'interroge tous les jours, pourquoi elle a fait ça. Et c'est difficile. Elle essaye comme nous tous de comprendre et c'est dur à comprendre", a déclaré Me Leclerc à la presse à l'issue de l'audience. "Elle a essayé de parler mais elle est dans un état de détresse", a ajouté l'avocat qui a demandé dans l'après-midi une suspension d'audience pour permettre à l'accusée de se reposer. "Elle a dit quelque chose d'extraordinaire: j'ai été enceinte des deux premiers enfants, je leur parlais, ils me parlaient. Mais ceux-là (les trois nouveaux-nés morts, ndlr) je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient pas. Comprenne qui pourra ?", a conclu Me Henri Lerclec.

Jean-Louis Courjault, toujours très amoureux de sa femme, a dans la matinée raconté la découverte des deux corps de bébés dans son congélateur de Séoul, le  23 juillet 2006, en voulant congeler des maquereaux. "Et soudain, j'ai vu une main. Le corps du bébé était entouré d'une  serviette, dans un sac. Je ne comprends rien", révèle le mari, à la barre, d'une  voix hésitante, parfois inaudible (lire l'article). Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion  criminelle à perpétuité. Le procès, qui se déroule devant un très nombreux  public parmi lequel les parents de l'accusée, devrait durer jusqu'au 17 juin.

le 10 juin 2009 à 18:32
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32 Commentaires

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  • Sans, le 14/06/2009 à 23h17

    Vu le soutien sans faille que lui apporte son mari, je me demande comment celui-çi aurait réagi après son horrible découverte dans le congélateur si Mme Courjault lui avait révélé immédiatement être l'auteur des crimes.

  • Elle, le 14/06/2009 à 18h02

    ça s'écrit pas Tour mais Tours

  • Vonie, le 12/06/2009 à 19h54

    Veronique courjault dit qu'elle est aller voir aux congel voir si ils etaient bien mort.si elle dit ca c'est qu'elle voulait etre sur qu'ils etaient mort donc elle s'avait ce q'uelle fesait.et je pense qu'il n'y a pas deux veron ique mais une.et a savoir si les bebes sont ceux de son mari.le proces le dira sans doute.ca n'excuse pas ce q'elle a fait, tant de personnes non pas la chance d'avoir des bouts choux.

  • Ariel, le 12/06/2009 à 16h52

    Sans commentaire

  • Aggie, le 11/06/2009 à 16h10

    Et pourquoi il n'y a que deux femmes dans le jury ? Un homme peut-il comprendre la complexité de la psychologie d'une femme enceinte ? Il devrait y avoir au moins une mixité parfaite dans les jury dans ce genre de cas. Un jury d'assise représente la société, les femmes en composent 50 %, non ?

  • Alicia, le 11/06/2009 à 13h42

    Je soutiens cette famille et surtout cette belle famille !! Je souhaite que la "peine" soit la plus douce possible pour Véronique Courjault. Je suis mère et grand mère et je sais aussi ce que c'est que d'être confrontée à un enfant-adulte dont le cerveau ne fonctionne pas comme celui de tout le monde dans u_ne société qui ne prévoit rien, promet beaucoup et juge encore plus. Bon courage à ces deux familles et bonne chance à leurs défenseurs.

  • Nanoumel, le 11/06/2009 à 13h41

    Ne jugez pas. Personne ne peut juger l'ampleur de la détresse de cette femme qui elle-même, ne pourra sans doute jamais comprendre ses gestes, et encore moins se les pardonner. Vous la voyez comme un monstre. Elle se voit pire qu'un monstre. Mais moi ce que je vois, c'est la détresse sans fond dans laquelle elle devait être pour en arriver là. Et cette détresse, apparemment, personne ne l'avait vue non plus.

  • Lou49, le 11/06/2009 à 13h37

    On ne doit pas juger les autres, mais on ne doit pas non plus enlever la vie à de petits êtres innocents, quand même, c'est arrivé trois fois, cette femme doit être puni pour les crimes qu'elle à commis.

  • Mary, le 11/06/2009 à 12h20

    Contrairement à ce que beaucoup disent ici, ce n'est pas un déni de grossesse puisqu'elle dit elle-même : " j'ai été enceinte des deux premiers enfants, je leur parlais, ils me parlaient. Mais ceux-là (les trois nouveaux-nés morts, ndlr) je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient pas. " Elle avait parfaitement conscience de sa grossesse. Il s'agit malheureusement d'infanticides, ce qui est bien pire...

  • Chantal, le 11/06/2009 à 12h07

    Je ne comprends pas les réactions "impitoyables" de personnes qui se disent ne pas être monstrueuses et n'avoir que de la tendresse pour leurs enfants... pourtant leurs réflexions n'ont pas tant de coeur que ça. Un peu d'humanité, cherchons à comprendre avant d'ête aussi péremptoire. Ouf ! il y a quelques "humains" qui réagissent aussi.

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