Véronique Courjault et son mari Jean-Louis © TF1-LCIVéronique Courjault sera-t-elle donner des explications à ses gestes ? Poursuivie pour triple infanticides, son procès s'est ouvert mardi matin devant la cour d'assises de Tours. En arrivant au palais de justice, son mari, Jean-Louis, 42 ans, a redit qu'il lui conservait tout son amour, malgré la gravité des actes. La découverte le 23 juillet 2006 par ce dernier de deux bébés dans le congélateur de leur maison à Séoul avait été le point de départ de ce fait divers qui a marqué tant les Français que les Coréens. N'envisageant pas une seconde qu'ils puissent s'agir de ses enfants, Jean-Louis Courjault avait aussitôt alerté la police locale. Après un interrogatoire et un prélèvement ADN, Jean-Louis Courjault avait été autorisé à rentrer en France pour retrouver, le temps des vacances, sa femme Véronique et ses deux garçons, alors âgés de 11 et 12 ans.
Bébés congelés : Véronique Courjault est libre
Condamnée en 2009 à huit ans de prison pour triple infanticide, Véronique courjault a retrouvé sa famille vendredi dernier, après avoir exécuté un peu moins de la moitié de sa peine.
Publié le 17/05/2010
Début août, après plusieurs analyses génétiques dont celles des cheveux de Véronique Courjault, les experts coréens les désignent comme étant les parents des bébés. Par voie diplomatique la justice française est saisie et une enquête préliminaire est ouverte par le parquet de Tours. Le couple nie, crie au complot décide de rester en France. Ils donnent une conférence de presse sous la pression médiatique et se prêtent de nouveau à des tests ADN. Le 10 octobre 2006, les résultats confirment les analyses sud-coréennes. Les Courjault sont placés en garde à vue.
Aveux de la mère, non-lieu pour le père
Au terme d'une nuit d'interrogatoire, Véronique Courjault avoue les deux infanticides par strangulation en septembre 2002 et décembre 2003 ( une autopsie révèlera par la suite que les nourrissons ont été asphyxiés ). Puis elle en révèle un troisième. En 1999, alors que le couple résidait en Charente-Maritime, à Villeneuve-la-Comtesse, elle accouche et étrangle le bébé, puis le laisse une journée dans un placard avant de le brûler dans la cheminée. Elle affirme que son mari n'a jamais rien su. Le 12 octobre 2006 elle est mise en examen et incarcérée pour « assassinats » à Orléans. Jean-Louis Courjault qui dément lui aussi formellement avoir été au courant de ces grossesses est mis en examen pour « complicité d'assassinats » mais laissé en liberté.
Le 12 mars 2008, au terme de l'instruction, le juge chargé du dossier décide de renvoyer Véronique Courjault devant la cour d'assises et ordonne un non-lieu pour son mari, conformément aux réquisitions du parquet qui considère que Jean-Louis Courjault ne s'est effectivement pas rendu compte que sa femme était enceinte. Le 19 mars la procureure générale de la Cour d'appel d'Orléans fait appel de l'ordonnance de non-lieu. Le 29 mai la chambre de l'instruction ordonne « un supplément d'informations » et procède à de nouvelles investigations. Le 23 janvier 2009 le non-lieu est confirmé mettant définitivement hors de cause Jean-Louis Courjault.
Le déni de grossesse au coeur du procès
La question du déni de grossesse occupera vraisemblablement une grande partie des débats. Durant ses interrogatoires successifs, Véronique Courjault a évoqué les faits avec confusion sans être capable d'expliquer ses motivations. Mère aimante et attentionnée pour ses deux fils de 12 et 11 ans, elle suscite l'incompréhension de son entourage qui malgré tout lui apporte un soutien sans faille. Pour eux elle est victime d'un déni de grossesse. Mais les experts psychiatres qui l'ont examiné se divisent sur cette question.
Le premier collège d'experts estime ainsi que Véronique Courjault a «une personnalité franchement pathologique» et lui attribue un «pouvoir de dissimulation extrêmement fort ». Pouvoir de dissimulation qui lui a permis de tromper tout son entourage, même sa belle-sœur qui est médecin. Un second collège d'experts nuance un peu plus : "Véronique Courjault n'était pas atteinte au moment des faits d'un trouble ayant aboli le contrôle de ses actes, mais les distorsions dans son rapport à la réalité peuvent avoir altéré son discernement". Selon le code pénal, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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