La parole aux experts

le 15 juin 2009 à 10h47 , mis à jour le 15 juin 2009 à 11h03

Le procès de Véronique Courjault entre lundi dans une phase cruciale avec l'audition de psychologues et psychiatres et l'ouverture du débat sur le "déni de grossesse".

L'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006. TF1/LCIL'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006 © TF1/LCI

Après quatre jours consacrés à l'étude des faits et aux témoignages des proches, le procès de Véronique Courjault, poursuivie pour trois infanticides devant les assises d'Indre-et-Loire, entre cette semaine dans une nouvelle phase. La question du "deni de grossesse" devrait être au centre des débats désormais. L'expression n'a pas encore été employée depuis le début du procès. Pourtant, Véronique Courjault, 41 ans, petite femme brune, très amaigrie, symbolise aujourd'hui le mystère du déni de grossesse, largement évoqué au début de l'affaire.

"Dans un procès, il y a deux lectures. On vient de juger les faits basiques, criminels, maintenant on va parler du problème de fond, de l'aspect psychologique et psychiatrique", explique Me Marc Morin, avocat des parties  civiles. Les débats s'annoncent serrés entre l'accusation et la défense, et les déclarations à la barre des experts-psychologues et experts-psychiatres qui ont rencontré l'accusée durant l'instruction pourraient être déterminantes. "Un accusé n'a pas toutes les clefs. Les prochaines journées seront importantes. On aura peut-être des clefs", souligne Me Morin.

"Le cas de Mme Courjault ne se résume pas à cette notion" de déni de grossesse, tempère toutefois Me Hélène Delhommais, un des conseils de l'accusée.  "Il faut juger cette femme en fonction de sa personnalité, de ce qu'elle a fait", ajoute l'avocate. Les faits justement ont été largement abordés lors de la première semaine du procès. Le président de la cour Georges Domergue s'est attaché longuement au côté criminel et judiciaire de l'affaire, confrontant à plusieurs reprises l'accusée à ses déclarations durant l'instruction et au procès.

"Deux Véronique"

Véronique Courjault a reconnu que les faits étaient "monstrueux et inexplicables",  mais elle a affirmé "n'avoir pas prévu de donner la mort aux enfants" contrairement à ce qu'elle avait dit pendant l'instruction, lui a fait remarquer le président. "Ma réflexion a évolué. Je me sens acculée. C'est pas l'instruction, c'est  un jugement", a réagi l'accusée, dont l'un des avocat, Me Leclerc, a évoqué  "deux Véronique". "Elle essaie comme nous de comprendre et c'est dur de  comprendre", a expliqué à la cour Me Leclerc, qui a eu de vifs échanges avec le président.
"J'ai eu conscience à un moment d'être enceinte. Cet état m'a échappé", a  aussi affirmé l'accusée, qui a connu des journées éprouvantes mais a toujours fait des efforts pour tenter de répondre aux questions, parfois en larmes, sur le point de craquer, parfois avec une certaine colère.  

Les quatre premiers jours du procès ont par ailleurs montré une famille et des amis solidaires derrière l'accusée : "une bonne maman, une bonne épouse et une bonne amie", une femme "discrète, réservée" avec laquelle ils échangeront de nombreux sourires durant leurs dépositions. Tous ont dit ne pas s'être aperçus que "Véro" était enceinte. Le mari, Jean-Louis Courjault, a lui aussi plaidé en faveur de sa femme,  qu'ila constamment soutenue par des regards et des sourires. "Je veux confirmer  le soutien à ma femme, tout l'amour que je lui porte. Pendant la reconstruction,  je serai là", a-t-il déclaré, demandant à la cour "d'aller au-delà de la réflexion logique, cartésienne". Le procès doit s'achever le 17 juin. Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

le 15 juin 2009 à 10:47
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14 Commentaires

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  • Sans, le 16/06/2009 à 20h31

    Nagaido : Votre pensée me parait fort simple. Pour vous les personnes criminelles qui laissent libre cours à leurs pulsions et sont sous l'influence totale de leur " ça " méritent seulement d'être soignées. Il parait donc logique, selon votre raisonnement, de libérer un grand nombre de pédophiles et de criminels qui ont agit eux aussi par pulsions.

  • Ngaido, le 16/06/2009 à 16h42

    Je pense que Veronique courjault à juste besoin d'etre soigné. Dans sa vie psychique, prédomine la dominance du CA (l'inconscience) sur le MOI (conscience) qui se manifeste par une dévience sur le SUR MOI(la socièté).

  • Sans, le 15/06/2009 à 21h01

    Nous pouvons toutes tomber enceinte involontairement. J'arrive facilement à comprendre que des femmes puissent avoir un déni de ce qui se joue dans leur ventre. A la naissance les femmes souffrant de ce déni réagissent ... Elles comprennent la situation et acceptent ou rejettent leur bébé... Mme Courjault rejetant ses 3 bébés sortis de son corps a décidé de les tuer, et là pour moi ce n'est plus un déni, c'est un acte volontaire. Elle a utilisé ses mains pour arriver à ses fins, elle a posé un tissu sur leurs 3 petits nez et petites bouches afin qu'ils disparaissent de sa vie. Ils ont du gigoter et souffrir ... Ces 3 assassinats après l'accouchement ont demandé des gestes réfléchis. Etouffer un nourrisson n'est pas un réflexe. ... Est-ce qu'un tel acte est à la portée de toutes ?

  • Jay, le 15/06/2009 à 18h05

    Tous les dénies ne finissent pas dans un congelateur!!!

  • Denis76, le 15/06/2009 à 17h15

    Personne ne peux la juger son mari et ses proches lui font confience donc moi je crois au deni qu'elle a pu avoir....cela peux arriver a n'importe quelle femme dans la vie ne jugeons pas......cette femme et toutes ces femmes a qui cela arrivent...

  • Mamienou, le 15/06/2009 à 17h12

    Là, je sens qu'on va atteindre des sommets; il est vrai que tuer 3 enfants mérite qu'on se penche avec sérieux sur les états d'âme de cette dame. Enfin, c'est la loi!

  • Missol, le 15/06/2009 à 15h48

    Et de les garder dans le congélateur, elle comptait en faire quoi ? Ca lui a bien trotter dans la tête tout de même ? On fait la morale aux jeunes filles pour ne pas qu'elles tombent enceinte, mais à une femme qui ne voudrait pas d'enfants ou plus on ne lui dit pas de ne pas tomber enceinte. ca me révolte, des couples stériles doivent être anéanti quand ils entendent ces " denis de grossesses".

  • Miss Pie, le 15/06/2009 à 14h42

    Il serait intéressant de connaitre le sexe des 3 défunts nouveau-nés, peut-être que ses actes peuvent-ils être expliqués. Je suis d'accord avec Julie, 1 déni ok mais 3 surtout une femme de cet âge avec 2 précédentes grossesses menées à terme, elle se moque de nous !

  • Bea, le 15/06/2009 à 14h17

    ISA non ca ne peut pas arriver a tout le monde , certes le deni de grossesse peut arriver a n importe qui , mais c est le geste qui suit qui n est pas pardonnable , si je devais accoucher d un enfant que je voulais pas je n irais pas le tuer , la ddass ca existe c est pas pour rien ...

  • Mam04, le 15/06/2009 à 14h10

    Intolérent !!! Renverser un gosse qui traverse à toute vitesse, ça peut arriver à n'importe qui ! Tuer TROIS nouveaux nés et ensuite les congeler ou les bruler, j'espère de tout coeur que ça n'arrive pas à tout le monde quand même !

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