Musée Picasso à Paris © LCI"Ce carnet de croquis ne me paraît pas avoir une valeur marchande au sens de pouvoir être aisément vendu. Il s'agit de croquis au crayon sur une trentaine de pages, des années 1920", a déclaré Christine Albanel au cours d'un point de presse au musée où elle s'est rendue en milieu de journée suite au vol d'un carnet de dessins de Picasso. "Tout le monde estime que ça a surtout une valeur scientifique et les chiffres qui ont été avancés nous paraissent exagérés. Je ne suis pas une spécialiste, mais je pense que ça se situe plus autour de trois millions d'euros que de huit millions d'euros", a poursuivi la ministre de la Culture.
L'information du vol de ce carnet avait été révélée mardi par LCI.fr. L'estimation de huit millions d'euros avait été avancée par une source proche de l'enquête. Anne Baldassari, la directrice du musée Picasso, qui venait de s'entretenir avec la ministre, a également estimé que "ce carnet ne devrait pas dépasser les trois millions d'euros".
Mme Albanel a par ailleurs affirmé ne pas croire que le vol "ait eu lieu en plein jour". "Rien ne doit être exclu. Il y a plusieurs possibilités, y compris que (le carnet) soit quelque part dans le musée, ça arrive parfois (...) On retrouve très souvent et parfois très vite des objets d'art", a-t-elle dit. "Il peut y avoir eu un vol, il peut y avoir une commande, ça paraît improbable, un acte de malveillance...", a-t-elle estimé.
Une vitrine "obsolète mais extrêmement solide"
La ministre s'est rendue dans la salle où était conservé le carnet. "Je viens de voir la vitrine en question, il s'agit d'une vitrine ancienne (...) Elle doit marcher normalement avec deux serrures. Là il y avait une, c'est une forme de serrure amovible, assez compliquée à reproduire", a-t-elle indiqué. Selon Mme Albanel la vitrine très lourde ne peut pas être ouverte "comme ça avec les mains, il faut visiblement un instrument". "Tous les spécialistes sont sur place, en particulier la Brigade de répression du trafic d'oeuvres d'art", a-t-elle souligné.
Rejetant les critiques sur d'éventuelles défaillances dans le système de sécurité du musée, Anne Baldassari a estimé pour sa part que "le Musée Picasso est aussi bien protégé que n'importe quel musée en France". Elle a qualifié d'"obsolète, mais extrêmement solide" le type de vitrine dans laquelle le carnet était conservé. Excluant "a priori un vol sur commande", la directrice du musée a estimé que le vol nécessitait "soit de l'inconscience, soit une certaine habitude".
Interrogée sur d'éventuelles complicités à l'intérieur de l'établissement, elle a rappelé que celui-ci était ouvert depuis 1985, ce qui suppose beaucoup de passage. Le carnet dérobé contient "des petits croquis à caractère intime", notamment pour 1917 des dessins d'Olga Koklova à Barcelone, qui permettent "de suivre le processus de travail de l'artiste", a précisé Anne Baldassari.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





