© AFP/Jacques DemarthonLe déplacement contre son gré du procureur général de Riom (Puy-de-Dôme) à la Cour de cassation, sans motif disciplinaire mais de la seule initiative du ministère, a été officialisé par un décret publié mercredi au Journal officiel. Il mentionne un avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) mais les deux principaux syndicats de magistrats assurent que cet avis n'existe pas et menacent le ministère de procédures judiciaires, parlant de "crise institutionnelle".
Lors d'une réunion tenue le 4 juin au CSM, Rachida Dati, qui a cédé sa place de ministre de la Justice mardi à Michèle Alliot-Marie, avait annoncé que le projet de mutation de Marc Robert était retiré de l'ordre du jour, racontent l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (gauche). Les deux syndicats, qui disposent de représentants au CSM, ont donc demandé à Michèle Alliot-Marie la communication sous 48 heures du procès-verbal de la réunion, disant espérer qu'il "mentionne la réalité des débats". Si tel n'était pas le cas, cela conduirait à une grave crise institutionnelle qui refléterait un parquet totalement asservi à la volonté de l'exécutif et un CSM bafoué dans son fonctionnement constitutionnel", disent les deux syndicats dans un communiqué. Selon eux, Marc Robert fait l'objet d'une vindicte politique car il s'est disputé en septembre 2008 avec Rachida Dati lors d'une réunion et a manifesté publiquement son opposition au projet de suppression du juge d'instruction. Le ministère n'a fait aucun commentaire.
"Esprit de dialogue"
La nouvelle ministre de la Justice a effectué jeudi sa première visite officielle au palais de justice de Paris où elle a mis en avant son "esprit de dialogue" avec les magistrats, une manière de se distinguer de sa prédécesseure Rachida Dati. "L'esprit de dialogue fondera la méthode que j'ai l'intention de mettre en place", a affirmé la garde des Sceaux lors d'une rencontre avec des magistrats. "Je suis là pour vous écouter, vous rencontrer" et aussi mener des "réalisations concrètes", a-t-elle insisté. Accompagnée de son secrétaire d'Etat, Jean-Marie Bockel, la garde des Sceaux a mis en avant l'état de certains bâtiments "pas à la hauteur d'une justice moderne" et pris "l'engagement de transformer tout ceci". Michèle Alliot-Marie a rappelé le projet de construction d'un nouveau palais de justice dans le quartier parisien des Batignolles (XVIIe).
Elle a évoqué "le problème des heures supplémentaires non réglées. Nous allons parler de tout cela". "Il est important de rétablir une véritable relation de confiance entre les citoyens et ceux qui incarnent la justice", qui "ont besoin d'être reconnus", a-t-elle insisté. L'ex-garde des Sceaux Rachida Dati s'était attirée une avalanche de critiques de la part des représentants de syndicats qui lui ont constamment reproché son manque de concertation. Michèle Alliot-Marie a choisi le palais de justice de Paris comme lieu de sa première sortie officielle. Elle a visité la section de permanence du parquet chargée des flagrants délits.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





