Le TER impliqué dans la collision à Allinges © LCI 
> Une reconstitution sous haute surveillance
A peine entamée, la reconstitution, débutée mardi matin à Allinges, de la collision entre un TER et un car, qui avait coûté la vie à sept collégiens en juin 2008, a confirmé au moins une chose : le train, lancé à une vitesse réglementaire de 93 km/h, ne pouvait pas pu s'arrêter à temps.
Ces constatations ont été faites lors d'une matinée consacrée à la marche du TER, aux commandes duquel avait pris place le conducteur présent le jour du drame. L'après-midi, plus attendue, devait être consacrée aux manoeuvres du chauffeur du car, également présent, mis en examen pour "homicides involontaires", qui n'était pas parvenu à s'extraire du passage le jour du drame.
Le 2 juin 2008, un TER assurant la liaison entre Evian-les-Bains (Haute-Savoie) et Genève avait percuté un car scolaire sur un passage à niveau, tuant sept adolescents, âgés de 11 à 13 ans, et faisant 25 blessés. Le conducteur du train avait bien aperçu le bus en sortant d'un virage 125 mètres avant, actionnant immédiatement son freinage d'urgence. Mais il avait percuté le véhicule à une vitesse évaluée au minimum à 80 km/h, a expliqué le procureur de la République d'Annecy. Prenant en compte ces éléments, "vous ne pouvez pas arrêter le TER avant le passage à niveau", a-t-il souligné.
Car rempli de sable
Venue assister à la reconstitution aux côtés de 80 membres des familles des victimes, la mère de Benoît, 13 ans et demi, un des sept collégiens décédés, confirme : "quand on voit l'allure du train, même en freinage d'urgence, on se dit qu'ils n'avaient aucune chance, malheureusement".
La reconstitution, à laquelle assistaient également deux juges d'instruction d'Annecy, avocats, et experts, a mobilisé un important dispositif de sécurité comprenant 137 gendarmes. Un périmètre de sécurité a été mis en place un kilomètre avant le passage à niveau, interdit de survol, toutes les mesures ayant été mises en place pour reproduire les circonstances exactes de la collision du 2 juin 2008. Le car utilisé mardi après-midi sera en tout point identique à celui de l'accident, du sable devant être utilisé pour reproduire à l'identique son poids au moment de l'accident et les rails devant être arrosés car il pleuvait ce jour-là.
Une "erreur de conduite" du chauffeur de car, disent les parties civiles
La reconstitution a mis en lumière mardi après-midi une "erreur de conduite" probable du chauffeur du car, ont affirmé les parties civiles. "Ce que nous avons vu est que la part de responsabilité du chauffeur", mis en examen pour "homicides involontaires" "est très très importante", a déclaré aux journalistes un porte-parole des familles des victimes, David Héraclide. "Il est aussi fort probable que ne voulant pas abîmer son car, il a ralenti beaucoup trop. Il a fait une vraie erreur de conduite", a-t-il poursuivi après avoir assisté à la reconstitution en présence du chauffeur de car, repositionné avec un véhicule de même modèle sur le passage à niveau au moment du choc.
De son côté, le procureur de la République d'Annecy, Philippe Drouet a souligné qu'il était prématuré de dire si la responsabilité du chauffeur, qui a participé à la reconstitution, pouvait être ou non "clairement engagée". La reconstitution, "va donner lieu à un travail d'analyses et on en tirera des conclusions" ensuite, a-t-il ajouté. "Je n'ai pas le sentiment que le chauffeur de bus doit être désigné comme l'unique responsable de ce qui s'est passé", a également assuré le magistrat. Selon lui, la reconstitution a aussi montré que ce "passage à niveau, difficile à franchir notamment pour des véhicules lourds, demande des manoeuvres, qui ne sont pas particulièrement aisées".
(D'après agence)
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