Dominique Sopo, président de SOS Racisme © LCILe président de SOS Racisme et plusieurs membres de l'organisation étaient entendus mardi à la brigade financière de Paris dans le cadre de l'affaire Dray, ont indiqué des sources policière et judiciaire. La garde à vue de Dominique Sopo et de cinq de ses collègues de l'association antiraciste, qui s'est faite sur convocation, a débuté dans la matinée. "On leur demande comment SOS Racisme est financé et où va l'argent", a précisé une source policière. Leur garde à vue est susceptible de durer 48 heures. Une perquisition était également "en cours" mardi en fin de journée au siège de SOS Racisme, situé avenue de Flandre (XIXe arrondissement). Selon Le Parisien, des documents comptables auraient notamment été saisis.
Les policiers enquêtent, sous la direction du parquet de Paris, sur de mouvements de fonds suspects décelés sur des comptes bancaires du député (PS) de l'Essonne par la cellule antiblanchiment de Bercy, Tracfin. Ils soupçonnent l'élu socialiste, âgé de 54 ans, d'avoir bénéficié, par l'intermédiaire de proches collaborateurs, de fonds issus de comptes de l'association Les Parrains de SOS Racisme et de l'organisation lycéenne Fidl, depuis janvier 2006. Julien Dray, qui est un des co-fondateurs de SOS Racisme et de la Fidl, aurait bénéficié d'une partie d'une somme estimée à 351.027 euros. Depuis l'ouverture de cette enquête le 10 décembre pour "abus de confiance", plusieurs membres de SOS Racisme, notamment du département de l'Essonne, ont été entendus par la police.
"Démenti formel"
Outre les liens historiques qui unissent Julien Dray à l'association, celle-ci a employé ses deux plus proches collaborateurs par lesquels aurait transité une partie des sommes. Selon plusieurs sources proches de l'enquête, d'autres auditions pourraient être menées "prochainement", les enquêteurs ayant attendu la fin de la campagne des élections européennes pour entendre les principaux protagonistes de l'affaire, éventuellement sous le régime de la garde à vue.
Julien Dray, qui a demandé à plusieurs reprises de pouvoir s'expliquer devant les policiers et d'avoir accès aux éléments de l'enquête pour se défendre, a réagi à ces gardes à vue par la voix d'une de ses avocates. Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France "entend apporter un démenti formel aux affirmations inacceptables et radicalement contraires à la vérité consistant à faire accroire que ce dernier aurait perçu des dons de l'association SOS Racisme ou de la Fidl", a indiqué Me Florence Gaudillière dans un communiqué. "A cet égard, il est sidérant de constater que depuis maintenant six mois les autorités judiciaires et policières alimentent de manière hebdomadaire la presse d'informations tronquées de nature à entretenir une suspicion nauséabonde", a-t-elle déploré.
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