L'épouse Courjault à Tours le 22 août 2006 © TF1/LCI 
> Le frère de Véronique Courjault témoigne
La parole était donnée aux experts psychologues, lundi, au sixième jour du procès de Véronique Courjault, qui comparaît pour triple infanticides devant la cour d'assises d'Indre-et-Loire. D'entrée, ces derniers ont exposé leurs conclusions divergentes. Si Simone Lamiraud-Laudinet et Fulbert Jadech sont d'accord pour décrire "une femme comme Madame tout le monde, discrète, intelligente, ambivalente, marquée par son enfance, ne souffrant pas de pathologie névrotique", l'experte parle elle de "dénégation", et son collègue de "déni de grossesse". "Nous sommes dans la dénégation. Elle sait mais elle refuse cette réalité sans tenir compte des conséquences. L'accusée savait qu'elle était enceinte", déclare Simone Lamiraud-Laudinet. "Elle dit je sais, je ne sais pas. Elle est là, elle n'est pas là. L'accusée n'est pas consciente d'être vraiment enceinte", déclare de son côté Fulbert Jadech.
Pour une troisième experte-psychologue Katy Lorenzo-Regrendy, l'accusée est "à ranger entre la névrose et la psychose". Michel Dubec, expert-psychologue, lui insiste sur "la non-préméditation car elle n'a pas préparé l'accouchement". Mais tous les experts sont d'accord pour dire que Véronique Courjault est "réadaptable" avec des soins. "C'est une affaire compliquée, un cas difficile. La meilleure preuve est que les psychologues peuvent avoir des avis différents", déclare Me Henri Leclerc, un des conseils de Mme Courjault. L'avocat indiquera "ne pas avoir l'intention de demander l'acquittement".
"Fort possible" que les enfants soient morts avant de naître
Appelé ensuite à la barre par la défense, le gynécologue-obstétricien Israel Nisand caractérise le déni de grossesse par une grossesse "qui se développe à l'insu de la femme". "Cette dernière ne parvient pas à formuler l'existence d'un enfant. Elle refoule. Le déni est une pathologie" explique-t-il. Puis l'obstétricien glisse aussi qu'il est "fort possible" que les enfants soient morts à la naissance. Quand une femme accouche seule, explique-t-il, "elle a une grande probabilité de faire des manoeuvres qui mettent le bébé dans un tel état qu'il n'y a pas besoin de grand chose pour qu'ils meurent seuls".
Suite à ces dernières déclarations, la cour a décidé mardi matin de nommer un gynécologue-obstétricien pour étudier le dossier Courjault. En attendant, ce sont les experts psychiatres qui défileront à la barre ce mardi, pour des auditions qui s'annoncent plus délicates pour Véronique Courjault. Ces derniers en effet réfutent le "déni de grossesse" dans leurs rapports, soulignant que l'accusée "était consciente de son état".
Verdict repoussé d'un jour
A la demande de la Défense, la fin du procès, prévue initialement mercredi, a été repoussée à jeudi, a-t-on par ailleurs appris ce matin. "L'objectif est que chacun puisse s'exprimer, présenter librement ses arguments. Le réquisitoire de l'avocat général aura lieu mercredi après-midi, et les plaidoiries de la défense jeudi matin, suivies du délibéré", a annoncé mardi le président de la cour Georges Domergue, en ouverture de la sixième journée du procès.
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