Qui est Véronique Courjault, la mère des bébés congelés, qui a reconnu avoir tué trois de ses nouveaux nés ? Enquête. © eTF1"Notre fille n'est pas le monstre trop souvent dépeint." Au troisième jour du procès de Véronique Courjault, sa famille, à commencer par ses parents, unie depuis le début de l'affaire, s'est une nouvelle fois montrée solidaire jeudi, défendant "une bonne mère et épouse". "Je veux confirmer le soutien à ma femme, qui a beaucoup souffert, tout l'amour que je lui porte. Pendant la reconstruction, je serai là", a tenu à déclarer Jean-Louis Courjault avant de retrouver, durant une interruption de séance, son épouse dans l'enceinte du palais pendant quelques minutes.
Des sourires, il y en aura d'échangés toute la journée, mais également des pleurs lors des auditions des soeurs et du frère de Mme Courjault, sixième d'une fratrie de sept enfants. Tous en entrant dans la salle, les uns après les autres, se tournent vers le box pour trouver le regard de l'accusée. Ils se sourient, avant de pleurer. "C'est une mère qui s'occupe bien des enfants, rigole avec eux", témoigne Jocelyne, la demi-soeur, l'aînée. "Une femme qui aime son mari", ajoutent Martine, autre soeur, et Thierry, un des deux frères. "Une belle personne", sur-renchérit Nathalie. En pleurs, au cours de leurs dépositions, ils se tournent souvent vers "Véro", qu'ils décrivent "peu expansive, discrète, gentille, pensant plus aux autres qu'à elle-même", et regrettent de n'avoir pas été "plus proches" de leur soeur.
Un mari "égoïste"
S'ils dressent un portrait positif de Véronique, en revanche, ils écornent l'image du mari, présenté comme "égoïste, pas attentionné" à l'égard de sa femme. Une épouse "qu'il ne voyait pas", déplore Jocelyne. Ils se demandent même si "Véro" était vraiment "heureuse". Tous parlent ensuite avec émotion de leurs parents, "secrets" (ils apprendront l'arrivée de Lydie, la dernière soeur, le jour de sa naissance à l'hôpital) et d'une famille où "les sentiments ne se montrent pas".
Un peu plus tôt, encouragée par le président à se montrer sincère dans ses réponses, Véronique Courjault élève la voix : "J'ai aussi un coeur. La mise en lumière de ces découvertes a été terrible pour moi. J'ai été en état de choc face à la réalité que je n'avais jamais voulu voir". Son mari ne la quitte pratiquement pas des yeux. Regard d'amour. Appelé à la barre, il demande à la cour "d'aller au-delà de la réflexion logique, cartésienne", de sortir du plan purement judiciaire et criminel dans lequel le président place le procès depuis son début. "Le livre s'est ouvert et Véronique a constaté les dégâts", lâche le mari, au bord des larmes devant sa femme en pleurs.
Les débats doivent se poursuivre vendredi avec l'audition de témoins. Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès, où l'expression "déni de grossesse" n'a toujours pas été prononcé, devrait durer jusqu'au 17 juin.
(D'après agence)
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