Parents empoisonnés : le chirurgien acquitté en appel

le 26 juin 2009 à 14h29 , mis à jour le 26 juin 2009 à 14h40

Le praticien de Saint-Etienne (Loire), accusé d'avoir tué ses parents en 1999, avait été condamné en première instance à 25 ans de prison.

assises cour justice

Un chirurgien de Saint-Etienne, accusé d'avoir empoisonné ses parents en 1999 en leur injectant un anesthésiant contenant du curare et qui avait été condamné en première instance à 25 ans de réclusion criminelle, a été acquitté jeudi soir en appel à Lyon.
 
Après près de cinq heures de délibéré, les jurés de la cour d'assises d'appel du Rhône ont acquitté l'accusé, poursuivi pour "empoisonnement d'ascendants". A l'annonce du verdict, l'acquitté "s'est effondré en pleurs, submergé par l'émotion", a affirmé l'une de ses avocats. "Après la condamnation en première instance à 25 ans de réclusion criminelle de mon client, ce deuxième procès n'était pas du tout gagné d'avance, il y avait une telle tension nerveuse", a souligné l'avocate.

"Suicide d'un commun accord"
 
"Je n'ai pas l'ombre d'un doute sur la culpabilité de Jean-Paul Gournier", avait pourtant déclaré plus tôt dans la journée l'avocate générale, en requérant 25 ans de réclusion criminelle à son encontre. Elle avait ironisé sur le changement stratégique d'attitude de l'accusé depuis son premier procès, pour lequel elle représentait déjà le ministère public. "Nous avions un Jean-Paul Gournier arrogant", qui, en notable jugé dans sa ville de Saint-Etienne, "profitait des suspensions d'audience pour serrer des mains", parmi un public "acquis" à sa cause, et qui "n'avait pas un mot de compassion pour ses parents", avait-elle rappelé. Aujourd'hui, "nous avons un Jean-Paul Gournier larmoyant. Mais le fond du dossier reste le même", avait-elle ajouté, s'attachant à démonter la thèse d'un "suicide d'un commun accord" du couple, défendue par l'accusé, qui, selon elle, voulait toucher en avance l'héritage de ses parents, âgés de 74 et 82 ans, afin de combler des dettes.

"Orgueil démesuré"
 
Dans son réquisitoire, l'avocate générale a démonté les incohérences de l'accusé, homme à "l'orgueil démesuré", qui affirmait que sa mère avait eu le temps de se débarrasser de la seringue de poison avant de céder à la paralysie entraînée par du tracrium, un anesthésiant contenant du curare. Elle a décrit la "mise en scène" du docteur Gournier qui, après avoir injecté selon elle une dose mortelle à son père et à sa mère, a quitté les lieux en laissant le gaz ouvert pour faire croire à un suicide, sans savoir que la bouteille était vide. "Mon père et ma mère étaient d'accord (pour se suicider). Cette histoire d'amour a fini dans le drame", a quant à lui assuré avant le réquisitoire le docteur Gournier, 49 ans, la voix brièvement teintée d'émotion après avoir livré une longue litanie d'expert scientifique sur les effets du curare.

(D'après agence)

le 26 juin 2009 à 14:29
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4 Commentaires

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  • Moi, le 27/06/2009 à 20h11

    Je ne sais si le procureur a raison; je sais seulement que c'est possible.

  • Wouah, le 26/06/2009 à 22h22

    Comme il est dit dans l'article, il faut être notable pour qu'il reçoive autant d'indulgence. L'avocat général et /ou le Procureur n'ont pas été à la hauteur. C'est une vraie horreur. Si ces pauvres gens avaient voulu effectivement se suicider en amoureux, ils s'y seraient pris autrement, et normalement s'en mettre en danger leur fils ayant un tel prestigeprofessionnel !!!!!! . Hum ! Hum ! A méditer

  • Rainman, le 26/06/2009 à 17h42

    Quelle horreur!

  • Rainman, le 26/06/2009 à 17h41

    Quelle horreur!

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