Villepin devra bien comparaître en correctionnelle

le 05 juin 2009 à 16h06 , mis à jour le 05 juin 2009 à 16h10

Le recours formé par l'ancien Premier ministre contre son renvoi dans l'affaire Clearstream a été rejeté par le Conseil d'Etat.

Dominique de Villepin Image d'archives © Abacapress.com

Le procès de Dominique de Villepin, soupçonné d'avoir participé à une machination visant à déstabiliser Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstream, doit se dérouler à Paris du 21 septembre au 21 octobre. Et plus rien, semble-t-il, ne s'oppose aujourd'hui à ce qu'il soit jugé en correctionnelle. Le Conseil d'Etat a rejeté vendredi le recours de l'ancien Premier ministre, qui contestait la régularité de son renvoi dans cette affaire. Une décision conforme à ce qu'avait recommandé le rapporteur public, magistrat chargé de dire le droit, lors de l'audience du 20 mai.

Dominique de Villepin contestait la validité de l'ordonnance des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons le renvoyant en correctionnelle notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Il accusait Nicolas Sarkozy, partie civile dans ce dossier, d'avoir influé sur la procédure judiciaire dans le but de "satisfaire ses intérêts personnels". Il visait surtout un décret du président de la République prolongeant le juge Pons dans ses fonctions au pôle financier de Paris pour clore le dossier Clearstream le 17 novembre, alors que le magistrat avait été nommé à Montpellier où il devait prendre ses fonctions le 3 novembre.

"Un véritable vide juridique"

Cependant, le Conseil d'Etat n'a vu là qu'une mesure qui "n'est pas étrangère à l'impératif de bonne administration du service public de la justice", estimant qu'elle n'est donc "pas de nature à caractériser un détournement de pouvoir". L'ancien Premier ministre affirmait également que ce décret n'avait pour but que de favoriser une instruction "partiale", mais le Conseil d'Etat a considéré "qu'aucun élément du dossier qui lui a été soumis ne permet d'étayer cet argument".

Pour l'avocat de Dominique de Villepin, Me Yves Richard, "si le Conseil d'Etat a considéré que la loi ne lui permet pas d'annuler le décret (...), il n'en a pas moins constaté officiellement que M. Sarkozy a pris ce décret dans le seul but d'influer sur l'instruction de cette affaire, dans laquelle il est partie civile. Cette décision laisse apparaître que le président de la République fait usage de ses pouvoirs d'influer sur le traitement des affaires qui l'intéressent à titre personnel et l'impuissance de notre système à prémunir la justice contre de telles dérives". L'avocat de l'ex-chef du gouvernement en conclut que "l'action en justice du président de la République à titre personnel s'exerce dans un véritable vide juridique et en l'absence de garde-fou".

D'après agence

le 05 juin 2009 à 16:06
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Joseph, le 05/06/2009 à 22h31

    Malheureusement,le procès ne nous dira pas la vérité car depuis 2 ans c'est net, la justice est aux ordres de sarkosy,rachida dati n'a t'elle pas agit en patronne des procureurs?alors. laissons faire le temps, car la vérité court plus vite,les mensonges ont, comme sarkosy, les jambes courtes,tôt ou tard elle le rattrape .

  • Mojorisin, le 05/06/2009 à 20h10

    S'il est blanchit des accusations portées à son encontre, j'en connais qui vont devoir creuser longtemps et profond... lol

  • Cancan, le 05/06/2009 à 19h36

    Ah quoi bon ? Puisque de toutes façons, malgré ses frasques, il n'ira pas en prison... Rien n'a changé depuis la monarchie... Les politiques seront toujours au dessus des lois......... Que l'on nous prouve le contraire...

  • Saturnin, le 05/06/2009 à 19h27

    C'est le procès de la magouille. Cela ne veut pas dire qu'aujourd'hui tout le monde il est beau...

  • Gerardclermont, le 05/06/2009 à 17h10

    Il aura tout essayer pour ne pas aller au tribunal ! Il a joué, il n'a pas gagné. Il n'est plus dans les petits papiers de la présidence comme il y a quelques années. Le procès nous dira s'il a agi en traitre

Lire tous les commentaires

      logAudience