© AFP PHOTO/BENOIT PEYRUCQDans le dossier de l'assassinat du jeune Ilan Halimi, les avocats des coaccusés de Youssouf Fofana ont dénoncé mardi le futur procès en appel comme étant "convoqué sur ordre politique" sous la pression des parties civiles. La défense a repris, lors d'une conférence de presse à Paris, les termes d'un texte rendu public vendredi qui demandait à la Chancellerie de retirer l'appel du parquet général contre les principaux coaccusés de Fofana, dans ce dossier vu comme emblématique de l'antisémitisme et de la violence en banlieue.
"Nous demandons au garde des Sceaux d'ordonner au parquet général de retirer son appel", a insisté Me Didier Seban. "Comment admettre qu'au moment où la cour se retirait pour délibérer, Me Francis Szpiner ait annoncé que, quel que soit le verdict, il obtiendrait du garde des Sceaux un appel ? Comment admettre que ce même avocat se soit targué pendant toute l'audience et lors de sa plaidoirie du fait qu'il ferait changer la loi, pour imposer une audience publique ?", a-t-il demandé en lisant la déclaration commune.
Un verdict jugé "exemplaire"
Francis Szpiner, qui fut candidat pour l'UMP aux élections législatives de 2002, a expliqué après le verdict qu'il souhaitait un appel car, selon lui, le procès à huis clos n'avait pas eu les vertus pédagogiques souhaitables et parce que les peines étaient trop clémentes. Il souhaite que le prochain procès soit public. Une proposition de loi en ce sens a été déposée le 8 juillet par le socialiste Jack Lang et par François Baroin, député UMP qui a travaillé dans le passé au cabinet d'avocats de Francis Szpiner, font remarquer les avocats de la défense. La réforme, si elle est adoptée, permettrait aux cours d'assises de choisir entre un procès public et le huis clos si des mineurs sont en cause. Actuellement, le huis clos est obligatoire s'il est demandé par la défense d'accusés mineurs lors des faits, ce qui est le cas de deux personnes dans le dossier Halimi.
Les avocats de la défense estiment que le pouvoir politique s'est ingéré dans le traitement d'un dossier judiciaire où, soulignent-ils, le magistrat de l'accusation au procès, Philippe Bilger, jugeait le verdict "exemplaire". Sur consigne de Michèle Alliot-Marie, le parquet général a fait appel pour 18 peines allant de six mois de prison avec sursis à 18 ans de réclusion, pour certaines conformes aux demandes de l'accusation à l'audience, inférieures d'un ou deux ans pour le reste et de cinq ans pour l'une d'entre elles. "La défense est indignée par la mainmise du pouvoir politique sur les décisions de justice", conclut la déclaration commune de la défense.
D'après agence
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