Explosion du nombre d'écoutes téléphoniques

Par Alexandra GUILLET (avec agences), le 28 juillet 2009 à 18h53 , mis à jour le 28 juillet 2009 à 21h39

Le nombre d'interceptions judiciaires a été multiplié par quatre en sept ans, représentant pas moins de 20% du budget de la Chancellerie selon une étude révélée par le Figaro.

[Expiré] téléphone téléphoner communication communiquer © SXC.HU
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secrétaire général du syndicat de la magistrature

 

Moins systématiques que dans d'autres pays d'Europe, les écoutes téléphoniques et autres interceptions de communications sur décision judiciaire ou administrative n'en sont pas moins en forte croissance en France, aux dépens du respect de la vie privée, selon une étude réalisée en 2008 par une chercheuse de l'école Télécom Management à Evry. Claudine Guerrier souligne ainsi qu'environ "20.000 écoutes téléphoniques" ont été réalisées en 2005, représentant "30% des interceptions globales" (mails, SMS et écoutes téléphoniques). "Aujourd'hui, on est presque à 100.000, en prenant en compte l'ensemble des interceptions", précise-t-elle. A l'origine de cette forte hausse : l'explosion des "interceptions judiciaires", effectuées à la demande des magistrats. Selon des chiffres confirmés par la Chancellerie, les seules écoutes téléphoniques sont passées de 5.845 en 2001 à 26.000 en 2008, soit une hausse de plus de 440% !

Plusieurs explications peuvent être données à cette explosion des demandes, explique sur LCI Radio Mathieu Bonduelle, juge d'instruction et secrétaire général du Syndicat de la magistrature : "l'évolution des technologies" et "les modifications apportées à la loi et qui augmentent les possibilités" (cliquez pour écouter l'interview en intégral).  Sans compter, précise le magistrat que "depuis plusieurs années, la tendance est à la généralisation  de la surveillance de la population, notament avec des caméras, et sans qu'il n'y ait aucun contrôle". Et de rappeler qu'"entre 2001 et 2007, le nombre de garde à vue a augmenté de 67%" et que le nombre de fichiers policiers est exponnentiel lui aussi avec "une cinquantaine de fichiers dont certains découverts récemment par des parlementaires!".

Un outil d'enquête qui reste moins utilisé que dans d'autres pays 

"L'interception est devenue un vrai outil d'enquête, pour lutter par exemple contre le trafic de drogue. Les magistrats se sont familiarisés avec ces outils", explique-t-on de source judiciaire, en précisant que les écoutes,  "réservées aux crimes et délits passibles d'au moins deux ans d'emprisonnement",  sont "encadrées par le code de procédure pénale". D'après le ministère de la Justice, cité dans le rapport, la France est l'un des pays européens qui pratique le moins d'interceptions judiciaires : quinze  fois moins que l'Italie, douze fois moins que les Pays-Bas et trois fois moins que l'Allemagne.

Concernant les "interceptions administratives", effectuées par les services  de renseignement sur demande des ministres de l'Intérieur, de la Défense ou du  Budget, la hausse est en revanche plus limitée. En 2008, 5.906 écoutes de ce  type ont ainsi été réalisées, "un chiffre stable depuis quatre ou cinq ans",  selon la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité  (CNCIS).

Des interceptions qui ont un coût

Dans son rapport, l'universitaire rappelle par ailleurs que les écoutes et autres interceptions de communication ont un coût pour les contribuables. Pour chaque interception effectuée sur ligne fixe, l'Etat doit ainsi reverser "467 euros hors taxe" aux opérateurs téléphoniques, au titre des frais engendrés par  "les études, l'ingéniérie, et le déploiement des systèmes demandés pour l'interception". En 2005, les dépenses d'interception du ministère de la Justice se sont  ainsi élevées à 92 millions d'euros, soit 20% des frais de justice, selon Claudine Guerrier. La création d'une plate-forme nationale d'interceptions judiciaires, regroupant l'ensemble des centres d'écoutes disséminés à travers la  France, devrait cependant permettre de réaliser à terme "45 millions d'euros d'économie", souligne-t-elle.

Par Alexandra GUILLET (avec agences) le 28 juillet 2009 à 18:53
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4 Commentaires

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  • Bouberau, le 29/07/2009 à 08h33

    ça vous derange moi je trouve normales de telles pratiques quand on respecte la vie privee tous les moyens sont bons pour faire eclater la verite dans bien des cas les surveillances telephoniques ont permis d'eclaircir des crimes des suicides des arnaques quand on veut être marginal il faut aussi être intelligent.

  • Mekieric, le 29/07/2009 à 07h10

    Il est tout à fait anormal que la justice doit payer pour avoir le droit de faire des réquisitions pour la manifestation de la justice cela s'appelle république bananière et elle enrichit les sociétés publiques et privées

  • Alain, le 29/07/2009 à 06h43

    Que l argent saisi aucours des oprtaions judiciares du territoire servent a payer les frais d ecoutes serait une bonne solution car ne n est pas à la majorite des contribables( qui eux se lèvent tot pour travailler paient leurs impots et font marcher l economie francaise ) qui doivent fopurnir les fonds.

  • Snakeyes92, le 28/07/2009 à 20h06

    La manifestation de vérité n'a pas d prix. Si la justice doit mettre des personnes sur écoute pour rendre des verdict sereint, ainsi soit il. Si ça peut aussi éviter se tromper entre a vicime et le mis en cause, c'estla même. Parceque parfois, la victime n'est autre que le réel mis en cause, encore faut il pouvoir le prouver.

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