Sarkozy devra attendre

le 08 juillet 2009 à 07h10 , mis à jour le 08 juillet 2009 à 07h14

Le juge surseoit à statuer sur l'action civile du chef de l'Etat, qui s'était constitué partie civile dans une affaire d'escroquerie où ses coordonnées bancaires avaient été détournées.

Nicolas Sarkozy

Le tribunal de Nanterre a décidé mardi de surseoir à statuer sur l'action civile de Nicolas Sarkozy, constitué partie civile dans une affaire de piratage bancaire, jusqu'à un délai d'un mois à compter de la cessation de ses fonctions. "Cela contribue à rendre confiance en la justice de notre pays", a déclaré Me Jean Ngafaounain, avocat d'Ama M'Bodji, principal prévenu.

Les avocats des prévenus avaient évoqué dans cette affaire l'ombre du président, qui avait demandé un euro pour son préjudice moral. Les trois principaux prévenus poursuivis dans ce dossier qualifié de "classique" par les enquêteurs avaient affirmé ne pas savoir que parmi leurs victimes figurait Nicolas Sarkozy. L'un d'eux, Bocar M'Boh, celui qui se procurait les coordonnées bancaires, avait reconnu avoir consulté son compte "par curiosité", mais ne plus se souvenir s'il les avait recopiées.

"Quel a été le rôle de Nicolas Sarkozy ?"

Pour l'un des avocats des prévenus, Me Pierre Degoul, "il est inédit de voir le président de la République se porter partie civile devant une juridiction répressive". Selon l'autre défenseur, Me Georges Parastatis, "il s'agissait pour le parquet de dire : vous avez vu, je suis un bon parquet, je vais très vite". Me Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, avait plaidé pour sa part : "Quel a été le rôle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire ? Comme des millions de Français qui consultent leurs relevés de banque, il a téléphoné au directeur de son agence bancaire, car il était surpris de voir des débits chez SFR alors qu'il n'y a souscrit aucun abonnement".

Au final, Ama M'Bodji, "cerveau de l"opération", a été condamné pour "escroquerie en bande organisée" à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. L'un des vendeurs en téléphonie a été relaxé, un autre a été condamné à six mois de prison avec sursis. La vendeuse de la boutique Orange, qualifiée de "maillon déterminant de ce trafic", a été relaxée du chef de bande organisée, mais condamnée pour escroquerie à douze mois de prison avec sursis. Les cinq autres prévenus de ce dossier ont été condamnés à des peines d'emprisonnement allant de huit mois avec sursis à dix-huit mois fermes.

Lors de l'audience, la procureure avait évoqué une "quasi-société commerciale créée de fait". Pour ouvrir des lignes, puis revendre les téléphones, les trois principaux accusés se procuraient des coordonnées bancaires via une société sous-traitante de Canal+, dans laquelle travaillait l'un d'eux, des numéros de carte bleue et de faux papiers. Ils fabriquaient ensuite de faux relevés d'identités bancaires sur Internet. Ama M'Bodji promettait de leur amener des clients et avait gagné la confiance des vendeurs, qui outrepassaient alors les règles préconisées par leurs employeurs pour les ouvertures de lignes.

D'après agence

le 08 juillet 2009 à 07:10
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6 Commentaires

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  • Jojo, le 10/07/2009 à 20h45

    Il va falloir revoir les copies M.S,des critiques,mais je crois que le bilan est triste,chômage en hausse ,violance urbaine en hausse,clando en hausse,délocalisation en hausse,pouvoir d'achat des ministre en hausse,endettement du pays en hausse,bouchon sur les routes en hausse,train de vie de l'etat en hausse,pollution en hausse,bon alors en dehors de ces connerie quel seront les actions bénéfiques et palpable pour le pays et les citoyens que va entreprendre se gouvernement?

  • Black-out, le 09/07/2009 à 09h32

    @corlieu: je pense que le ressenti des francais n'est pas sur la procdure en elle même, mais sur les moyens mis en place par rapport à la gravité du délit. Mais cela dit, c'est grâce a lui (en quelque sorte) que ce réseau a été démentelé.

  • Domi, le 08/07/2009 à 13h03

    A Corlieu de Bordeaux, l'emotion c'est de l'infantilisme, ne pas confondre sentiments et émotions, Laissez la justice faire son travail, qui vous a dit qu'il a le droit de se faire "escroquer. Ce n'est pas un citoyen ordinaire , un peu de lucidité.

  • DOMI, le 08/07/2009 à 09h39

    Rien à dire, beaucoup de bruit pour rien, des citoyens subissent ce genre de désagrement , ils suivent la voie classique de recours. A quoi sert ce genre d'informations, ?

  • Sharkalone, le 08/07/2009 à 09h24

    "Comme des millions de Français qui consultent leurs relevés de banque, il a téléphoné au directeur de son agence bancaire". Moi, quand je téléphone à ma banque, j'ai rarement le directeur en ligne...

  • Corlieu, le 08/07/2009 à 09h22

    On sombre dans le ridicule à force de vouloir être "clean". Alors comme il est président de la république on peut y aller, on peut l'escroquer et il n'a le droit de rien dire ? C'est ça la justice ? Allez-y les malfrats, tirez des sous sur son compte, pas d'autres comptes, hein, juste le sien ! Vous aurez jusqu'à un mois après la fin de son mandat c'est-à-dire juin ou juillet 2012, ou plus tard encore, en 2017, s'il a un deuxième mandat ! Waouh !! Grosso modo, quand on est Président de la République on n'a plus le droit d'être un citoyen, un humain surtout, avec des émotions, ni le droit à une réparation symbolique... Cela me choque.

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