Tribunal correctionnel de Paris © LCILe sénateur UMP de l'Isère Jean Faure comparaît depuis mercredi devant la cour d'assises de Paris où il est accusé d'avoir violé la fille d'une ancienne maîtresse, alors qu'elle était âgée de 6 à 11 ans. La cour, présidée par Anny Dauvillaire, a accédé à la demande de la partie civile et "ordonné que les débats aient lieu à huis clos". "Cette mesure est de droit", a-t-elle rappelé, puisque la plaignante était mineure au moment des faits.
L'affaire avait commencé en mars 2003 par une plainte déposée à la brigade des mineurs de Paris par une jeune femme de 22 ans, fille d'une ancienne proche du sénateur. Une instruction avait été ouverte. Jean Faure, alors sénateur de l'Isère et maire d'Autrans (1983-2008), avait été placé en garde à vue après autorisation du bureau du Sénat. Il savait immédiatement contesté les accusations, déposant plainte pour "dénonciation calomnieuse" devant le parquet de Paris. Selon lui, la mère de la plaignante lui devait de l'argent et aurait suggéré la plainte pour ne pas avoir à rembourser ses dettes.
"C'est un dossier où il n'y a rien"
De son côté, la jeune femme accuse le parlementaire aujourd'hui âgé de 72 ans de l'avoir contrainte à des fellations et d'avoir commis sur elle des attouchements entre 1986 et 1991. Entre 1986 et 1988, les faits se seraient produits à Paris. Confiée à sa grand-mère en Normandie, la fillette venait parfois retrouver sa mère dans le studio que Jean Faure lui louait dans le VIe arrondissement de la capitale. Selon la jeune femme, d'autres faits auraient eu lieu entre 1988 et 1991 à Courchevel, dans l'appartement où elle vivait avec sa mère et son nouveau concubin.
Elle ne se serait décidée à porter plainte qu'en 2003, parce que Jean Faure, qui s'était procuré son numéro de téléphone, venait alors de la recontacter. Selon l'accusation, deux experts ont estimé que sa version était crédible et cohérente. Jean Faure de son côté continuait mardi à clamer son innocence.
"Mon client proclame son innocence depuis le début de cette histoire", déclarait à l'AFP son avocat Me Hervé Lehman. "C'est un dossier où il n'y a rien, pas un élément matériel, seulement les déclarations de la partie civile", poursuivait-il, avant de dire: "C'est parole contre parole". Le verdict est attendu vendredi.
(D'après agence)
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