Ce que contient le rapport Léger

le 30 août 2009 à 15h01 , mis à jour le 30 août 2009 à 15h04

Après la remise du pré-rapport proposant la suppression du juge d'instruction, Rachida Dati a reçu la commission Léger pour une "réunion de travail".

Garde à vue juge d'instruction audition magistrat © TF1/LCI

Pour Michèle Alliot-Marie, la réforme de la procédure pénale est une "priorité" parmi les chantiers laissés inachevés par Rachida Dati, qui avait installé en octobre 2008 le comité de réflexion présidé par le haut magistrat Philippe Léger. Après de longs mois de travail, le fameux rapport Léger doit donc être remis ce mardi à Nicolas Sarkozy. Initialement annoncé en juin, il a été retardé en raison des élections européennes et du remaniement ministériel. Parmi les propositions, déclinées en 12 thèmes, figurent la disparition du juge d'instruction - que le président de la République avait lui-même annoncée en janvier - et une série de mesures visant à renforcer à la fois les droits de la défense et le pouvoir du procureur, appelé à devenir la seule autorité dirigeant l'enquête pénale.

A deux jours de cette remise au chef de l'Etat, le Journal du Dimanche affirme avoir eu accès au contenu intégral de ce rapport et en détaille les principaux points. Il n'a, apparemment, pas vraiment évolué par rapport aux dernières moutures qui étaient disponibles dès juin. Concernant le point le plus polémique, la disparition du juge d'instruction, le JDD cite une phrase qui semble sans appel : "Il cumule les fonctions d'un juge avec celles d'un enquêteur. En d'autres termes, il n'est pas totalement juge, et pas totalement enquêteur". Les pouvoirs d'enquête reviendraient donc intégralement aux procureurs. Mais sans la contrepartie d'une indépendance accrue du parquet, puisque le rapport, assure le JDD, est pour le maintien du lien hiérarchique avec le garde des Sceaux.

"Régression démocratique"

En revanche, le rapport prône la mise en place d'un "juge de l'enquête et des libertés", qui certes cèderait au procureur la direction des investigations mais qui serait tout de même "garant de la loyauté de l'enquête" et à qui il reviendrait de décider des actes "les plus attentatoires aux libertés", tels les perquisitions ou la mise sur écoute des suspects.

Outre ces points, les plus polémiques, le comité Léger fait des propositions concrètes pour mieux protéger les droits des victimes et simplifier les procédures : limitation des gardes à vue et accroissement du rôle de l'avocat durant cette période, temps de détention provisoire raccourci, dépénalisation de la violation du secret de l'instruction, renforcement la neutralité du président d'audience en matière pénale pour en faire un véritable arbitre, ou encore introduction en cour d'assises du "plaider coupable", mesure écourtant le procès et ouvrant la voie à une peine minorée qui n'existe pour l'instant qu'en correctionnelle.

Un bouleversement annoncé et déjà fustigé par les magistrats : il est qualifié de "régression démocratique" par Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats, puisque la disparition programmée du juge d'instruction ne s'accompagne pas d'un changement du statut des magistrats du parquet.

le 30 août 2009 à 15:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Steve TALLYNG, le 01/09/2009 à 20h30

    Il yavait plusieurs autre manière de contenir les pouvoirs du juge d'instruction.Il s'agit tout simplement d'une remise en cause du sacro-saint principe de la séparation des fonctions de justice répressive né après la révolution et découlant de l'idée chère à Montesquieu de la "limitation du pouvoir par le pouvoir".

  • Clod, le 01/09/2009 à 13h06

    Ce que veulent les français : que rien ne change mais que tout soit changé ! hélas ce rapport ne viendra-t-il pas, comme beaucoup, simplement servir à caler une bibliothèque de chêne massif ?

  • Christian, le 31/08/2009 à 15h59

    Si toutes les nouvelles loi depuis 10 ans avaient été faites "pour" les délinquants ça se saurait. Par contre donner tous les pouvoirs au Parquet (sous les ordres directs du ministère de la justice) c'est une atteinte sans précédent à la séparation des pouvoirs et à l'indépendance de la justice. Réforme "tout pour les politiques" et l'exécutif. ADIEU la Justice rendue au nom du peuple français. Bonjour la Justice rendue pour les gouvernants. retour à la justice du "prince"

  • JGH, le 31/08/2009 à 09h28

    Il est est extrêment rare qu'une victime soit mise en garde en vue, qui plus en détention provisoire ... Ces mesures concernent avant tout les personnes mise en cause et non leurs victimes dont , une fois de plus ,on se moque de leur sort ....

  • Antonio, le 31/08/2009 à 05h01

    Je trouve ce rapport un peu "léger" : il va dans le sens de l'insécurité, ce qui va ravir les citoyens. Prudents, les politiques seront assez motivés pour le remiser au fond d'un tiroir.

  • Dav, le 30/08/2009 à 22h39

    Détention provisoire raccourcie, limitation des gardes à vue.... A quand un centre de formation pour devenir criminel ou délinquant ???

  • Franck, le 30/08/2009 à 18h35

    La faute a qui ?? a la justice qui ne fait pas bien son travail et a la véritable négligences d'etudier les dossiers et les gens qui sont parfois de souffrir pour avoir gain de cause "affaire d'outreau" en est le plus bel exemple !messieurs les juges vous n'avez qu' a bien vous tenir .

  • Seb, le 30/08/2009 à 18h32

    Réforme "tout pour les délinquants" !!

  • Jpomme, le 30/08/2009 à 17h27

    Encore une réforme qui va avantager les auteurs de crimes et délits ... Y en a marre !

Lire tous les commentaires

      logAudience