Maternité nourrisson bébéUne femme urgentiste a été condamnée lundi par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison dont quatre mois ferme pour avoir kidnappé un bébé en septembre 2005 à la maternité de Montfermeil, en Seine-St-Denis, puis tenté d'enlever un autre bébé, trois semaines plus tard, dans un magasin parisien. La peine ferme couvre la détention provisoire déjà accomplie par la prévenue, devenue depuis maman de deux enfants. Dénonçant un "trouble fort et durable à l'ordre public", qui a "nourri la psychose des parents", le procureur Juliette Leborgne avait requis contre cette "voleuse d'enfant" 30 mois de prison dont quatre ferme.
A l'époque, l'affaire avait fait grand bruit. Le 21 septembre 2005, le médecin avait été intercepté par un agent de sécurité du magasin Tati du XVIIIe arrondissement de Paris, alors qu'elle s'était emparée d'un bébé dans sa poussette, profitant d'un moment d'inattention de la mère qui réglait ses achats à la caisse. Interpellée par les policiers, elle avait alors avoué l'enlèvement, réussi celui-là, de Célia, un nouveau-né de deux jours, le 1er septembre à la maternité de Montfermeil. Célia avait été retrouvée saine et sauve le lendemain soir de l'enlèvement dans le hall d'un immeuble des Lilas (Seine-St-Denis). Un portrait-robot de la ravisseuse présumée avait alors été largement diffusé.
"Je me demande encore comment j'ai pu"
"J'étais en mal d'enfant", a expliqué lundi Fariza, toute en sanglots, avant de raconter son calvaire silencieux et son irrépressible "désir de materner". Alors qu'un bilan sanguin lui fait craindre un cancer des ovaires, et la stérilité, elle engage une procédure d'adoption mais sans grand espoir. Au printemps 2005, elle tente une insémination artificielle, mais quelques mois plus tard, fait une fausse couche. Alors en juillet, un jour où ses collègues lui demandent si elle est enceinte, elle finit par répondre "Oui" et se met un congé maternité. "J'ai perdu pied. J'étais dans ma bulle et je ne pensais qu'à ça", se souvient-elle, racontant ses "achats compulsifs" dans les magasins pour bébé et l'aménagement de la chambre de l'enfant si désiré.
"Je me demande encore comment j'ai pu avoir l'idée de faire un truc aussi abominable", témoigne la jolie brune habillée de noir, assurant ne pas avoir prémédité le rapt de Célia. Prise de remords, elle avait décidé de rendre l'enfant et l'avait déposé le lendemain dans un hall d'immeuble. Mais le désir d'enfant est le plus fort et dans les jours qui suivent, elle frappe à la porte de "gens du voyage" pour leur demander s'ils peuvent l'aider à "acheter un bébé". "Cinq mille euros", lui répond-on, avant de "l'embobiner" et de lui dire que la transaction a échoué. C'est là qu'elle se rend chez Tati, enlève l'enfant et, en sortant du magasin, demande "Où est la police?", car elle veut leur déclarer cet "enfant abandonné". "Je ne l'ai pas pris pour le voler, mais c'était pour appeler à l'aide", assure-t-elle. "Un gigantesque appel au secours", a confirmé lundi son avocat Me Willam Bourdon, afin qu'enfin, "on l'aide à mettre fin à sa cavale psychique".
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