Algues vertes : la justice parisienne va mener l'enquête

le 25 septembre 2009 à 15h49 , mis à jour le 25 septembre 2009 à 15h53

Le parquet de Paris va regrouper l'ensemble des plaintes relatives à la toxicité des algues vertes en décomposition en Bretagne au sein du pôle de santé publique.

Des algues vertes mortelles ?Des tracteurs ramassant des algues vertes sur une plage bretonne. © TF1/LCI

Le parquet de Paris prépare l'ouverture d'une enquête judiciaire unique d'ampleur nationale sur la pollution provoquée par les algues vertes qui envahissent le littoral breton. Le parquet est saisi d'une plainte déposée par un homme victime d'un accident de cheval sur la plage de Saint-Michel en Grève (Côtes-d'Armor) le 28 juillet, apparemment causé par les effets toxiques des algues sur l'animal. Le cavalier, qui avait perdu connaissance, avait été secouru par des passants. Il porte plainte pour "blessures involontaires".

Plus d'infos

   
Ont aussi été transmises à Paris les plaintes d'environ 300 personnes visant, pour "mise en danger d'autrui", des élus et différents responsables administratifs. Ils se voient reprocher par les plaignants d'avoir accordé des autorisations d'implantations d'élevages de porcs, en négligeant la prolifération d'algues vertes qu'elles provoquaient.
 
Des assistants spécialisés travaillant pour le parquet de Paris ont commencé l'analyse de ces dossiers avant l'ouverture éventuelle d'une enquête préliminaire, a dit la porte-parole du parquet. L'ouverture d'une information judiciaire confiée à un ou plusieurs juges d'instruction pourrait suivre. Comme toujours en matière sanitaire, les poursuites seront juridiquement complexes, l'établissement d'une infraction pénale nécessitant que soit démontré un lien direct entre les dommages et les actes administratifs litigieux, ainsi qu'un manquement caractérisé à une obligation réglementaire de prudence.
   
Un rapport accablant
 
L'affaire a été relancée par le gouvernement français en août dernier après la remise d'un rapport officiel d'enquête sur l'accident du 28 juillet à Saint-Michel-en-Grève. Ce rapport a établi que le principal composé mis en évidence dans les dégagements des algues vertes, l'hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation et présente un risque mortel en cas d'exposition de quelques minutes. Le Premier ministre François Fillon a annoncé fin août que l'Etat prendra désormais en charge le nettoyage des plages et l'élimination des algues vertes.
   
Ces "marées vertes" sont imputables aux nitrates d'origine agricole issus des engrais chimiques et des effluents des élevages locaux. Environ 60% des porcs français sont produits en Bretagne. Le phénomène est connu de très longue date et les municipalités luttaient depuis des années pour être déchargées du coût financier. Les écologistes soulignent avoir soulevé le problème en vain dès les années 1970 face aux tenants de l'agriculture intensive, subventionnée par l'Etat. Les organisations de défense de l'environnement estiment que le bon score des listes d'Europe Ecologie lors des européennes de juin a poussé les pouvoirs publics à se saisir du dossier.
 

le 25 septembre 2009 à 15:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Alpha, le 26/09/2009 à 16h51

    Algues vertes : la justice parisienne va mener l'enquête. Alors là, s'ils vont jusqu'au bout de l'affaire et que les vrais responsables sont poursuivi, Ce sera du gros et ce n'est pas gagné.

  • Le quengo, le 25/09/2009 à 23h32

    Il faut continuer la lutte mais j'ai bien peur qu'elle soit inégale, les intérêts financiers étant, comme d'habitude prioritaires alors que notre Bretagne court à la catastrophe. Les grands coupables sont les préfets qui accordent les autorisations d'installations et d'extension des élevages porcins. Il serait temps de prendre conscience des dégats et de revenir à une agriculture et des élevages résonnés...

  • Michel, le 25/09/2009 à 20h51

    La Bretagne paie son entêtement à vouloir continuer depuis 30 ans d'élever de plus en plus de porcs et à traiter ses champs avec des produits réputés dangereux ( nitrate )ou avec le purin de porcs, tout ceci avec l'appui des élus de tous bords et avec les différents gouvernements qui ont toujours laissé faire. Maintenant, le résultat est là et l'on demande à la communauté nationale de payer, je trouve celà scandaleux.

  • Mabouk, le 25/09/2009 à 19h03

    Enfin il va se passer quelque chose à ce sujet..;il était temps mais c'est pour le moins regretable d'avoir tant attendu; on a tout de même l'impression qu'il faut toujours une série de sinistres trés médiatisés pour qu'il y ait réaction! que c'est lassant

  • Michel, le 25/09/2009 à 16h36

    Il serait temps de réagir. Si les procédures et les actions sont aussi longues que la poussée de ces algues vertes on n'a pas fini d'en prendre plein les narines.

  • Ak, le 25/09/2009 à 16h12

    Bravo ! il est plus que temps ! mais il faudra aller jusqu'au bout ...

Lire tous les commentaires

      logAudience