Dominique de Villepin mercredi avant son audition © LCI![]() |
| Les propos de Villepin |
Peu avant son audition, il a déclaré vouloir "contribuer à l'émergence de la vérité" face aux "mensonges et manipulations" de l'affaire Clearstream. Dominique de Villepin comparaît mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris. Au cœur de cette audition très attendue, une série de questions. L'ex-Premier ministre a-t-il eu connaissance des fichiers Clearstream ? A-t-il donné l'ordre à Jean-Louis Gergorin, autre prévenu dans cette affaire de "dénonciation calomnieuse", de transmettre ces dits fichiers au juge Van Ruymbecke ? Si oui, savait-il qu'il s'agissait de fichiers falsifiés, comme le soupçonne les juges en charge de l'enquête ?
Que dit l'accusation ? Dominique de Villepin, est renvoyé pour complicité de dénonciation calomnieuse et d'usage de faux, ainsi que pour recel de vol et d'abus de confiance. Pour les juges Jean-Marie D'Huy et Henri Pons, en charge de l'instruction, il "s'est délibérément engagé, aux côtés d'Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, dans un processus frauduleux". Selon eux, ce serait "dans un contexte de rivalité politique avec Nicolas Sarkozy" qu'il aurait "donné pour instruction" à Jean-Louis Gergorin de transmettre à la justice les fichiers dont il connaissait "l'origine frauduleuse et la fausseté", le tout "en manifestant à plusieurs reprises son souci de ne pas apparaître".
Le parquet de Paris avait dans un premier temps considéré que les indices pouvant lier Villepin à cette manipulation étaient insuffisants pour le renvoyer devant un tribunal. Il a finalement jugé que l'on pouvait lui reprocher de ne pas avoir empêché la poursuite des envois des fichiers à la justice, alors qu'il en connaissait le "caractère mensonger" depuis juillet 2004. Cela en fait aux yeux du parquet un complice "par abstention" de cette dénonciation calomnieuse présumée.
Que dit Dominique de Villepin ? Au premier jour du procès, entouré de sa famille, il a dénoncé "l'acharnement" de Nicolas Sarkozy et affirmé qu'il ressortirait "libre et blanchi au nom du peuple français" de ce tribunal. Depuis le début, il dément avoir donné instruction à Gergorin de saisir le juge, qualifiant cette accusation d'"absurde". Une telle démarche était facilement "traçable" et ne pouvait rester secrète, selon lui. "Je n'ai jamais eu connaissance de ces listings et je ne les ai jamais eus entre les mains", a-t-il déclaré ce mardi devant le tribunal, sollicité alors qu'était auditionné une des parties civiles au procès, le magistrat Gilbert Flam (lire article). L'ex-premier ministre encourt une peine de cinq ans d'emprisonnement et une amende.
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