Badinter dénonce une "OPA" sur la justice

Par D'après agence, le 01 septembre 2009 à 15h22 , mis à jour le 01 septembre 2009 à 19h35

Le comité Léger, qui rend son rapport mardi, recommande la suppression du juge d'instruction voulue par Nicolas Sarkozy sans donner au parquet son indépendance.

TF1-LCI, Robert BadinterRobert Badinter © LCI

Robert Badinter dégaine. L'ancien ministre socialiste de la Justice voit dans le rapport Léger sur la réforme de la procédure pénale le début d'une "OPA" du pouvoir politique sur les affaires les plus importantes. Le comité Léger, qui devait rendre son rapport mardi, recommande la suppression du juge d'instruction voulue par Nicolas Sarkozy sans donner au parquet son indépendance.
 
"Si un projet de loi reprend cette proposition et qu'il est adopté par le Parlement, alors la capacité d'intervention du pouvoir exécutif dans la marche des affaires judiciaires se trouvera considérablement renforcée", déclare Robert Badinter dans Le Monde, daté du 2 septembre. "Le rapport Léger, c'est le premier acte d'une OPA de l'exécutif sur les affaires les plus importantes de la justice pénale", ajoute-t-il.
 
Pour Robert Badinter, la condition préalable à la suppression du juge d'instruction est "le renforcement des conditions statutaires du parquet". "La logique aurait voulu que les garanties d'indépendance des procureurs augmentent en même temps que leurs pouvoirs. Rien de tel n'est advenu", déplore-t-il. Le comité, qui porte le nom de Philippe Léger, un haut magistrat à la retraite, estime que la fonction de juge d'instruction, inamovible et indépendant, doit disparaître.
 
Van Ruymbeke dénonce une mise au pas        
 
Tous les pouvoirs d'enquête seraient donc confiés aux seuls procureurs, qui resteraient hiérarchiquement soumis au ministre de la Justice. L'idée de leur accorder leur indépendance pour compenser la suppression du juge d'instruction est abandonnée. Les magistrats avaient vivement critiqué le projet annoncé en janvier par Nicolas Sarkozy, estimant que les procureurs dépendant de l'exécutif enterreraient les affaires sensibles.Le juge Renaud Van Ruymbeke, qui a instruit de nombreuses affaires sensibles pour le pouvoir, estime quant à lui que cette réforme pourrait signifier la fin de telles enquêtes.
 
Il a dénoncé à nouveau mardi sur France info une volonté "de mettre au pas" un magistrat indépendant du pouvoir politique. "Je ne suis pas contre la suppression du juge d'instruction
mais à ce moment-là, donnez l'indépendance au parquet qui va être très puissant demain. C'est une question de libertés individuelles
", a-t-il dit.
 
Le député PS de l'Isère André Vallini, ancien président de la commission Outreau, a de son côté exprimé son sentiment de "colère et d'inquiétude devant une réforme qui risque de menacer à la fois l'indépendance de la justice et l'égalité des justiciables et qui devra donc s'accompagner de deux autres réformes : celle du statut du parquet et celle de l'aide juridictionnelle". De leur côté, les Verts ont estimé que le gouvernement allait  "reprendre en main la justice". "Les juges d'instruction ont depuis vingt ans mis à jour des scandales  retentissants, de l'affaire du sang contaminé au procès Elf", écrivent les Verts  dans un communiqué.

Sarkozy satisfait des conclusions du comité Léger

Nicolas Sarkozy s'est réjoui mardi des  propositions du comité Léger sur la réforme de la procédure pénale, dont la  suppression du juge d'instruction, et a demandé à la garde des Sceaux de les  compléter par une concertation en vue d'une "refonte" de la procédure pénale. "Le chef de l'Etat a salué la contribution du comité à la réflexion  actuellement menée afin d'aboutir à la nécessaire modernisation de notre système  judiciaire pénal", a indiqué la présidence dans un communiqué après la remise du  rapport par le comité à l'Elysée. Nicolas Sarkozy a notamment "relevé la qualité des propositions visant à  simplifier les procédures d'enquête et de jugement en renforçant le respect des  droits des mis en cause et des victimes", ajoute le communiqué. Le président a demandé à la  ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, de "compléter la réflexion"  ouverte par le comité "pour aboutir, après une concertation la plus large, à une  refonte des codes pénal et de procédure pénale".

Par D'après agence le 01 septembre 2009 à 15:22
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26 Commentaires

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  • Marc, le 03/09/2009 à 14h45

    Bjr, tient re voila le mr gace a qui nos violeurs, assassins d enfant ect.... peuvent continuer a respirer, vivre apres avoir tue!!! si ilest contre je suis pour !! bonne journee

  • Adhoc, le 01/09/2009 à 22h07

    Iznogoud... Après son admiration pour GWBush, son Altesse sérénissime manoeuvre pour dépasser Obama: il sera bientôt contraint à avouer son admiration pour les puissants d'Iran qu'il se permet, aujourd'hui de critiquer publiquement.

  • Albert, le 01/09/2009 à 21h59

    Le problème est que si en 2012 la gauche revient au pouvoir, on va entendre pleurnicher ceux-là même qui auront voté le texte.

  • Bernard, le 01/09/2009 à 21h00

    Allez continuez à vagir tous en coeur... les fameuses affaires concernant le pouvoir représentent une fraction infime de la totalité des affaires pénales. En se focalisant dessus comme le veulent les magistrats et certains avocats, on oublie que la quasi totalité des dossiers bénéficieront de la réforme. Mais comme d'habitude, quand on réforme, ca dérange les corporatismes de toute part et ca freine à qui mieux-mieux. Surtout ne changeons rien, tout va très bien madame la marquise, notre justice est la meilleur du monde.

  • Maïckou, le 01/09/2009 à 18h14

    @ Yan, Amarre - Vous avez, malheureusement, tout à fait raison.

  • Silvano, le 01/09/2009 à 18h09

    Attention bientot une revolution

  • Pierre, le 01/09/2009 à 18h09

    Quand fera t'on appel au référendum pour les sujet de grande importance .les politiciens n'ont pas mettre la main mise sur la justice.

  • Silvano, le 01/09/2009 à 18h08

    Attention bientot une petite revolusion ca risque de faire mal

  • Martin Brigitte, le 01/09/2009 à 18h02

    Monsieur Badinter peut faire l'avocat de la justice, en perte de vitesse. Une seule vitesse et lente aussi, un bug sur les documents de l'ONG et autres. La France transparente, blanche et carte blanche. La justice a la carte.

  • YAYA, le 01/09/2009 à 17h59

    Juste un rappel: la France est la SEULE à avoir ce principe de juge d'instruction dans les pays occidentaux....encore un modèle français non encore copié par les autres. Est ce que la justice des autres pays est plus mauvaise que la française? J'en ai jamais entendu parlé!!!

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