Des salariés de Continental en colère devant la sous-préfecture de l'Oise, à Compiègne, le 21 avril 2009 © TF1-LCILe jugement est tombé mardi matin : le tribunal correctionnel de Compiègne a prononcé des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix poursuivis pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne, en avril. Tous étaient poursuivis pour "destruction en réunion de biens au préjudice de l'Etat". Un 7e prévenu a été relaxé par le tribunal, qui n'a prononcé aucune amende. Les condamnations sont très légèrement inférieures aux réquisitions du parquet qui avait demandé de trois à six mois de prison contre les "Conti".
Condamnés à des amendes, les Conti crient "Victoire"
La cour d'appel d'Amiens n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.
Publié le 05/02/2010
Le jugement a été accueilli en silence dans la salle. Mais à la sortie, les prévenus ont exprimé leur "rancoeur" de l'absence de relaxe d'autant plus qu'ils devront comparaître, au civil cette fois, le 4 novembre avec la possibilité de se voir infliger des dommages-intérêts conséquents. L'avocate des "Conti", Marie-Laure Dufresne-Castets, a estimé de son côté que "compte tenu des éléments, la peine (était) incompréhensible" et a dénoncé une "condamnation pour l'exemple". La décision judiciaire pourrait aussi mal passer auprès des syndicats. L'Union syndicale Solidaires (Sud) avait réclamé lundi, à quelques heures du jugement, "la relaxe pure et simple" des prévenus. "Ces poursuites judiciaires s'inscrivent dans toutes les tentatives de faire taire les Conti, par la répression, face à leur lutte déterminée contre les licenciements", déclarait le syndicat qui exprimait sa "solidarité totale avec les militants de Continental".
Ecoutez la réaction de Xavier Mathieu, délégué CGT, et Olivier Besancenot du NPA
"Les véritables responsables sont les employeurs"
Le 20 août également, la CGT de l'Oise et la fédération CGT de la chimie avaient fait savoir qu'elles "considéreraient comme inacceptable que les salariés, les militants soient condamnés, dans un contexte où les véritables responsables sont les employeurs et les pouvoirs publics qui accompagnent les décisions".
Parmi les ouvriers condamnés ce mardi figure un personnage emblématique du combat des "Conti", mais dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas consensuel : le délégué CGT Xavier Mathieu. Ainsi, dans ce même communiqué d'août par lequel la CGT avait affirmé sa position en faveur des prévenus, figurait également une condamnation des "propos calomnieux" tenus par Xavier Mathieu envers Bernard Thibault. Le délégué CGT avait traité le numéro un de l'organisation de "racaille", "juste bon qu'à frayer avec le gouvernement".
Xavier Mathieu, condamné à cinq mois avec sursis, avait déclaré avant l'audience qu'il attendait de celle-ci "deux choses, la relaxe et la fin de l'histoire des Conti". Après le rendu du jugement, ému, il a fustigé un "bel exemple de matraquage de l'Etat qui veut empêcher la classe ouvrière de s'exprimer. C'est dégueulasse, il n'y a pas de justice dans ce pays". Il a appelé à une assemblée générale dans l'usine mercredi à 14 heures mais une manifestation impromptue était improvisée dans la matinée dans le centre de Compiègne. Egalement présent à Compiègne, Olivier Besancenot s'est dit "écoeuré" devant cette "provocation", estimant que "le message du gouvernement avait été reçu". Arlette Laguiller a pour sa part jugé "inadmissible que les travailleurs paient alors que ce sont les dirigeants de l'entreprise qui ont ruiné un territoire".
D'après agence
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