Du sursis pour les "Conti"

le 01 septembre 2009 à 09h05 , mis à jour le 01 septembre 2009 à 16h09

Sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix étaient poursuivis pour des dégradations dans la sous-préfecture de Compiègne. Six écopent de peines de prison avec sursis.

continental oise compiègneDes salariés de Continental en colère devant la sous-préfecture de l'Oise, à Compiègne, le 21 avril 2009 © TF1-LCI

Le jugement est tombé mardi matin : le tribunal correctionnel de Compiègne a prononcé des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix poursuivis pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne, en avril. Tous étaient poursuivis pour "destruction en réunion de biens au préjudice de l'Etat". Un 7e prévenu a été relaxé par le tribunal, qui n'a prononcé aucune  amende. Les condamnations sont très légèrement inférieures aux réquisitions du parquet qui avait demandé de trois à six mois de prison contre les "Conti".

  • Condamnés à des amendes, les Conti crient "Victoire"

    La cour d'appel d'Amiens n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.

    Publié le 05/02/2010 Condamnés à des amendes, les Conti crient "Victoire"
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Le jugement a été accueilli en silence dans la salle. Mais à la sortie, les prévenus ont exprimé leur "rancoeur" de l'absence de relaxe d'autant plus qu'ils devront comparaître, au civil cette fois, le 4 novembre avec la possibilité de se voir infliger des dommages-intérêts conséquents. L'avocate des "Conti", Marie-Laure Dufresne-Castets, a estimé de son côté  que "compte tenu des éléments, la peine (était) incompréhensible" et a dénoncé une  "condamnation pour l'exemple". La décision judiciaire pourrait aussi mal passer auprès des syndicats. L'Union syndicale Solidaires (Sud) avait réclamé lundi, à quelques heures du jugement, "la relaxe pure et simple" des prévenus. "Ces poursuites judiciaires s'inscrivent dans toutes les tentatives de faire taire les Conti, par la répression, face à leur lutte déterminée contre les licenciements", déclarait le syndicat qui exprimait sa "solidarité totale avec les militants de Continental".

Ecoutez la réaction de Xavier Mathieu, délégué CGT, et Olivier Besancenot du NPA

    

"Les véritables responsables sont les employeurs"

Le 20 août également, la CGT de l'Oise et la fédération CGT de la chimie avaient fait savoir qu'elles "considéreraient comme inacceptable que les salariés, les militants soient condamnés, dans un contexte où les véritables responsables sont les employeurs et les pouvoirs publics qui accompagnent les décisions".

Parmi les ouvriers condamnés ce mardi figure un personnage emblématique du combat des "Conti", mais dont le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas consensuel : le délégué CGT Xavier Mathieu. Ainsi, dans ce même communiqué d'août par lequel la CGT avait affirmé sa position en faveur des prévenus, figurait également une condamnation des "propos calomnieux" tenus par Xavier Mathieu envers Bernard Thibault. Le délégué CGT avait traité le numéro un de l'organisation de "racaille", "juste bon qu'à frayer avec le gouvernement".

Xavier Mathieu, condamné à cinq mois avec sursis, avait déclaré avant l'audience qu'il attendait de celle-ci "deux choses, la relaxe et la fin  de l'histoire des Conti". Après le rendu du jugement, ému, il a fustigé un "bel exemple de matraquage de l'Etat qui veut empêcher la classe ouvrière de s'exprimer. C'est dégueulasse, il n'y a pas de justice dans ce pays". Il a appelé à une assemblée générale dans l'usine mercredi à 14 heures mais  une manifestation impromptue était improvisée dans la matinée dans le centre de Compiègne. Egalement présent à Compiègne, Olivier Besancenot s'est dit "écoeuré"  devant cette "provocation", estimant que "le message du gouvernement avait été  reçu". Arlette Laguiller a pour sa part jugé "inadmissible que les  travailleurs paient alors que ce sont les dirigeants de l'entreprise qui ont ruiné un territoire".

D'après agence

le 01 septembre 2009 à 09:05
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16 Commentaires

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  • ELleaiMe, le 01/09/2009 à 18h09

    Premier tour avant le second La liberté de la justice en sursis .Mr le procureur vous êtes débouté . L'histoire d'un corbeau et de son jugement pendant le classement sans suite des tiroirs de certaines transactions bancaires . La non implication de dirigeant (dûment nommé) pour accomplir le redressement (alsthom : qui sont les actionnaires) ou l'accomplissement d'une fusion (bancaire). Faut-il être ami de Shah ou d'Emir pour blanchir la recette du capitalisme ? La « chasse » au bonus de pauvres bougres qui font gagner des milliards , la « chasse » aux fuites fiscales pour qui l'on veut nommer 11 députés , l'autorisation aux meilleurs traders de s'expatrier (euronext et la microseconde) AMI , la République est en danger ,est-ce nous les contribuables qui dilapidons ses deniers pour notre égoïsme ? Non , mais ces 6 Contis qui réclament toutes les richesses et les saccagent ; Ha , ces enfants de la maximalisation coupables de crier HALTE à la CASSE !! « Dommages Collatéraux » avec le sourire s'il vous plait , Messieurs les Présidents Européens ! envoi lci mardi 1er septembre 2009 18h07

  • Chichou, le 01/09/2009 à 17h35

    Ce sont les patrons qui cassent des vies, des emplois, et qui s'en vont placer leur argent dans des paradis fiscaux...Pendant ce temps , les pauvres employés ne peuvent que subir et surtout pas se révolter; c'est ecoeurant!

  • Will, le 01/09/2009 à 17h09

    C'est un scandal : Prison ferme et rembousement des dégât a l'état

  • Martin Brigitte, le 01/09/2009 à 16h44

    Il faut voir avec Monsieur Badinter pour la bureaucratie en perte de vitesse.

  • Jd, le 01/09/2009 à 15h35

    Croyez vous que des patrons qui ont vu des gens sans aucun souci de leurs actes, démolir le bien de tous, puissent encore avoir envie de les embaucher, .. tout le monde paieras.maintenant,

  • Milou, le 01/09/2009 à 15h07

    La lutte déterminée contre les licenciements ? Manifestement il y a une erreur de lecture : Un CDI , contrat à durée indéterminée , n'est pas un CGV , contrat garanti à vie . Pour ce qui est de la casse comme nouveau moyen d'expression syndicale : On s'exprime comme on peut ( surtout quand on raisonne faux )

  • COMMISSAIRE JUVE, le 01/09/2009 à 14h15

    Rien ne justifie la violence, la justice à bien fait son travail.

  • Jim, le 01/09/2009 à 14h02

    Sans vouloir en rajouter, ... la justice existe bien et elle a fait son travail. Ce ne sont quand même pas les patrons qui ont dit aux ouvtriers de saccager la sous-préfecture!

  • Bruno, le 01/09/2009 à 13h31

    Qui va payer ses gens aux chômage ?

  • Jmb, le 01/09/2009 à 13h22

    Il faut faire payer les casseurs. En général,lorsque l'on touche au portefeuille les gens ne recommencent pas. Là, qui va payer ces dégats scandaleux ? Le bon contribuable...Les syndicats français sont vraiment en dessous de tout.

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