Distilbène : les laboratoires désormais présumés coupables

Par Alexandra GUILLET (avec agences), le 01 janvier 1970 à 01h00 , mis à jour le 24 septembre 2009 à 20h03

Les femmes contaminées in utero au Distilbène n'auront plus à prouver la marque du médicament que prenait leur mère pendant la grossesse.

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C'est une victoire pour les enfants Distilbène. La Cour de cassation, dans un arrêt rendu jeudi, inscrit dans le marbre le fait que désormais, les victimes qui auront pu démontrer le lien de causalité entre leur pathologie et la prise de Distilbène par leur mère pendant leur grossesse pourront poursuivre indifféremment Novartis ou UCB Pharma - les deux laboratoires ayant fabriqué ce produit - pour leur réclamer une indemnisation. La charge de la preuve se trouve ainsi inversée. Il reviendra désormais aux laboratoires de prouver que les victimes n'ont pas pris leur médicament, mais celui du concurrent, une tâche pour le moins ardue.

  • Un "petit-fils Distilbène" indemnisé

    La cour d'appel de Versailles a reconnu, jeudi, le lien de causalité entre le handicap d'un enfant et la prise de Distilbène par sa grand-mère. Le laboratoire UCB Pharma a été condamné à lui verser 1.7 million d'euros de dommages et intérêts.

    Publié le 09/06/2011 Un "petit-fils Distilbène" indemnisé
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La plus haute juridiction française a donc cassé un arrêt rendu en avril 2008 par la cour d'appel de Versailles (Yvelines) qui déboutait une femme imputant son cancer à la prise par sa mère, durant sa grossesse, du Distilbène. La cour d'appel avait initialement donné tort à cette plaignante en concluant que rien ne prouvait que les laboratoires étaient à l'origine du dommage, même s'il était établi que la maladie résultait bien du Distilbène. La Cour de cassation a rejeté ce raisonnement et renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Paris, qui fixera le montant des dommages et intérêts, pour être rejugée sur ce fondement.

Le DES ou diéthylstilbestrol est une hormone de synthèse prescrite sous la marque Distilbène aux femmes enceintes en France entre 1950 et 1977 pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les  hémorragies de la grossesse. Sa nocivité a été clairement établie chez les enfants exposés in utero, en particulier chez les filles, atteintes pour certaines de cancers du vagin et du col de l'utérus. Au moins 160.000 enfants, garçons et filles, auraient été exposés au produit.

D'après agence

Par Alexandra GUILLET (avec agences) le 01 janvier 1970 à 01:00
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8 Commentaires

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  • Alpha, le 24/09/2009 à 23h33

    " Distilbène : les laboratoires désormais présumés coupables". Est-ce une sale affaire ou une affaire sale? Est-ce que la souffrance à un prix? Faudra-t-il tout conserver dans l'avenir? Cela laisse perplexe, car cela renvoi à d'autres informations que nous connaissons tous.

  • Imari, le 24/09/2009 à 19h04

    Comment voulez-vous qu'on présente des ordonnances datant de si loin ? La souffrance de ces femmes vaut toutes les ordonnances.

  • Karine, le 24/09/2009 à 16h46

    Franchement... c'est nul tout ça, quand on voit tout ce que ces femmes endurent... Qui garderait une ordonnance des années 70? C'est vraiment se moquer du monde que de prendre une telle décision.

  • ²anne honyme, le 24/09/2009 à 16h38

    Ce n'est pas très juste... difficile de conserver l'ordonnance....mais qui dit ordonnance dit pharmacien.... lui peut avoir garder l'ordonnancier qui est un document officiel incontestable donc bon courage et bonne recherche et bonne chance ...

  • Fradel, le 24/09/2009 à 16h06

    Pourquoi ces filles n'ont-elles pas porter plainte plus tot? et comment voulez-vous garder une ordonnance après tant d'années?

  • Josie, le 24/09/2009 à 16h04

    En résumé, les labos ont eu gain de cause. Même en étant une pro de l'archivage, quelle femme conserve un ordonnance plus de 30 ans. Cela d'autant plus qu'à l'époque, les ordonnances étaient jointes à la feuille de soin destinée à la sécu.

  • THIERRY, le 24/09/2009 à 15h59

    Et en cas de maladie héréditaire il faudra faire un test ADN pour intenter un proces à ses géniteurs ?????

  • Pascal, le 24/09/2009 à 15h57

    Une ordonnance datée des années 60, à moins d'être collectionneur, comment la produire ? Cela est ridicule. Alors, effectivement, aux laboratoires de prouver... Mais sur quelles bases ?

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