Fureur à l'audience après un lapsus de Sarkozy

le 23 septembre 2009 à 22h07 , mis à jour le 24 septembre 2009 à 08h22

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Commentant l'affaire Clearstream depuis New York, le chef de l'Etat a évoqué les "coupables" qui "devaient être traduits devant un tribunal". Un mot relevé avec colère par la défense de Villepin.

Nicolas sarkozy interrogé à New York lors du 20 heures de TF1 et France 2 (23 septembre 2009)Nicolas sarkozy interrogé à New York lors du 20 heures de TF1 et France 2 (23 septembre 2009) © TF1/LCI

Même si la teneur de l'entretien était plutôt économique et internationale, le procès Clearstream s'est invité mercredi soir lors de l'interview de Nicolas Sarkozy à TF1 et France 2. Le chef de l'Etat a déclaré qu'il ne renoncerait pas à sa constitution de partie civile dans l'affaire. Et il a commis un lapsus remarqué : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel".

En pleine audience du procès, qui se poursuivait au même moment à Paris, l'avocat de Dominique de Villepin, son rival assis sur le banc des prévenus, a affirmé que ces propos humiliaient la justice et constituaient une forme de pression. Car Dominique de Villepin, principal mis en cause, nie catégoriquement avoir pris part à une machination visant Nicolas Sarkozy et il bénéficie pour l'instant de la présomption d'innocence, un principe constitutionnel.

"Est-ce que cette atteinte à la justice est acceptable ?"

Me Olivier Metzner, qui s'était fait communiquer au procès les propos du président, a pris la parole devant le tribunal en pleine audience, pour répondre. "C'est cela le respect de votre tribunal, de votre parquet.(...) J'en suis triste, la présomption d'innocence fait partie de nos textes et le président la met en cause en parlant devant des dizaines de millions de Français", a-t-il dit. "On a voulu pendre à un croc de boucher Dominique de Villepin. Est-ce que cette atteinte à la justice est acceptable ?", a-t-il ajouté. Me Henri Leclerc, autre avocat de Dominique de Villepin, a fait remarquer qu'après ces propos, aucune poursuite ne pouvait être engagée tant que Nicolas Sarkozy était à l'Elysée puisqu'il bénéficiait d'une immunité.

Accusé par Dominique de Villepin d'être juge et partie compte tenu de l'autorité que le ministère de la Justice exerce sur le parquet, et de son immunité pénale, Nicolas Sarkozy a souligné, lors de son entretien sur TF1 et France 2, avoir déposé plainte alors qu'il n'était pas encore chef de l'Etat. "J'ai certainement beaucoup de défauts mais je ne suis pas un homme qui ment. Je ne suis pas un homme qui renonce et je ne suis pas un homme qui plaisante avec les principes d'honneur et de probité", a-t-il ajouté. Avant de conclure : "Que la justice fasse son travail sereinement, elle est en train de le faire et je lui fais toute confiance".

"Il entretient une confusion qui se retourne contre lui"

Ce lapsus de Nicolas Sarkozy n'est pas sans rappeler celui qu'il s'était vu reprocher lors du procès du nationaliste corse Yvan Colonna au début de l'année. Il avait déclaré, le 4 juillet 2003 : "La police française vient d'arrêter Yvan colonna, l'assassin du préfet Erignac". Yvan Colonna a engagé une procédure mais le tribunal de Paris n'a pu que reporter son jugement à la fin des fonctions présidentielles de Nicolas Sarkozy, en raison de son immunité.

Sur RTL jeudi matin, François Bayrou a estimé que ce lapsus était "révélateur de l'ambigüité de sarkozy dans cette affaire. Il est a la fois partie civile et garant de la justice. J'espère que les magistrats sont suffisamment indépendants pour y voir clair dans cette affaire". Le député socialiste François Hollande a rappelé sur France 2 que le chef de l'Etat, avocat de profession, aurait dû avoir le sens des mots et se souvenir que les prévenus d'un procès étaient présumés innocents, selon un principe constitutionnel. "Le lapsus est fâcheux, parce que Nicolas Sarkozy, président de la République, a autorité sur les parquets, les procureurs. Donc il a été victime de ce qu'il a fait lui-même. En étant partie prenante de ce procès, il entretient une confusion qui se retourne contre lui", a-t-il dit. Selon l'ancien premier secrétaire du PS, Nicolas Sarkozy aurait dû retirer sa constitution de partie civile au procès. De son côté, Pierre Moscovici a jugé "extrêmement choquant" l'emploi du mot "coupables" par le chef de l'Etat. "C'est son  inconscient qui a parlé", a-t-il analysé.

D'après agence

le 23 septembre 2009 à 22:07
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62 Commentaires

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  • Cerrane84, le 28/09/2009 à 19h20

    Notre Prèsident est un homme droit et qui dit la Viritè et ça ne plais pas à tout le monde de dire la Viritè mais c'est comme ça!,Mr Villepin et la Gauche-Caviar n'ont qu'à bien se tenir! Cerrane84,L'isle sur sorgue.

  • Rosario, le 27/09/2009 à 23h18

    De droite ou de gauche ils se traitent tous a tort et a travers pendant les éléctions pour défendre leurs causes....Et là parce que ces sarko on en fait tout un plat !! Et on remet ça !!... Mais pour une fois qu on a un président qui ne triche pas avec les mots et qui ne dit que la vérité qui blaisse !... Rosario, Metz

  • Gilles, le 27/09/2009 à 11h20

    Les juges qui ont instruit l'affaire ont bien envoyé devant un tribunal correctionnel des personnes qu'ils considèrent comme coupables de malversation, sonon il y aurait eu non-lieu. On n'envoie pas devant un tribunal des présumés innocents, cela n'a pas de sens.

  • Etarcos, le 26/09/2009 à 17h05

    Le sapeur Camembert est acquitté son défenseur ayant dit "le coupable est innocent

  • Rachel, le 26/09/2009 à 09h07

    Et je suis d'accord avec toi "Tog" de troyes

  • Rachel, le 26/09/2009 à 08h59

    "j'ai porté plainte contre x" dit-il et il ajoute "les coupables..." à aucun moment il n'a exprimé la culpabilité de quelqu'un en particulier je ne comprends pas que l'on fasse une "autre" histoire pourra-t-il un jour s'exprimer...,sans qu'on fasse à chaque fois une affaire d'état !

  • Romain, le 26/09/2009 à 00h04

    Et ça nous coûte combien de millions d'euros ces gaudrioles dont tout le monde se fout ?

  • Imari, le 24/09/2009 à 18h03

    Quand on sait que les listes ont été fabriquées,il y a forcément des coupables,non ? Aucun nom n'ayant été prononcé,si quelqu'un se sent visé,c'est qu'il n'a pas la conscience tout à fait tranquille.

  • Ge.ko, le 24/09/2009 à 17h14

    Merci à toi Albert de Monaco (amusant pseudo), ton intervention est limpide, la préciipauté virerait-elle à gauche ???? Un énorme merci du Groland et BANZAÏ.........

  • Lauren, le 24/09/2009 à 16h29

    Ou comment chercher le poil dans l'oeuf

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