L'Etat aurait-il pu éviter la mort d'une femme? Les réquisitions

le 30 septembre 2009 à 19h00 , mis à jour le 30 septembre 2009 à 22h33

En 2007, une femme avait été tuée par son mari sous contrôle judiciaire. La condamnation de l'Etat n'a pas été requise mercredi.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

Le parquet de Paris a estimé mercredi que l'Etat français ne pouvait être tenu pour responsable du meurtre d'une femme tuée à l'été 2007 par son mari laissé en liberté, alors qu'il était mis en examen pour des viols à son encontre, car son geste n'était pas prévisible. "Les conditions de la faute lourde ne sont pas remplies", a estimé la procureure Pauline Caby devant le tribunal de grande instance de Paris. Elle a souligné qu'il n'était "pas possible d'examiner a posteriori la décision du juge des libertés et de la détention au vu d'événements qui étaient imprévisibles". Le jugement a été mis en délibéré au 4 novembre.

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C'est la soeur de la victime qui avait assigné l'Etat pour faute lourde, dans un espoir "de reconnaissance et non d'indemnisation", a-t-elle expliqué à l'AFP avant l'audience. "Nous sommes bien au-delà d'une simple erreur d'appréciation" du JLD de Poitiers qui avait décidé la remise en liberté du mari de la victime, a plaidé l'avocate de la plaignante Me Sophie Dechaumet. "Le passage à l'acte était prévisible", a-t-elle tenté de démontrer en listant les éléments qui, selon elle, auraient dû conduire au placement en détention provisoire du mari en raison de sa dangerosité potentielle. Elle a notamment mentionné des "troubles psychologiques et psychiatriques", des menaces de mort formulées envers sa femme, ainsi que les viols avec actes de torture qu'il avait reconnus lui avoir fait subir durant des années, et pour lesquels il avait été mis en examen.
 
A la suite à cette mise en examen, l'homme avait été placé sous contrôle judiciaire contre l'avis du parquet, qui avait requis un placement en détention provisoire, et avait fait appel de la décision du JLD. Le 19 juin, jour où l'appel du parquet devait être examiné, l'homme de 43 ans avait tué son épouse de douze balles de carabine à la sortie d'un hôtel de Vannes (Morbihan), avant de retourner l'arme contre lui et de se suicider. La décision du JLD était "conforme à la loi et l'esprit de la loi", selon la procureure qui a relevé que le mari "était domicilié, (...) n'avait jamais été condamné et n'avait jamais fait parlé de lui".
 
Me Véronique Jobin, qui défendait les intérêts financiers du ministère de la Justice, a observé que les menaces de mort remontaient à 2004 et n'avaient pas été réitérées au moment de la mise en examen. "Les menaces dans le cadre de séparations difficiles sont fréquentes et s'il fallait incarcérer à chaque fois, ça viderait le principe de détention provisoire de sa substance", a observé la procureure, ajoutant que "l'acte de juger comporte un aléa et un risque".

le 30 septembre 2009 à 19:00
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7 Commentaires

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  • Sandrine, le 01/10/2009 à 17h50

    La femme serait toujours en vie, il faut absolument que lorsque une femme porte plainte contre son mari à plusieurs reprises la croire rapidement que c'est sérieux, faut il créer une brigade de police pour prendre en charge possible les femmes qui sont battues avant de finir sur quatre planches. l les juges n'avaient pas à fermer les yeux sur cette affaire grave !

  • Pacou, le 01/10/2009 à 14h41

    Si violer,et frapper une femme régulièrement n'est pas un motif suffisant pour incarcérer les coupables alors....Je serai curieuse de savoir ce qui ce serait passé s'il s'agissait de la fille ou la femme du juge????

  • Nenelle, le 01/10/2009 à 12h33

    Nous vivons dans un monde d'incapables. Ce n'est pas l'etat français qui est responsable mais bien les personnes qui ont jugé cette affaire.

  • Diamantrose77, le 01/10/2009 à 11h42

    Il faudrait plus de femmes : - dans les commissariats pour recevoir les femmes victimes de brutalités ou de viol. - dans les tribunaux pour juger tous ces délinquants.

  • Coluche, le 01/10/2009 à 00h15

    C'est quand il y en a un de dossier comme celui la que cela pose probléme.

  • Claire, le 30/09/2009 à 23h09

    On est en plein délire !! un homme qui se conduit de la sorte ,ne peut être qu'un meutrier en puissance ! pas besion d'être spécialiste en quoique ce soit pour le comprendre! le simple bon sens ,voilà ce qu'il faut , et peut-être aussi un peu de compassion pour les victimes et les futures victimes !! dormez bien messieurs et dames responsables ! dormez bien ! ce n'est pas à vous que c'est arrivé !

  • Nath19, le 30/09/2009 à 21h43

    Nos juges devraient peut être prendre d avantage de risques en condamnant vraiment !!! C'est un peu facile de leur trouver toujours des excuses. EN attendant, cette femme est morte!!

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