© AFPLa Cour de cassation a définitivement refermé mardi le dossier de la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile, qui avait fait 87 morts et neuf blessés en Alsace le 20 janvier 1992. Près de 18 ans après l'accident, la haute juridiction a rejeté le pourvoi formé par l'association des rescapés et des familles des victimes. La cour d'appel de Colmar avait relaxé les six prévenus, dont un ancien directeur technique d'Airbus, le 14 mars 2008.
Crash du Mont Sainte-Odile : "20 ans après, rien n'a changé"
INTERVIEW - Il y a 20 ans, jour pour jour, 87 personnes périssaient dans le crash du Mont Saint-Odile. Les recours judiciaires sont désormais épuisés. Le président de l'association des familles de victimes regrette qu'aucune leçon n'ait été tirée, notamment concernant le traitement à leur égard.
Publié le 20/01/2012
Un Airbus A320 d'Air Inter, ancienne filiale d'Air France, s'était écrasé de nuit sur une crête des Vosges située à 800 mètres d'altitude, alors qu'il s'apprêtait à atterrir sur l'aéroport de Strasbourg après un vol sans histoire en provenance de Lyon. Les secours avaient mis quatre heures et demie pour retrouver l'épave. Ce premier accident impliquant un Airbus A320 lors d'un vol commercial tombait mal pour l'avionneur qui misait beaucoup sur cet appareil très innovant, devenu de facto l'avion de ligne le plus vendu dans le monde.
Tous relaxés en l'absence de "faute caractérisée"
A défaut de disposer de l'enregistrement des données du vol, trop endommagé, l'enquête a révélé une série de facteurs ayant pu contribuer à l'accident : des erreurs commises par le contrôleur aérien, une certaine inexpérience des pilotes sur l'appareil, l'absence, à l'époque, d'un avertisseur de proximité du sol et, plus grave pour Airbus, un défaut d'ergonomie sur le tableau de bord ayant pu amener l'équipage à programmer une descente quatre fois trop rapide.
Outre le contrôleur, deux cadres d'Air Inter, deux responsables de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ainsi que Bernard Ziegler, ancien directeur technique d'Airbus, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel. Tous avaient été relaxés en l'absence de "faute caractérisée" de leur part ayant pu avoir "un lien de causalité certain" avec la catastrophe. Airbus, à qui une faute de nature civile avait néanmoins été imputée en première instance, a été blanchi en appel.
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