Lahoud et la "cabale contre Sarkozy"

Par , le 05 septembre 2009 à 09h33 , mis à jour le 18 septembre 2009 à 16h14

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

Selon le JDD, Imad Lahoud reconnait avoir rajouté le nom de Sarkozy dans les listings Clearstream. Il affirme avoir agi "sous la connaissance de Dominique de Villepin".

TF1 / LCI Imad Lahoud, à la sortie de son audition à Paris, le 19 juillet 2007Imad Lahoud, à la sortie de son audition à Paris, le 19 juillet 2007 © LCI

C'est ce qu'on appelle enfoncer le clou. Dans un procès-verbal jusque-là secret, et révélé par le Journal du Dimanche (JDD) dans son édition de samedi, l'ex-informaticien d'EADS Imad Lahoud, l'un des principaux protagonistes du scandale Clearstream, reconnaît avoir rajouté le nom de Nicolas Sarkozy, sous les noms de Nagy et Bocsa, sur les fameux listings bancaires provenant de l'établissement luxembourgeois."Il assure  l'avoir fait à la demande de Jean-Louis Gergorin", l'ex vice-président d'EADS, proche de Dominique de Villepin, et également impliqué dans l'affaire. Cette falsification aurait eu pour but, entre autres, de discréditer Nicolas Sarkozy et de nuire alors à ses ambitions présidentielles. L'informaticien assure en outre que l'ex-Premier ministre était au courant : "La cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin".
 
Quoiqu'il en soit, ces aveux, l'informaticien les a formulés devant le juge d'Huy, chargé du dossier, le 9 décembre 2008, assure le JDD. "J'ai recopié sur une feuille Excel deux noms avec des comptes bancaires attachés qui se sont retrouvés dans les faux listings Clearstream. Je reconnais devant vous aujourd'hui l'avoir fait", raconte-t-il. Imad Lahoud poursuit : Gergorin "m'a demandé de rajouter les noms de Nagy et Bocsa. Il m'a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu'il fallait à tout prix l'écarter."

L'avocat de Dominique de Villepin, Me Olivier Metzner, a d'ores et déjà prévenu dans un entretien à paraître dimanche dans le JDD qu'il comptait "tirer toutes les conséquences de cette poursuite occulte de l'instruction, soit en procédure, soit sur le fond". Et selon Le Figaro, le procureur de Paris a décidé de verser ces révélations au dossier, de communiquer aux acteurs du procès le PV où Lahoud accuse Gergorin et Villepin.

Procès en correctionnel le 21 septembre
 
A noter qu'Imad Lahoud, avait déjà affirmé en novembre 2008, dans le Point,  avoir lui-même "ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les faux listings". Il avait en outre assuré que c'était depuis "le bureau d'Yves Bertrand", alors patron des Renseignements généraux, qu'il avait falsifié les listings. Une déclaration démentie alors par Yves Bertrand lui-même qui avait porté plainte.

Quoiqu'il en soit, ces révélations arrivent à point nommé alors que l'affaire Clearstream va occuper le tribunal correctionnel de Paris pendant un mois, à partir du 21 septembre. Au premier rang des accusés se trouve évidemment Dominique de Villepin. En effet, le 7 octobre 2008, le parquet a requis le renvoi de Dominique de Villepin en correctionnelle. Le parquet considère que l'ancien Premier ministre a eu connaissance du caractère fallacieux des listings bancaires et n'a pas empêché leur transmission à la justice entre mai et octobre  2004 par Jean-Louis Gergorin, un de ses proches.

Affaire "instrumentalisée"

Réquisition confirmée Le 19 novembre 2008, après près de quatre ans d'enquête, par les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui ont demandé à leur tour le renvoi de l'ancien Premier ministre en correctionnelle. Ils ont retenu notamment contre lui les charges de "complicité de dénonciation calomnieuse". Sont aussi renvoyés devant le tribunal l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin et trois autres protagonistes - Imad Lahoud, le journaliste Denis Robert et l'ancien consultant Florian Bourges.

Dominique de Villepin a toujours nié les faits. Il a réaffirmé à L'Express, que l'affaire Clearstream a été "instrumentalisée", soulignant -sans citer son nom- que Nicolas Sarkozy, partie civile, "pèse sur le dossier de tout son poids institutionnel".

Par Laurent Deschamps le 05 septembre 2009 à 09:33
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9 Commentaires

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  • Primprenelle, le 06/09/2009 à 16h00

    Je n en croie pa sun mot de cela la cabale est inversèe,j ai confiance en Villepin

  • Marcel, le 05/09/2009 à 19h30

    Je n'ai jamais eu confiance en Villepin ,et maintenant je n'ai plus confiance en Sarkozy !

  • Liza, le 05/09/2009 à 18h09

    Villepin PRESIDENT en 2012 !!!

  • Joseph, le 05/09/2009 à 15h34

    Je reste persuade de l'innocence de Mr Devillepin,et j'espère qu'il se présentera en 2012,je n'ai jamais eu confiance en sarkosy

  • Sylvain, le 05/09/2009 à 13h19

    Une façon de cacher les problèmes actuels que le gouvernement est ABSOLUMENT incapable de régler, maintennant ils on peur du mariage PS-MODEM et touts les autres contre l'UMP en 2012, et ils on raison, la fête est finie en 2012.

  • M Berle, le 05/09/2009 à 13h14

    Si a l"issu du jugement en correctionnel de l'affaire 'clearstreame' il etait prouver que sous la Presidence de Jacque Chirac , le numero 1de l'Etat (premier Ministre) est tenter alors de comprometre son numero 2 (ministre de l'Interieur) par la creation de faux.. l'affaire serait extremement grave .. et au minimum Monsieur De Villepin serait disqualifier de la vie politique Francaise.

  • Chris, le 05/09/2009 à 12h54

    Tout finit par remonter a la surface.

  • Giromaxi, le 05/09/2009 à 12h33

    On savait cela officieusement depuis longtemps, à présent c'est "presque officialisé" !.....

  • Imari, le 05/09/2009 à 10h41

    Si l'affaire a été instrumentalisée, aujourd'hui,on sait par qui et pourquoi.

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