Thierry Jérôme lors de son interpellation © TF1/LCIThierry J., 51 ans, handicapé sans emploi et membre d'un club de tir de l'Hérault, le "corbeau" présumé soupçonné d'avoir adressé des lettres de menaces, souvent accompagnées de balles, à des hommes politiques, a été mis en examen mardi soir à Paris, pour "menaces de mort matérialisées par des écrits et objets" et "infraction à la législation sur les munitions". Il a été placé sous mandat de dépôt, conformément aux réquisitions du parquet justifiées par "le risque de réitération des faits" que présenterait cet homme, selon une source judiciaire.
Inconnu des services de police, il a reconnu au cours de sa garde à vue avoir adressé au moins une trentaine de lettres de menaces, souvent accompagnées d'une balle de revolver et signées d'une mystérieuse "cellule 34", à des personnalités politiques de droite, dont Nicolas Sarkozy, Rachida Dati ou Christine Albanel.
La "cellule 34", un seul homme ?
Après avoir été menée sous le régime de l'antiterrorisme, cette enquête est finalement ouverte pour une infraction de droit commun. Le parquet de Paris reste compétent en raison du lieu de réception des menaces. L'homme devrait être présenté à un collège d'experts psychiatriques en vue d'une éventuelle hospitalisation, selon cette source. Son épouse avait passé plusieurs heures en garde à vue lundi pour des "vérifications" avant d'être remise en liberté.
Il avait été interpellé dimanche à Hérépian, un village à 30 km au nord de Béziers, en raison d'une concordance entre son ADN et celui extrait par la police scientifique des quatre premiers courriers envoyés par la "cellule 34", notamment au maire de Lamalou-les-Bains, commune voisine d'Hérépian. Il avait déjà été interpellé quelques jours auparavant et son ADN avait alors été prélevé.
Cet "homme fragile qui ne travaille pas et récrimine souvent" vivait "depuis quinze ans dans un logement social avec son épouse", avait expliqué dimanche Pierre Bernard, maire d'Hérépian. L'affaire était devenue une priorité de l'Elysée. Nicolas Sarkozy avait reçu début septembre les plus hauts responsables des forces de l'ordre et les avait sommés de faire avancer cette enquête. Depuis, les enquêteurs avaient une "obligation de résultat", ont des sources policières, notamment après une série d'interpellations infructueuses comme celles de début septembre qui avaient déclenché des protestations contre les méthodes employées par la police.
D'après agence
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