Le palais de Justice de Nice © TF1/LCIUn gendarme qui avait tué par balle un jeune homme de 17 ans qu'il tentait d'interpeller après des cambriolages dans la région de Nîmes en 2003, a assuré lundi, à l'ouverture de son procès devant la Cour d'assises du Gard, avoir agi dans le cadre légal de ses fonctions. Frédéric Chambard, 42 ans, comparaît jusqu'à vendredi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il encourt une peine de 15 années de réclusion criminelle.
Interrogé par la présidente, il est revenu sur ces faits de mars 2003, après que les gendarmes eurent été appelés en pleine nuit par le propriétaire d'une maison visitée par des cambrioleurs. En poste à Saint-Hippolyte-du-Fort, Frédéric Chambard était parti avec des collègues tenter d'intercepter les cambrioleurs présumés, quand soudain la patrouille croisa le véhicule signalé volé, suivi d'un fourgon. "Un coup de pot", a commenté le gendarme, en poste aujourd'hui à Saint-Gély-du-Fesc. S'engageait alors une course poursuite, mais le fourgon coupait la route au véhicule de gendarmerie. "C'était pas pour nous couper la route, c'était pour nous envoyer dans les décors", a dit depuis le box des accusés Frédéric Chambard.
Le fourgon s'était alors arrêté brusquement, son chauffeur tentant de rejoindre l'autre véhicule. Après les sommations, les gendarmes tiraient à 17 reprises, une des balles du gendarme Chambard atteignant la victime à la tête. Mourad était décédé à l'hôpital où ses acolytes l'avaient conduit. Les gendarmes avaient expliqué avoir cru que les cambrioleurs, qu'ils ne voyaient pas dans la "nuit noire" et dont ils ne pouvaient deviner le jeune âge, leur tiraient dessus. Mais ces derniers n'étaient pas armés. M. Chambard "est serein, a dit la psychologue à la barre, car il n'a pas le sentiment d'être en faute".
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