Les "filles Distilbène" attendent une décision importante

le 24 septembre 2009 à 06h00 , mis à jour le 23 septembre 2009 à 16h02

La cour de cassation va dire cet après-midi si les femmes contaminées in utero au Distilbène peuvent attaquer sans preuve formelle les laboratoires ayant fabriqué ce produit.

TF1-LCI © TF1-LCI

Les femmes exposées in utero au Distilbène, et atteintes depuis d'un cancer, peuvent-elles poursuivre un laboratoire si elles ne démontrent pas, ordonnance à l'appui, que leur mère prenait ce médicament ? C'est ce que va trancher aujourd'hui la Cour de cassation, dans un arrêt très attendu. Le DES ou diéthylstilbestrol est une hormone de synthèse qui a été prescrite sous la marque Distilbène aux femmes enceintes en France entre 1950 et 1977 pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies de la grossesse. La nocivité du DES a été clairement établie chez les enfants exposés in utero, en particulier chez les filles, atteintes pour certaines de cancers du vagin et du col de l'utérus. Au moins 160.000 enfants auraient été exposés au produit.

En juin 2008, la cour d'appel de Versailles avait débouté une femme atteinte d'un cancer, qui avait attaqué le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène, estimant que la preuve du lien de causalité entre l'administration du médicament et la pathologie n'était pas établie. A l'appui de sa décision, la cour d'appel avait notamment souligné "l'absence de preuve de l'exposition in utero au Distilbène" et "l'absence de production d'un document démontrant que du Distilbène produit par la société UCB Pharma avait été délivré" à la mère de la plaignante. La plaignante avait alors formé un pourvoi en cassation.

Deux laboratoires en ligne de mire 

"Des dizaines de femmes victimes attendent cette décision pour savoir si elles peuvent entamer une procédure sans ordonnance de cette époque qu'elles n'ont plus forcément en leur possession", quarante ans après la grossesse de leur mère, explique Me Martine Verdier, avocate de la plaignante.

Un autre point important devrait être jugé jeudi. En effet, dans un second  dossier, la cour d'appel de Versailles a débouté une autre femme exposée in utero au Distilbène, en arguant qu'elle ne faisait pas la preuve du médicament utilisé, et plus précisément du laboratoire en cause. A l'époque, ils étaient deux en effet à fabriquer ce produit : Novartis et UCB Pharma. Dans ce deuxième arrêt, la cour suprême dira donc si les victimes du Distilbène peuvent ou non poursuivre indifféremment les deux laboratoires.

le 24 septembre 2009 à 06:00
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10 Commentaires

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  • Cissou2309, le 28/09/2009 à 13h15

    Moi aussi je suis un bb distilbène, j'ai 39 ans victime d'un cancer de l'utérus il y a 10 ans. Ma mère m'a confirmé avoir pris ce médicament au début de sa grossesse, mais 40 ans après comment faire pour le prouver ? On dit que l'union fait la force, apparemment beaucoup de cas comme le mien, mais cela sera -t -il suffisant ? J'avoue me sentir un peu "seule" face à tout ça..... une pensée amicale et remplie de courage à toutes celles qui sont dans mon cas....

  • Carina, le 25/09/2009 à 16h16

    En effet,garder une ordonnance pendant 40 ans tout le monde le fait !!!!! Je trouve lamentable qu'il existe aujour'hui des femmes qui sont prohibées de leurs Santé,d'etre mère et de vivre une vie digne d'une Femme . A quoi bon les preuves,meme avec ,la justice Fancaise ne dédommagera pas ces Femmes.Il n'y a pas de coincidence pour ces Femmes,elles sont victimes du Distilbène,et s'il en est ainsi ,il faut un coupable...et il existe!!! Bon courage a Toutes.

  • Carina, le 25/09/2009 à 16h15

    En effet,garder une ordonnance pendant 40 ans tout le monde le fait !!!!! Je trouve lamentable qu'il existe aujour'hui des femmes qui sont prohibées de leurs Santé,d'etre mère et de vivre une vie digne d'une Femme . A quoi bon les preuves,meme avec ,la justice Fancaise ne dédommagera pas ces Femmes.Il n'y a pas de coincidence pour ces Femmes,elles sont victimes du Distilbène,et s'il en est ainsi ,il faut un coupable...et il existe!!! Bon courage a Toutes.

  • Fabie, le 24/09/2009 à 21h50

    Je suis un bébé distilbène, j'ai 36 ans,j'ai une mal formation utérine, et j'ai une trompe de boucher, un ovaire qui ne marche plus, et j'ai de la chance d'avoir eu 2 filles,qui à partir de 12 ans doivent être surviller par le gynécO. Je pense qu'il faut voir le mèdecin traitant de l'époque (si vivant bien sur) pour l'ordonnance.

  • Mapou29, le 24/09/2009 à 19h46

    Certaines familles ont eu la bonne idée de garder les ordonnances....je n'ai pour preuves que une fiche signer par le pharmacien de l'époque 1970, ses parents ainsi que lui ont garder les registre de l'époque...peut-être que cela servira, pour le moment ,je n'ai aucune démarche pour le moment, nous attendons beaucoup de se procès...surtout que se soit reconnu que le distilbène a fait beaucoup de dégat et que l'on arrete de nous dire qu'il ne s'est rien passé. Je souhaites que ce procès soit gagnant......

  • Anne Médium, le 24/09/2009 à 11h50

    Pourquoi leur demande t'on comme preuve une ordonnance vieille de 40 ans alors que leur état médical prouve tout simplement qu'elles sont victimes. A la limite on pourrait leur demander une attestation sur l'honneur de leur mère ou de son conjoint ou membre de la famille, en cas de décès de celle ci comme quoi elles ont bien pris du distilbène. Mais je ne vois pas l'utilité d'une ordonnance. Tant d'années après c'est vraiment pour éviter les procès... et c'est très injuste. Connaissez vous quelqu'un qui garde ses ordonnances pendant 40 ans? Zut à la fin. Ce n'est pas la faute du Saint Esprit si elles ont un cancer de l'utérus ou une absence d'utérus pour certaines. On sait très bien que le distilbène est en cause alors qu'on arrête de les prendre pour des idiotes. Anne Médium, médium dans le Var.

  • Martin, le 24/09/2009 à 11h36

    Ces femmes victimes du distilbéne doivent étre reconnues, déja l'Etat a mis du temps a reconnaitre les ouvriers malades de l'amiante.

  • Martin, le 24/09/2009 à 11h32

    Ces médicaments ont bien été délivré a ces femmes, la CPAM garde les archives et leur cancer est la a cause de ce médicament. Ces femmes sont justes reconnues handicapées ou cancéreuse, elles n'ont jamais pu travailler hélas.

  • Lam, le 24/09/2009 à 09h11

    Qu'est ce qu'elles croient toutes??? que les labo vont avouer et dédommager???? c'est de l'utopie çà, jamais jamais elles ne seront dédommagées. on est pas aux etats unis ici, il faut des preuves et meme si tout le monde sait que ce produit est responsable, ils ne dédommageront personne sans preuve, c la politique de l'autruche, typiquement française... lamentable.. bon courage à toutes ces dames

  • Julia, le 24/09/2009 à 09h11

    Qui garde des ordonnance 40 ans?????????????????

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