Jacques Chirac saluant la foule. © REUTERSEmplois fictifs, suite et fin ? Le parquet a requis lundi un non-lieu général au bénéfice de l'ancien président Jacques Chirac et de la vingtaine d'autres personnes mises en examen dans l'enquête où l'ex chef de l'Etat a été mis en examen en novembre 2007 pour "détournement de fonds publics", a déclaré mardi le cabinet du procureur. La juge d'instruction Xavière Simeoni, qui n'est pas contrainte de le suivre, rendra la décision finale dans un délai non précisé. Elle peut envoyer les prévenus en correctionnelle.
L'enquête, officiellement close le 2 avril dernier, vise 35 emplois présumés fictifs de "chargés de mission" à la mairie de la capitale, que Jacques Chirac a dirigée de 1977 à 1995. Ces personnes payées sur fonds municipaux n'auraient jamais effectué aucune tâche, ou auraient travaillé pour le parti RPR ou encore pour Jacques Chirac dans d'autres fonctions que celles liées à son mandat de maire. La procédure commencée en 1998 avait été paralysée par l'immunité dont bénéficiait Jacques Chirac à l'Elysée.
Premier ancien chef d'Etat mis en examen de la Ve République
Cinq anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac et de son successeur Jean Tiberi sont également mis en examen du même chef : Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin, Rémy Chardon et Bernard Bled. Parmi les bénéficiaires présumés de ces emplois figure un ancien préfet, soupçonné d'avoir bénéficié d'un chauffeur payé par le cabinet du maire de Paris. Selon des sources proches du dossier, il s'agit du seul contrat signé de la main de Jacques Chirac.
Jacques Chirac est devenu après son départ de la présidence le premier ancien chef d'Etat mis en examen dans l'histoire de la Ve République. Interrogé à de nombreuses reprises, Jacques Chirac, 76 ans, a nié toute malversation ou dit ne pas se souvenir de certains cas précis. Fin mars, la Cour de cassation a refusé la jonction à ce dossier d'une autre affaire d'emplois fictifs présumés instruite à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, où il a le statut de témoin assisté.
Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a accusé mardi Nicolas Sarkozy de soutenir Jacques Chirac dans cette affaire.
(Avec agences)
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