Quand la vengeance tourne à la séquestration : le procès

le 08 septembre 2009 à 05h45 , mis à jour le 08 septembre 2009 à 12h31

Cinq jeunes gens comparaissent au tribunal de Nanterre pour avoir retenu et infligé des sévices à une de leurs connaissances de quartier dont ils auraient voulu se venger, en 2008 à Bagneux.

procès justice tribunal © TF1-LCI

L'affaire avait commencé le 22 février 2008. Ce jour-là, dans la matinée, un jeune homme, alors âgé de 19 ans, était attiré dans l'appartement d'une connaissance, cité Pablo-Picasso à Bagneux. Il se retrouvait alors menotté, frappé, sommé par plusieurs personnes de s'expliquer sur un vol. Il devait également subir des sévices et des actes humiliants à caractère homophobe, avant d'être emmené en fin d'après-midi dans le box d'un parking. Finalement relâché en début de soirée, il avait pu rentrer chez ses parents, le visage ensanglanté et marqué par les blessures.

Cinq jeunes gens doivent répondre depuis ce mardi de cette violente séquestration devant le tribunal de Nanterre. Leur procès s'est ouvert en l'absence de la victime. La présidente de la 18e chambre correctionnelle du tribunal, Arielle Bailet,  a trouvé cette absence "très regrettable", même si elle a convenu que le procès n'était "pas très adapté" à la personnalité du jeune homme, que son père  lui-même a décrit comme "fragile et secret". Le procès a donc commencé par la lecture, pendant une heure, des auditions  de la victime, devant les enquêteurs puis par la juge d'instruction.

La qualification "d'actes de torture et de barbarie" pas retenue

Lorsque l'affaire avait été révélée, la confession juive de la victime et des soupçons d'antisémitisme avaient déclenché l'indignation de plusieurs associations comme SOS Racisme, Ni putes ni soumises ou la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, d'autant que les faits s'étaient déroulés à Bagneux, théâtre deux ans plus tôt de la meurtrière séquestration d'Ilan Halimi.

Mais ni le parquet de Nanterre, ni la juge d'instruction en charge de l'affaire n'ont finalement retenu cette circonstance aggravante, en raison notamment des incertitudes de la victime sur les insultes proférées et des dénégations de ses agresseurs présumés. Les faits qualifiés au départ "d'actes de torture et de barbarie", passibles de la cour d'assises, n'ont pas non plus été retenus lors du renvoi au tribunal correctionnel.

Agés aujourd'hui de 21 à 26 ans, les cinq prévenus, dont deux sont en détention provisoire, doivent cependant répondre de violences aggravées et de séquestration, à l'exception de l'un d'entre eux, qui comparaît pour complicité de séquestration. Un sixième mis en cause, mineur au moment des faits, a été renvoyé devant le tribunal pour enfants.

D'après agence

le 08 septembre 2009 à 05:45
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9 Commentaires

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  • Martin C, le 09/09/2009 à 02h23

    Il faut étre aveugle, handicapé et avoir une grosse balafre pour se faire entendre. Une défenestration aprés ou quoi?

  • Martin C, le 09/09/2009 à 02h21

    Mais on ne retient pas l'enlévement car le jeune homme a été poussé ou la ruse sera retenue avec un peu de chance pour cette famille. Attend il n'a pas assez été torturé moralement, physiquement aussi car plein de sang. Il faudrait dire c'est barbare cette atitude. Pas assez, alors pourquoi il est absent le jeune car trop torturer. Pas assez de retenue en tout pas les bonnes. On va donner raisons a des écoutes, pas aux coups reçus par la victime.

  • Kisuisje, le 08/09/2009 à 14h01

    @Ghyslaine et Lo Quand la peine de mort existait, il y avait des meurtres et des violences...Ce n'est donc pas "La" solution. Je pense que l'on confond très souvent justice et vengeance. Si l'on touchait a mes enfants, je me ficherai de la justice et je reclamerai vengeance. Et c'est pour cela que la justice existe. En bien et en mal. Je ne défends pas les bourreaux vs les victimes, j'essaye de trouver le chatiment le plus juste. Et c'est très difficile. Doit on être inhumain avec des personnes inhumaines et donc être leurs égales ? J'avoue ne pas avoir de réponse... PS : Je suis en revanche pour la non compression des peines. Un gars condamné à 20 ans doit faire 20 ans. Et pas 8 ou 10 comme bien trop souvent.

  • Lo, le 08/09/2009 à 11h23

    Tout à fait d'accord avecGhyslaine de Marseille. Il y a un proverbe : La vengeance est un plat qui se mange froid. Je pense que les sanctions devraient être plus sévères. Je pense, au lieu de remplir les prisons, faites leur faire des travaux d'intérets générals, enchainés, sous haute surveillance, comme aux Etats Unis. De toute façon, depuis que la peine de mort a été abolie, les criminels s'en frottent les mains puisque tot ou tard ils ressortiront pour bonne conduite (Mais par contre leur victime eux jamais) .... ?

  • Ghyslaine, le 08/09/2009 à 10h45

    A savoir si la peine de mort existait encore en france, si il y aurait autant de violence de meurtre et autres actes de barbaries.

  • Rémy, le 08/09/2009 à 10h10

    Ami tortionnaire, surtout n'oublie pas, tu peux faire autant de mal que tu veux à ta victine mais SURTOUT pas d'agression verbale, tu te rretrouverais avec l'opinion contre toi. Sinon ben ça sera qu'un simple acte de violence, c'est moins grave... Non mais sérieusement, qu'est ce qui est le plus grave, qu'il se soit retrouvé menotté et battu, ou qu'on lui ait dit des insultes? Faut arrêter, je comprends que ces associations aient besoin d'une tribune pour exposer leur combat, mais là ça tourne au ridicule...

  • Regis, le 08/09/2009 à 09h47

    Moi si on me fesait ca, il vaudrait mieux m'achever direct, parce qu'une chose est sure, je reviendrai me venger, et je ne ferai pas de cadeau..... oeil pour oeil.....

  • Thierry, le 08/09/2009 à 09h10

    De toutes façons quand on est assez lache et minable pour s'en prendre à un de ses semblanles à 5 contre 1, on est moins que rien et on ne mérite pas le droit de vivre...

  • Tipoussy, le 08/09/2009 à 06h52

    Pas besoin d'être juif ou d'habiter à Bagneux pour subir ce genre de choses lié à un prétendu vol, j'ai assisté à la même chose Carcassonne en 2004. La violence se banalise tellement elle est généralisée. Mais j'aimerais bien savoir ce que la loi définit comme actes de torture?? Quand la violence devient-elle de la torture ou qu'est ce qui fait que de la torture est simplement considrée comme de la violence aggravée?

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