© TF1-LCIL'affaire avait commencé le 22 février 2008. Ce jour-là, dans la matinée, un jeune homme, alors âgé de 19 ans, était attiré dans l'appartement d'une connaissance, cité Pablo-Picasso à Bagneux. Il se retrouvait alors menotté, frappé, sommé par plusieurs personnes de s'expliquer sur un vol. Il devait également subir des sévices et des actes humiliants à caractère homophobe, avant d'être emmené en fin d'après-midi dans le box d'un parking. Finalement relâché en début de soirée, il avait pu rentrer chez ses parents, le visage ensanglanté et marqué par les blessures.
Cinq jeunes gens doivent répondre depuis ce mardi de cette violente séquestration devant le tribunal de Nanterre. Leur procès s'est ouvert en l'absence de la victime. La présidente de la 18e chambre correctionnelle du tribunal, Arielle Bailet, a trouvé cette absence "très regrettable", même si elle a convenu que le procès n'était "pas très adapté" à la personnalité du jeune homme, que son père lui-même a décrit comme "fragile et secret". Le procès a donc commencé par la lecture, pendant une heure, des auditions de la victime, devant les enquêteurs puis par la juge d'instruction.
La qualification "d'actes de torture et de barbarie" pas retenue
Lorsque l'affaire avait été révélée, la confession juive de la victime et des soupçons d'antisémitisme avaient déclenché l'indignation de plusieurs associations comme SOS Racisme, Ni putes ni soumises ou la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, d'autant que les faits s'étaient déroulés à Bagneux, théâtre deux ans plus tôt de la meurtrière séquestration d'Ilan Halimi.
Mais ni le parquet de Nanterre, ni la juge d'instruction en charge de l'affaire n'ont finalement retenu cette circonstance aggravante, en raison notamment des incertitudes de la victime sur les insultes proférées et des dénégations de ses agresseurs présumés. Les faits qualifiés au départ "d'actes de torture et de barbarie", passibles de la cour d'assises, n'ont pas non plus été retenus lors du renvoi au tribunal correctionnel.
Agés aujourd'hui de 21 à 26 ans, les cinq prévenus, dont deux sont en détention provisoire, doivent cependant répondre de violences aggravées et de séquestration, à l'exception de l'un d'entre eux, qui comparaît pour complicité de séquestration. Un sixième mis en cause, mineur au moment des faits, a été renvoyé devant le tribunal pour enfants.
D'après agence
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