Denis Robert, le journaliste mis en cause dans l'affaire Clearstream © TF1/LCILe premier jour du très médiatique procès Clearstream a été marqué lundi par l'arrivée fracassante de Dominique de Villepin, principal prévenu (lire notre article). Cette deuxième journée sera l'occasion pour le journaliste Denis Robert et le consultant Florian Bourges, arrivés plus discrètement la veille, de s'exprimer devant le juge.
Denis Robert, 51 ans, s'est retrouvé impliqué dans cette affaire de dénonciation calomnieuse car il est soupçonné d'avoir recueilli des fichiers issus de Clearstream auprès de l'auditeur Florian Bourges, avant de les transmettre au mathématicien Imad Lahoud, accusé d'être le falsificateur des fichiers. Ce journaliste indépendant a été le premier pourfendeur de la chambre de compensation luxembourgeoise qu'il accuse d'avoir blanchi de l'argent sale à travers deux livres, publiés en 2001 et 2002. Ces enquêtes lui ont valu plusieurs dizaines de procédures judiciaires engagées par Clearstream pour diffamation. Il reste convaincu que "plus de 33.000 comptes ont été abrités par Clearstream dans 107 pays, dont 41 territoires à la législation clémente s'agissant des délits financiers". Les juges considèrent que le journaliste a obtenu ces listings en ayant "pleinement connaissance que (ces) données et documents (...) avaient nécessairement une origine frauduleuse, en l'espèce un abus de confiance et un vol". Les avocats du prévenu, eux, comptent plaider une nullité partielle de l'ordonnance de renvoi, estimant qu'elle méconnaît la Convention européenne des droits de l'Homme qui "garantit la liberté de la presse" et le droit des journalistes de détenir des documents.
Florian Bourges, ex-auditeur stagiaire chez Clearstream, s'est retrouvé à son corps défendant à l'origine d'un scandale opposant président de la République et ancien Premier ministre en divulguant à un journaliste des listes de comptes censées rester secrètes. A 31 ans, il fait aujourd'hui figure de "lampiste" dans ce procès hors normes dans lequel il comparaît pour vol et abus de confiance. Il explique qu'au cours de sa mission chez Clearstream, il a relevé "des anomalies sur le système informatique". "J'ai alors posé des questions restées sans réponses", regrette-t-il. Déçu, il décide fin 2001 de contacter Denis Robert. Il reconnaît "une part de revanche dans cette démarche". L'engrenage est lancé. En 2003, c'est à Imad Lahoud, le falsificateur présumé des listings, qu'il confie les listings originaux, impressionné par celui qui se présente comme un agent secret. Un an plus tard, peu après son licenciement, quand le juge Renaud van Ruymbeke aura les faux listings en main, c'est ce jeune homme qui l'éclairera sur le fonctionnement de Clearstream.
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