Semaine cruciale pour Villepin

le 28 septembre 2009 à 05h34 , mis à jour le 26 septembre 2009 à 16h41

Dossier : Clearstream : affaire d'Etat

L'ancien Premier ministre s'expliquera mercredi à l'audience. Avant lui auront été entendus d'autres protagonistes clés du dossier Clearstream : Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud.

Dominique de Villepin Image d'archives © Abacapress.com

La deuxième semaine du procès de l'affaire Clearstream s'annonce des plus importantes pour Dominique de Villepin, opposé à Nicolas Sarkozy dans ce dossier devenu affaire d'Etat, et où les débats sont passés sur le terrain politique avec un lapsus du chef de l'Etat qualifiant de "coupables" les cinq prévenus. Les juges entendront dès ce lundi certaines des parties civiles, au nombre d'une quarantaine, reléguées au second plan par l'âpreté de l'affrontement entre l'actuel président et l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Villepin lui-même sera entendu mercredi, après le vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin et le faussaire présumé Imad Lahoud mardi.

Pour une partie des plaignants, rien ne démontre que Nicolas Sarkozy ait été la principale ou unique cible de la manipulation. Les faux listings de comptes bancaires de la société luxembourgeoise Clearstream comportaient, outre les patronymes hongrois de Sarkozy, Nagy et Bocsa, des centaines de noms. Y figuraient des hommes politiques comme Alain Madelin, Dominique Strauss-Kahn ou Jean-Pierre Chevènement, des industriels de l'armement, des policiers, des magistrats, ou avocats, ainsi que des artistes et intellectuels.

Que savait Villepin ?

L'appréciation par la justice du rôle de Dominique de Villepin dans ce dossier a fluctué. Le procureur de Paris, qui refusait de le poursuivre quand il était à Matignon, lui a finalement imputé dans son réquisitoire de fin d'enquête en octobre 2008 un rôle de "complice par abstention" dans la dénonciation calomnieuse. Selon cette version, il n'a pas organisé la manipulation mais a négligé de la dénoncer et de la désamorcer alors qu'il l'avait découverte avec certitude le 21 juillet 2004, dans les conclusions d'un rapport de la DST commandé par ses soins. Les deux juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons sont allés plus loin, lui imputant un rôle actif dès avril 2004, lors de la transmission des faux listings à la justice par Jean-Louis Gergorin. "Il ressort de l'information que M. de Villepin a donné à M. Gergorin l'instruction de transmettre à l'autorité judiciaire les faux listings (...) une telle instruction étant susceptible d'aboutir à l'élimination du rival politique que représentait M. Nicolas Sarkozy", lit-on dans l'ordonnance de renvoi.

Dominique de Villepin, à l'époque des faits ministre des Affaires étrangères (mai 2002-mars 2004), de l'Intérieur (mars 2004-mai 2005) puis Premier ministre (mai 2005-mai 2007) conteste cette conclusion et nie avoir donné un ordre quelconque. Il confirme avoir demandé une première enquête au général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, en janvier 2004, puis une seconde à la DST en juillet 2004, mais c'était selon lui pour examiner le problème général posé par les listings. Il conteste avoir visé Nicolas Sarkozy et dit avoir cru de bonne foi que les listings pouvaient être authentiques.

Que savait Sarkozy ?

Les dépositions de ses accusateurs ont été fluctuantes. Jean-Louis Gergorin a mis en cause Dominique de Villepin en évoquant un ordre de sa part, mais seulement à son septième interrogatoire, alors qu'il l'avait jusque-là blanchi. Imad Lahoud a commencé, lui, à mettre en cause Dominique de Villepin après la fin de l'instruction, en 2008. Fait établi cependant, Dominique de Villepin connaissait Jean-Louis Gergorin de longue date et l'a décoré de l'Ordre national du mérite dans les jours précédant la transmission des listings à la justice en avril 2004. Il l'aurait, selon des témoignages versés au dossier, souvent vu secrètement lorsque l'affaire s'est nouée, ce qu'il nie. Les juges d'instruction voient aussi comme preuve de la mauvaise foi du prévenu le fait que, comme ministre des Affaires étrangères, il n'avait aucune qualité pour demander une enquête.

En réplique, la défense de Dominique de Villepin a déjà produit à l'audience des documents montrant qu'entre février 2004 et juillet 2005 Imad Lahoud avait vu 15 fois François Pérol, alors directeur adjoint de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Economie. A ses yeux, ces documents prouvent que Nicolas Sarkozy avait un rôle plus ambigu que celui de simple victime.

D'après agence

le 28 septembre 2009 à 05:34
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8 Commentaires

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  • Mika, le 29/09/2009 à 23h41

    C'est hallucinant comme personne n'a jamais voulu entendre Dominique devillepin dans toute ses actions. C'est comme ça. Pourtant il est professionnel, il n'a pas de chance, oui c'est la faute à pas de chance, pourquoi personne ne le soutient? C'est comme ça...

  • Marie, le 28/09/2009 à 18h03

    Voyons Marc de Paris,il faudrait nous en dire un peu plus sur " ce chambard politico médiatique cache une autre affaire bien plus "explosive" et dangereuse pour le pouvoir en place" . Vous semblez si bien renseigné...à moins que que cela ne soit "une espèce de rumeur" que certains se délectent à lancer. Rassurez-moi vous ne faites pas partie de ces gens-là n'est-ce-pas? Ou alors un peu de courage que diable ! Vite un scoop!

  • Le gaulois, le 28/09/2009 à 16h58

    Si ce n'est toi c'est donc ton frère! Je n'en ai point! c'est donc quelqu'un des tiens!........ Cette affaire c'est une vraie fable mais on ne sait pas si le loup dévorera Villepin!.......

  • Looky, le 28/09/2009 à 15h26

    Courrage à vous M. Villepin.

  • Morse, le 28/09/2009 à 13h37

    Encore une affaire qui pourrie notre beau pays, discrédite ses pseudos hommes politiques qui sont là pour la république fromagère et chacun prendre un morceau du fromage, les français sont écoeurés par ces donneurs de leçons qui touchent tous plus de 20000 euros mensuels à en rien faire, et en plus aucun n'a été condamné ( sang contaminé, affaire elf, thales, urba graco, mairie de Paris, conseil général du 92 et j'en passe des des meilleurs.....)

  • Marc, le 28/09/2009 à 12h42

    N'oubliez pas que tout ce chambard politico médiatique cache une autre affaire bien plus "explosive" et dangeureuse pour le pouvoir en place. Ennenmis peut-être, mais dans toute famille politique les crabes ne s'entretuent pas réellement entre eux... Quand le panier remue, ce sont toujours les mêmes que l'on retrouve dessus. Ne soyez pas dupes, c'est ce qui est recherché ... Si tous les "porte flingue" ou "hommes de paille" pouvaient parler, il y aurait de quoi faire sauter tous ces crabes dans leurs belles et grandes casseroles qu'ils traînent derrière eux ... et ils seraient là encore immangeables

  • DIDIER, le 28/09/2009 à 11h49

    Voyons Andréa vous savez fort bien que, si N.SARKOZY s'apercevant de son erreur, avait voulu rectifier cela aurait encore été pis dans les interprétations des anti N.S. Que n'aurait-on pas dit. D'ailleurs lorsque l'on apprend à parler en public il est recommandé de ne pas revenir sur une erreur car cela ne fait que l'appuyer.

  • Andréa, le 28/09/2009 à 09h10

    Mais arrètez de parler de «lapsus»! Ce n'est pas un «lapsus»! Quand on commet un Lapsus, dès qu'on s'en aperçoit on se reprend. Mr sarkozy assumant ses mots c'est tout sauf un lapsus! A ce point de répétition ce devient un mensonge (car le lapsus force à l'excuse: on excuse celui qui le commet, c'est une erreur machinale). merci de me publier pour une fois? ... et surtout cesser svp de parler de lapsus.

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