© AFP / F. PerryLe ministère public a demandé mercredi à Rennes le rejet de la demande de restitution des paillettes congelées de sperme de son époux réclamée par une veuve. "En refusant la restitution des paillettes, on ne porte pas atteinte à une disposition légale", a estimé Cécile Vivien, vice-procureure chargée du parquet civil. "Il n'y pas de trouble manifestement illicite" qui justifierait la demande en référé devant le TGI déposée par Fabienne Justel, l'épouse du donneur décédé, a fait valoir la magistrate. Interrogée à l'issue de l'audience, la veuve de 39 ans, visiblement éprouvée, a déclaré : "J'aurais voulu prendre la parole. J'étais révoltée. J'encourage le tourisme procréatif et à se diriger vers l'étranger". "Je me battrai pour cet enfant, je ferai le maximum, je ne baisserai pas les bras", a-t-elle ajouté. La décision sera rendue le 15 octobre.
La justice lui interdit d'avoir un enfant de son mari défunt
<b>INFO LCI - </b>Fabienne Justel voulait récupérer le sperme congelé de son mari décédé d'un cancer pour pouvoir se faire inséminer à l'étranger. Mais comme en première instance, sa demande vient d'être rejetée en appel.
Publié le 22/06/2010
Elle veut un enfant de son mari défunt : acte 2
Fabienne Justel veut récupérer le sperme congelé de son mari décédé d'un cancer pour pouvoir se faire inséminer à l'étranger. En première instance, les juges ont rejeté la demande. Et en appel ?
Publié le 17/05/2010
Fabienne Justel tente d'obtenir en justice le droit de récupérer le sperme congelé de son époux décédé, stocké au Centre d'études et de conservation des oeufs et du sperme (Cecos) de Rennes, dans le but de se faire inséminer à l'étranger. La loi française interdit toute insémination post-mortem. "Un enfant était notre projet de vie" expliquait Fabienne Justel en août dernier. Alors qu'il se savait malade et condamné, Dominique, son second mari, avait fait plusieurs dépôts dans la banque de sperme du Cecos, en vue de leur projet commun de faire un enfant. Mais la maladie l'a emporté plus vite que le couple ne s'y attendait, il y a plus d'un an.
Après sa mort, "lorsque le Cecos m'a dit qu'il lui était impossible de me restituer les paillettes, j'ai été anéantie parce que jamais on ne nous avait parlé de cette éventualité", expliquait Fabienne. Car selon elle, si elle avait été informée, le dépôt de sperme aurait été effectué dans un autre pays. Contrairement à l'Espagne ou à la Belgique, la France n'autorise pas l'insémination post-mortem, pour ne pas laisser les vivants "disposer des éléments du corps des morts qui ne peuvent plus s'exprimer", comme l'a expliqué par le passé le Comité national consultatif d'éthique.
"Peu d'illusion" sur l'issue judiciaire
Le contrat entre Dominique Justel et le Cecos valait "engagement pour les deux époux" et "la réitération annuelle (des dépôts, ndlr) était l'expression indiscutable de la volonté de procréer", a plaidé Me Gilbert Collard, l'avocat de la plaignante. "Nous ne sommes pas là pour faire de la philosophie du droit ou de la bioéthique mais pour appliquer la loi!", a fait valoir l'avocat du Cecos, Michel Poignard. A sa sortie, Me Gilbert Collard, a indiqué se faire "peu d'illusion" sur la décision judiciaire. "La puissance de vie est là mais les technocrates de l'éprouvette (...) n'ont pas encore réformé la loi", a-t-il lancé.
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