© sxc.hu"Un enfant était notre projet de vie" expliquait Fabienne Justel en août dernier. "En l'état actuel de la législation, ce n'est pas possible, cette demande est vouée à l'échec", répondait Michel Poignard, l'avocat du Centre d'études et de conservation des oeufs et du sperme (Cecos) de Rennes qui a été assigné en justice à la mi-août par cette bretonne de 39 ans. L'audience doit se tenir aujourd'hui devant le juge des référés du TGI de Rennes, sauf demande de renvoi de dernière minute - fréquente en référé.
La justice lui interdit d'avoir un enfant de son mari défunt
<b>INFO LCI - </b>Fabienne Justel voulait récupérer le sperme congelé de son mari décédé d'un cancer pour pouvoir se faire inséminer à l'étranger. Mais comme en première instance, sa demande vient d'être rejetée en appel.
Publié le 22/06/2010
Elle veut un enfant de son mari défunt : acte 2
Fabienne Justel veut récupérer le sperme congelé de son mari décédé d'un cancer pour pouvoir se faire inséminer à l'étranger. En première instance, les juges ont rejeté la demande. Et en appel ?
Publié le 17/05/2010
Alors qu'il se savait malade et condamné, Dominique, le second mari de Fabienne, avait fait plusieurs dépôts dans la banque de sperme du Cecos, en vue de leur projet commun de faire un enfant. Mais la maladie l'a emporté plus vite que le couple ne s'y attendait, il y a plus d'un an. Après sa mort, "lorsque le Cecos m'a dit qu'il lui était impossible de me restituer les paillettes, j'ai été anéantie parce que jamais on ne nous avait parlé de cette éventualité", se désole Fabienne aujourd'hui. Car selon elle, si elle avait été informée, le dépôt de sperme aurait été effectué dans un autre pays.
Le chef de service du Cecos, rattaché au CHU de Rennes, s'est seulement engagé à ne pas détruire les gamètes de son mari, comme la loi le lui permet. Contrairement à l'Espagne ou à la Belgique, la France n'autorise pas l'insémination post-mortem, pour ne pas laisser les vivants "disposer des éléments du corps des morts qui ne peuvent plus s'exprimer", comme l'a expliqué par le passé le Comité national consultatif d'éthique.
"Faire évoluer les mentalités et la loi"
Selon l'avocat du Cecos, il n'y a pas de jurisprudence favorable à la plaignante, alors que les lois bioéthiques datent de 1994. Mais, argumente-t-il, "la restitution des gamètes est personnelle" et ne peut être faite que sur demande du donneur. Pour Me Gilbert Collard, avocat de Fabienne Justel, il s'agit avant tout de "faire évoluer les mentalités et la loi".
Côté Cecos, on voit là "une démarche sur le terrain médiatique". Fabienne Justel, mère de trois enfants d'un premier mariage, a écrit aux parlementaires pour les sensibiliser et dit avoir reçu de "très nombreuses réponses". Ses beaux-parents ont saisi le président Nicolas Sarkozy. Il leur a été répondu qu'une dérogation n'était pas possible.
La veuve avait présenté son cas en juillet lors d'un forum citoyen organisé à Rennes dans le cadre des états généraux de la bioéthique, en vue de la révision de la loi bioéthique de 2004, qui doit être discutée en 2010 devant le Parlement. Lors de ce forum, la philosophe Sylviane Agacinsky qui milite notamment contre la légalisation des mères porteuses avait jugé "d'une cruauté extraordinaire de priver cette femme de cet enfant qui s'était projeté avec son mari". Pour elle, "ce ne serait pas un enfant sans père, mais un enfant orphelin".
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