"J'attends tranquillement que s'ouvre ce procès et c'est le coeur très très léger que je me rendrai au palais de justice", a déclaré lundi matin Dominique de Villepin sur France Info. "Je suis assez sûr de ma défense, je n'ai rien à me reprocher", a souligné l'ancien Premier ministre qui comparaîtra du 21 septembre au 21 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de l'affaire Clearstream. Accusé de manipulation contre Nicolas Sarkozy, il sera jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel d'abus de confiance et de vol". Il est passible d'une peine maximale de cinq ans de prison et d'une amende dans le dossier des listings falsifiés de la société financière Clearstream. Lors de cette interview, l'ancien patron de Matignon a également regretté que le dossier ait été "confisqué" par Nicolas Sarkozy, partie civile dans cette affaire.
Nicolas Sarkozy "veut savoir ce qui s'est passé. Il a, sinon une certitude, du moins des idées, qui lui viennent aussi de la lecture de la presse : Le Journal du Dimanche, la semaine dernière, en fait partie", avait déclaré samedi dans le même journal le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. Il faisait ainsi allusion à des déclarations d'Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream, qui figurent dans un procès-verbal datant du 9 décembre 2008 et publié par l'hebdomadaire la semaine dernière. L'informaticien reconnaît avoir lui-même ajouté sur les listings Clearstream le nom de Nicolas Sarkozy, sous les patronymes de Nagy Bocsa et "sous la connaissance de Dominique de Villepin".
Les faux listings Clearstream, qui imputaient la détention de comptes bancaires secrets à des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, avaient été remis en 2004 au juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke par l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin. Le juge avait mis au jour la supercherie en 2005. Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, est accusé d'avoir donné l'ordre à Jean-Louis Gergorin, un ami, de transmettre les listings au juge aux fins de manipulation politique, alors que la rivalité s'aiguisait avec Nicolas Sarkozy en vue de la présidentielle de 2007.








